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Le sport chez Louis-Simon Ferland

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Mes enfants font du sport. Beaucoup de sport. Mais je vous assure, ce n’était vraiment pas dans le plan initial. Si le nouveau papa que j’étais il y a 9 ans me voyait aujourd’hui, il serait surpris de voir autant de sacs dans le sous-sol et de souliers de course dans l’entrée. Et il paniquerait surement en voyant l’horaire familial sur le frigo…

Trop de sports? Je ne sais pas. Tant que tout le monde y trouve son compte.

Mais c’est ça le grand piège. Est-ce que tout le monde y trouve son compte? Comment savoir quand la pression est trop forte?

D’abord, je m’adresse à ce qu’on appelle les parents « ordinaires ». Pas aux sportifs obsédés qui gueulent leur vie dans les estrades, qui se mirent dans la performance de leur enfant et qui gèrent son quotidien comme une carrière plutôt qu’une vie… Et ça ne s’adresse pas non plus à ceux qui fuient totalement le sport organisé, qui se ferment complètement à toute compétition et qui lèvent le nez sur la vie des soccers moms en se croyant au-dessus de tout ça.

Mais il y a toute une zone entre les deux. Une zone où se retrouvent pleins de parents perdus, motivés et pleins de bonnes intentions, qui cherchent le juste milieu entre la surperformance et la participation.

La passion. C’est ça le plus puissant moteur qui existe. Mais changez quelques lettres et la passion devient pression. Une ligne toute fine entre les deux.

La pression n’est pas toujours négative. La bonne pression vient de soi-même. C’est l’art d’apprendre à se dépasser, à devenir meilleur, à avancer plus vite, et surtout l’art d’apprendre à le faire quand ça compte.

La vie montre que performer au bon moment, ça peut être utile. Pensez aux hommes préhistoriques qui ont dû piquer un sprint efficace afin d’échapper à un troupeau de mammouths…

Je pense que les enfants aiment naturellement la compétition. Quand ils jouent au hockey ou au soccer, mes enfants préfèrent les matchs aux pratiques. Quand ils font de la course à pied, ce qu’ils aiment le plus, c’est la compétition du dimanche, pas nécessairement l’entraînement. C’est inné.

Mais il n’y a jamais rien qui nécessite de leur imposer une pression trop intense.

Je ne suis pas meilleur qu’un autre, je suis loin d’être parfait, mais je vous partage à nouveau ces quelques conseils qui m’ont toujours été utiles dans ma jeune carrière de « parent de sportifs » :

 

1. Posez-vous la question : « Pourquoi ai-je inscrit mon enfant dans ce sport? ». Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse, chacun trouve sa raison. Mais il est essentiel d’au moins se poser la question.

2. Un sport d’équipe, ce n’est pas comme un sport individuel. Votre enfant et VOUS, devez connaître la différence et savoir ce que ça implique

3. Soyez impliqués. La meilleure façon de faire aimer un sport à son enfant, c’est d’y être présent.

4. Si vous ne coachez pas, ben… ne coachez pas. Encouragez, mais gardez donc la gérance d’estrade pour les matchs du Canadien.

5. Les enfants ne sont pas tous égaux. Certains ont du talent, d’autres ont du cœur, plusieurs ont plus de courage que vous et moi. Mais tous ont leur place.

6. Il faut récompenser l’effort plutôt que le résultat. Remarquez, c’est une notion qui devrait s’appliquer à la vie en général.

7. Ne parlez pas des erreurs tout de suite après le match. Parlez plutôt des bons coups. Si vous tenez absolument à donner vos remarques, donnez-les avant le match suivant

8. Calmez-vous les nerfs. Si vous voyiez de quoi vous avez l’air quand vous criez après l’adversaire ou l’arbitre… Et si vous saviez comment votre enfant a honte…

9. Justement, un jour pas si lointain, c’est votre enfant qui deviendra arbitre, pour son emploi d’été. J’ai hâte de voir votre visage quand un guignol va lui déverser un tas de bêtises en hurlant après lui… Vous n’accepterez jamais ça, n’est-ce pas? Alors ne le faites pas et grognez tout bas.

10. Le sport, ça doit rester agréable. Si vous voulez que vos enfants continuent longtemps à faire du sport (même lorsqu’ils ne seront plus des enfants), arrangez-vous pour qu’ils le fassent par plaisir.

Bref, parce que je suis un tantinet passionné, j’ai transmis malgré moi à mes enfants cette passion des sports. Maintenant je vais essayer de ne pas la transformer en pression…

Le sport doit rester un jeu. Mais le jeu, c’est un magnifique apprentissage.

 

 

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