Louis-Simon Ferland

Ce que les profs n’osent pas nous dire

Ce que les profs n’osent pas nous dire
Libellés : Vie de famille Publié le 08-02-2012 à 20:59

 

C’est la semaine des enseignantes et enseignants. J’ai tellement dit de bien sur eux que ce serait inapproprié de les encenser encore, on va encore m’accuser d’être un têteux de prof (et j’étais pas pire là-dedans à l’époque, même pour un petit tannant).

Alors cette fois-ci, pour célébrer cette semaine spéciale, je leur donne ma page. Oui. Oui. C’est le temps de les laisser dire tout haut ce qu’ils pensent tout bas. Tout ce qu’ils ne nous disent pas quand on les croise à la réunion de classe ou à la remise des bulletins.

On s’entend (et j’insiste) la GRANDE MAJORITÉ des profs s’entendent à merveille avec les parents de leurs élèves et reçoivent un grand soutien. Si le chapeau ne vous fait pas, ce n’est pas pour vous. Mais parfois, ils se sentent bien seuls dans le désert de l’éducation.

Et pour une fois, j’ai fait mes devoirs. Cette liste est le résultat de la lecture d’un tas de documents, d’articles, d’éditoriaux, de confidences anonymes et de montées de lait diverses trouvées à gauche et à droite. J'ai oublié un point? Ajoutez-le dans les commentaires.



25 choses que les profs rêvent de vous dire :

1. Nous sommes des partenaires, pas des adversaires. On travaille pour le même objectif : le bien de votre enfant. Alors si je vous donne un conseil pour aider son apprentissage, ne le prenez pas comme un affront.



2. On voit votre enfant sous un autre éclairage que vous. Et oui parfois, ça peut vous surprendre.



3. Les devoirs et les leçons, ce n’est pas une vague suggestion pour passer le temps. Ça nous aiderait d’avoir votre support là-dessus.



4. Ça arrive qu’un enfant raconte un mensonge pour se sortir du trouble. Oui, même votre enfant si parfait.



5. Non, je n’arrive pas à l’école en même temps que l’autobus. Et je n’arrête pas de travailler quand la cloche sonne le soir.



6. Les bonnes manières d’un enfant sont souvent le reflet de celles de leurs parents. Les mauvaises aussi.



7. Votre enfant est peut-être le centre de votre univers. Mais nous, nous partageons notre univers en 25, 30, 40 ou plus.



8. Pendant que vous vous inquiétez de la quantité de devoirs de vos enfants, moi je dois me soucier de troubles d’apprentissage, de déficit d’attention, d’intimidation, de pression sociale, du programme du ministère, de l’harmonie du groupe et de problèmes autrement plus complexes.



9. Au lieu de trouver des excuses à votre enfant, trouvez donc des solutions. Votre réflexe de défense est normal, mais pas toujours constructif.



10. Faites attention à ce que vous dites devant eux. Vous n’imaginez pas à quel point vos enfants peuvent en entendre (et en raconter), des choses. Votre belle-sœur ingrate, votre auto neuve et votre vasectomie sont souvent les vedettes en classe, à la discussion du lundi.



11. Laissez faire les bibelots et les tasses en cadeau. Votre soutien et votre reconnaissance sera mon vrai cadeau. Si vous y tenez absolument, mettez-vous donc ensemble pour en acheter UN utile, pas 30 inutiles.



12. On aime les tempêtes de neige et les week-ends de trois jours autant que votre enfant.



13. Les élèves dont on se souvient longtemps sont ceux qui sont enjoués, respectueux et généreux. Pas nécessairement ceux qui ont les meilleures notes.



14. Nous sommes des éducateurs, pas des nounous. Pour la pédagogie, vous pouvez nous faire confiance.



15. Je ne vous dis pas comment faire votre métier. Évitez donc de me dire comment faire le mien.



16. Encouragez votre enfant à lire. C’est la clé du succès.



17. Si on avait voulu être riches, on aurait choisi un autre métier. Enseigner, c’est une vocation. (Et au secondaire, c’est parfois une mission divine)



18. Nous avons les mains liées. L’autorité se perd. Le respect aussi. C’est pourquoi votre appui n’a jamais été aussi important que maintenant.



19. Je ne suis pas un conseiller matrimonial. Vos accusations « Mère contre Père » et vice versa ne mènent nulle part.



20. Une mauvaise note devrait devenir une très bonne motivation.



21. Parfois, un compliment est apprécié. Un projet accrocheur, un intérêt accru de l’enfant, une amélioration notable des résultats… Quand vous le remarquez, ça fait du bien à tous.



22. On peut apprendre à votre enfant beaucoup de notions très importantes. Mais rien ne vaut l’application dans la vraie vie. Les fractions en cuisinant, la physique au parc, les multiplications à l’épicerie, la grammaire en écrivant une carte, l’histoire, la géographie, la science… On apprend partout, pas seulement dans une classe.



23. Valorisez l’apprentissage et l’effort plutôt que le simple résultat. Nous sommes les premiers à le dire : les notes ne sont pas tout. Les enfants ne partent pas du même niveau, comment pourraient-ils tous arriver au même résultat?



24. Soyez présent pour votre enfant. Mais évitez de devenir un parent hélicoptère. Quand vous survolez son ombre pour dégager son chemin de toutes les difficultés, vous l’empêchez de réaliser de précieux apprentissages. Laissez un peu de corde.



25. Il y a des jours où le sourire de votre enfant m’empêche de tout quitter.



* * *



Je le répète : la plupart des parents sont tout à fait conscients de tout ça et l’appliquent au quotidien. Mais certains l'ont peut-être juste oublié...

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