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Les colorants alimentaires: un sujet haut en couleurs

Libellés : Pour tous, Alimentation Publié le 11-01-2013 à 21:13

Macaroni jaune, boisson rose fluo, suçon vert: certains aliments ont des couleurs plus vraies que nature. D’où viennent toutes ces teintes? Les colorants alimentaires peuvent-ils être dommageables pour la santé des enfants?

Tartrazine, rouge allura, amarante, bleu brillant... Certains d’entre eux sont actuellement autorisés au Canada et utilisés dans les aliments. Qui sont-ils? Nuls autres que les colorants alimentaires synthétiques. Accusés d’aggraver le comportement des enfants hyperactifs, les colorants alimentaires sont devenus le cheval de bataille de la communauté scientifique. Avis à ceux qui désirent les bannir de leur alimentation: quel enfant peut résister à des céréales multicolores ou à un jus orange fluo? Et que dire d’un pouding à la vanille qui contient des colorants alimentaires invisibles à l’oeil nu? Mais peut-être allons-nous trop loin au sujet des colorants alimentaires. Sont-ils vraiment à proscrire? Une chose est sûre: avec tout ces mélanges de couleurs ajoutés aux aliments, pas étonnant que les parents soient sceptiques.

Leur identité dévoilée

La couleur des aliments que nous consommons est sans aucun doute le reflet de nos habitudes nutritionnelles culturelles. On peut bien sursauter en voyant pour la première fois un ketchup vert ou mauve, puisque nous avons l’habitude de le manger rouge! Cela dit, l’existence des colorants alimentaires ne date pas d’hier. C’est en 1850 que les colorants se sont frayé un chemin au sein de la production alimentaire. Mais faisons la part des choses: il existe de nos jours des colorants alimentaires synthétiques, produits à base de pétrole, et des colorants alimentaires naturels, tirés par exemple du chou rouge, de la chlorophylle, de la carotte ou du paprika.

Les colorants alimentaires naturels sont beaucoup plus sensibles à la lumière, à l’oxygène et à l’action des bactéries. Autrement dit, ils ne sont pas stables. Voilà pourquoi sont apparus les colorants alimentaires synthétiques, plus stables, mais surtout, moins coûteux.

Sont-ils vraiment utiles?

Les colorants, qu’ils soient naturels ou synthétiques, trouvent leur place parmi les ingrédients d’un produit parce qu’ils lui confèrent une belle couleur. Ont-ils une utilité en ce qui a trait à sa conservation ou à son goût? Pas du tout. Ils sont plutôt une stratégie marketing. Quelques gouttes peuvent suffi re pour attirer l’oeil ou donner une fausse impression de qualité. Sans compter que la couleur d’un aliment renforce notre idée d’un goût spécifique. Pensons à un gâteau au citron. Il aura une allure bien plus prestigieuse si sa pâte est d’un jaune éclatant!

Rappelons également la saga de la margarine lorsqu’il a été question du droit de la colorer pour lui donner l’apparence du beurre. «Ici, au Québec, les producteurs laitiers s’y opposaient, pour

protéger le marché du beurre. L’ironie est que le beurre lui-même est coloré pendant les mois d’hiver, lorsqu’il est normalement presque blanc», nous dit Ariel Fenster, professeur et chercheur à l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill. Tout est une question d’apparence!

À vos loupes!

Pour certains parents, la présence de colorants alimentaires dans les aliments a peu  d’importance. Pour d’autres, comme Mélanie et Annie, c’est tout autre chose: «Lorsque je choisis un produit qui contient des colorants, j’hésite, et j’essaie de vérifier les produits semblables pour voir si l’un d’entre eux n’en serait pas exempt.»

Il n’est pas toujours facile de trouver des aliments dépourvus de colorant. Bien sûr, les produits transformés sont beaucoup plus susceptibles d’en contenir, à l’inverse des aliments frais: «Je sais qu’on trouve des colorants alimentaires dans bon nombre de produits. Pas seulement dans les friandises, mais aussi dans les céréales, le yogourt, les biscuits, etc.», nous dit Mélanie, maman de deux enfants. Quant à Annie, c’est à la couleur qu’elle se fie pour vérifier la présence de colorants alimentaires dans un produit: «Si c’est vert fluo ou jaune banane, c’est évident qu’il y a du colorant dans l’aliment!» Mélanie et Annie n’ont pas tort: la couleur nous révèle bien la face cachée du produit. Mais ça n’est pas le seul critère pour reconnaître la présence de colorants alimentaires, comme dans le cas du pouding à la vanille. Si on veut réellement les identifier on doit consulter la liste des ingrédients.

Il y a cependant un autre bémol: Santé Canada n’oblige pas les fabricants à afficher le nom complet des colorants alimentaires, mais permet d’indiquer, tout simplement, le terme «colorants» sur la liste des ingrédients. Voilà qui sème la confusion! S’agit-il d’un colorant naturel ou artificiel? Ainsi M. Fenster mentionne: «Plutôt que de simplement inscrire le terme “colorant” sur l’emballage d’un produit, un premier pas dans la bonne direction serait d’identifier les colorants utilisés par leur nom.» Mais encore faut-il que le grand public soit capable de reconnaître leur terminologie: «Je n’ai aucune idée du nom des colorants employés dans la liste des ingrédients, qu’ils soient artificiels ou naturels», confie Rachel, maman d’un garçon de trois ans et d’une princesse de quatre mois. Il existe une exception à la règle: la tartrazine. C’est obligatoire de l’indiquer sur la liste des ingrédients. Santé Canada a récemment resserré ses critères, puisque la tartrazine, de couleur jaune, aurait causé des réactions allergiques.

Plusieurs fabricants tentent d’éliminer les colorants artificiels de leurs produits. Une stratégie efficace, qui avantage le produit et le rend beaucoup plus intéressant aux yeux des consommateurs. Car les colorants alimentaires artificiels ont mauvaise presse et soulèvent plusieurs questionnements.

 

Page 2 | Leur réputation n’est pas rose…

  • Yoopa Ovni
  • Par

    Geneviève Nadeau Dt.P. Nutritionniste

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