PUBLICITÉ

La néophobie alimentaire

Conseils pratiques 2-3 ANS image article

Question :

Bonjour!

Ma question est pour Geneviève Nadeau, ou toute autre personne qui saurait me répondre!

Ma fille a bientôt 2 ans. Elle a toujours bien mangé et ce, jusqu'à ses 18 mois. Elle mangeait très varié et en bonne quantité. Je l'ai allaitée jusqu'à ce qu'elle ait 16 mois. Elle a toujours été petite malgré son appétit : elle était dans le 5e percentile à son rendez-vous de 18 mois chez le médecin. Elle est par contre en pleine forme et n'est pas souvent malade.

Depuis ses 18 mois, c'est plus problématique, elle mange un peu de viande, mais uniquement en purée, et des lentilles qu'elle mange en petite quantité. Elle refuse tout ce qui est nouveau. Elle ne veut pas manger de plats préparés (pâté chinois, pâte, pâtés, ou autres). Elle ne mange que des pois verts, des maïs en grains, des brocolis, des choux-fleurs et des concombres comme légumes: elle les mange en morceaux, chaud ou froid. Elle mange plein de fruits, ce n'est pas un problème. Elle ne mange pas de pâte, de riz ou autres : seulement du pain brun et des craquelins. Elle boit environ 2 litres de lait 3.25% par semaine, de l'eau et peu de jus. Elle a le même comportement alimentaire à la garderie.

Je m'inquiète à savoir si son alimentation est assez variée pour répondre à ses besoins. Elle semble en pleine forme mais sait-on jamais? Elle est petite, mais ce n'est pas nouveau. Je me demande aussi comment lui apprendre à manger comme nous. Lors des soupers, je mets un peu de notre repas dans son assiette. Parfois c'est la crise si je ne le retire pas tout de suite. Parfois elle le tolère mais ni touche pas. Elle essaie rarement quelque choses de nouveau. Dans les derniers mois, elle a essayé une frite et un bout de piment!

Merci

 

Réponse :

Bonjour,

D’après ce que vous m’avez mentionné, votre fille semble en parfaite santé. Même si elle mange très peu, il demeure qu’elle a toujours été petite, ce qui ne semble pas représenter une problématique de santé. De plus, puisqu’elle a un bon niveau d’énergie et que sa croissance est normale, il n’y a pas d’inquiétude à avoir. Son alimentation vous paraît peut-être peu variée, mais selon ce que vous m’avez mentionné, le menu de votre princesse m’a l’air tout de même diversifié. Quelques légumes, beaucoup de fruits, deux produits céréaliers, du lait en bonne quantité… À cet égard, le jus de fruits n’est pas essentiel. Vous pourriez augmenter la quantité de lait jusqu’à 600 ml (20 oz) par jour, au besoin, ou lui proposer des alternatives comme du yogourt ou du fromage frais. Ce billet complète bien mes suggestions : http://yoopa.ca/experts/billet/quelle-quantite-de-lait-par-jour

Vers deux ans, les enfants peuvent craindre la nouveauté, y compris les nouveaux aliments. Nous appelons ce phénomène la néophobie alimentaire. Voici quelques informations de plus à ce sujet pour vous éclairer.

La néophobie alimentaire : c’est quoi ?

La néophobie alimentaire, c’est un sentiment de peur envers les aliments que les touts-petits ne connaissent pas. Les enfants peuvent donc manifester un dédain pour un aliment qu’ils n’ont pas encore goûter, de crainte de vivre une mauvaise expérience en le dégustant. Ce phénomène n’a rien d’anormal et entre dans le développement du goût chez l’enfant. Parfois, on l’associe à la phase du « non » : mademoiselle veut peut-être développer son autonomie, vouloir s’opposer aux décisions de ses parents, etc.

Cette liste présente des comportements fréquemment associés à la néophobie alimentaire :

  • L’enfant trie les aliments mélangés ou les examine;
  • Il grimace ou recrache sa bouchée, et peut même vomir si on le force à avaler l’aliment;
  • Il repousse l’assiette, tourne la tête ou joue avec les aliments dans son assiette plutôt que de les manger…

 

Avec le temps, la néophobie alimentaire s’atténue. À plus long terme, votre fille pourrait elle-même demander à goûter un nouvel aliment ! Pour progressivement vous éloigner du phénomène de néophobie, il faut d’abord éviter de paniquer et mettre en pratique diverses stratégies qui ont pour but de faciliter la prise alimentaire, même en présence d’aliments nouveaux.

Quelques trucs à appliquer au quotidien

Je vous propose de mettre à l’essai quelques-uns de ces conseils pour aider votre fille aux papilles difficiles à apprécier graduellement des aliments méconnus.

1. Persévérez ! Il peut prendre entre 10 et 15 expositions pour qu’un aliment devienne familier aux papilles de votre fille. Présentez-lui un nouvel aliment à la fois, en vous assurant de ne pas le lui offrir à des périodes trop rapprochées.  Variez la présentation pour trouver sous quelle forme l’aliment est le mieux apprécié (ex. : une casserole de pâtes gratinées au four plutôt qu’en sauce, des légumes en rondelles plutôt qu’en dés…). Toutefois, si l’aliment est très redouté, évitez de le présenter chaque fois sous différents aspects, au risque qu’elle ne puisse pas se familiariser.

2. Donnez l’exemple. Des amis, des parents, l’éducatrice au service de garde ou autres pourront certainement favoriser l’acceptation d’un aliment nouveau. Montrez-lui que vous appréciez cet aliment, cela apaisera votre toute-petite et la rassurera lorsqu’elle y goûtera.

3. Bravo ! Félicitez-la lorsqu’elle goûte à un aliment. Que c’est motivant d’être gratifié lorsque nous avons osé une nouvelle expérience gustative !

4. Un environnement favorable est de mise. Des éléments qui pourraient renforcer sa perception négative d’un aliment risquent de nuire au bon développement de son goût. On évite donc la chicane lors des repas ou de la forcer à manger un aliment.

5. Servez-lui de petites portions d’aliments nouveaux. Ce sera beaucoup moins décourageant. Imaginez-vous qu’on vous serve une assiette remplie de viande de serpent, alors que vous n’y avez jamais goûté ?

6. Faites-vous accompagner en cuisine. Dès l’âge de deux ans, votre fille pourra effectuer des tâches toutes simples dans le cadre de la préparation des aliments. Le simple fait de pouvoir toucher un aliment nouveau, de le mélanger ou de l’assaisonner avant de le manger, entre dans le processus de familiarisation.

J’espère que ces conseils vous seront utiles. Bonne chance !

Geneviève Nadeau Dt.P. Nutritionniste
Présidente et Fondatrice de Nadeau Nutrition
Auteure www.bienmanger-cancer.com
Conférences et services de nutrition à domicile
www.nadeaunutrition.com

 

Vous aimeriez poser une question à l'expert? Écrivez ici!