Mylen Vigneault Blogueuse

De retour du paradis

De retour du paradis
Libellés : Activités et loisirs Publié le 15-11-2012 à 11:21

Je vous ai écrit récemment que j’allais prendre le large au Costa Rica. C’est chose faite, alors me revoici. (Un peu à reculons, je vous avoue!)

Je ne vous saoulerai pas avec tous les détails de mon merveilleux périple – en tout cas, je vais essayer!-. Je voulais juste vous dire que je suis allée au paradis, rien de moins! Il y avait la chaleur, bien sûr (dur de croire que samedi passé, j’étais en sueur à danser dehors à minuit avec des Ticos!), la nature époustouflante, des activités passionnantes ou relaxantes… Et la bouffe, et les cocktails, en plus des animaux qui étaient partout.


Un des nombreux capucins à tête blanche qui

déjeunaient avec nous

Tout ça, ça a été pénible à quitter. Mais après quelques jours de retour au pays, je pense que ce qu’il me manque encore plus, c’est la mentalité « paisible » qui habite les Costaricains et ceux qui les visitent.

Là-bas, il n’y a rien de compliqué! Le stress? On dirait qu’ils ne connaissent pas ça…

 

Kevin, notre merveilleux guide du jour

 

Mon amie et moi avions choisi une formule tout inclus dans un hôtel coté 3 étoiles, car nous étions attirée par l’originalité de l’endroit. Oubliez les images de gros resort bondé de touristes. C’était plus un immense camping tout confort, avec chambre propre, air conditionné et télé plasma. Des singes, des oiseaux et des coatis partout, la mer à deux pas, les montagnes autour. Ça donnait l’impression de découvrir le Nouveau-Monde. Ce n’est pas pour rien que c’est là-bas qu’a été tourné le film Christophe Colomb : 1492. (Et qu’un peu plus au sud, certaines scènes du Pirate des Caraïbes ont également été filmées.)

Mais ce qui était aussi différent au Punta Leona, c’est que c’est aussi un club que fréquentent les gens du pays, qui peuvent devenir membres annuellement, ou payer à la journée pour profiter des services. Des Ticos et des Ticas, on en a donc rencontré plusieurs, surtout le week-end. En plus du personnel de l’hôtel, évidemment.

Comme femme, j’ai beaucoup appris d’eux. Et comme mère, j’ai beaucoup réfléchi à la différence qu’il y a entre eux et nous.

Au fil des jours, tant sur le site de l’hôtel qu’à l’extérieur, je me suis rendu compte que je n’entendais aucun parent crier après son enfant. Aucun geste d’exaspération, aucun reproche… Je n’ai pas non plus vu d’étrangers lancer de regards assassins à un enfant bruyant ou au parent qui le laissait faire.  Et j’ai même très peu entendu d’enfants pleurer… Quand ça arrivait, les parents demeuraient d’un calme olympien. En plus de ne pas chercher à voir ce que « les autres » allaient penser de leurs interventions.

J’ai par contre vu et entendu de loin plusieurs adultes rigoler avec des tout-petits. J’ai vu aussi des mamans allaiter en public sans que quiconque trouve ça dérangeant. Comme j’ai vu des enfants dormir dans les bras de maman ou papa au resto au même au bar de l’hôtel, avec la musique et les rires en bruit de fond.

 

Au loin, une famille de Ticos s'amuse sur la plage

 

Pura vida. C’est la devise du Costa Rica. Pas de stress, pas de jugements. Je peux vous dire que ce n’est pas qu’un slogan à estamper sur des t-shirts pour touristes. Là-bas, si on cour, c’est pour faire du jogging sur la plage ou rattraper un ballon avant que la marée ne l’emporte. Ou pour chatouiller un bambin qui se sauve en riant aux éclats. Même downtonw San José, (une ville énorme et peuplée), je n’ai pas vu de gens pressés.

Toutefois, ne pas être pressé ne signifie pas se foutre des gens.  Nulle part, je n’ai rencontré de Tico qui n’était pas prêt à nous aider, nous informer, nous cultiver. Aucune exaspération quand la barrière des langues voulait se dresser entre nous. On répète, on reformule, on rigole…

Mon amie et moi avons aussi remarqué ce superbe mélange des générations, un peu partout. Le samedi soir, quand le bar en général presque désert s’est rempli de « locaux » pour des danses et du karaoké, on voyait des mères se trémousser avec des ados, des hommes aux cheveux gris suivre le rythme. Il y avait aussi une minuscule grand-mère à la tête toute blanche, portant châle et grosses lunettes qui a poussé la chansonnette et qui échangeait des blagues avec tout un chacun.

Chacun avait sa place. Même les rares touristes présents. C’est ainsi que suite à un signe de la main de la belle Patricia, nous nous sommes retrouvées à tenter de danser comme les talentueuses Costaricaines…

Je regrette de ne pas avoir osé demander à ces gens la permission de les prendre en photo… Je garde par contre toutes ces images dans mon cœur. Les enfants qui jouaient à proximité de la plage, même si des crocodiles pouvaient y passer pour aller pêcher dans la mer. Cette fillette à la peau dorée qui riait chaque jour aux éclats et qui embrassait son petit frère avec tant de tendresse. L’ailleule du karaoké, bien sûr… Le grand frère qui surveillait le petit bout de même pas deux ans sur le bord de la mer… Les couples, qui ne semblaient pas entretenir de frustrations…

 


Même les crocodiles sont souriants ;)

 

Et je fais le souhait de conserver en moi ce besoin de prendre plus de temps avec ma famille. Du temps de réelle qualité. Être présente entièrement, quand ils me parlent. Ne pas soupirer d’irritation, quand ils viennent « me déranger ». Moins me remettre en question, moins m’analyser, dans mes décisions de mère. Me foutre encore plus des apparences, des jugements d’autrui.

Aimer la vie, aimer ma famille, m’aimer. Ne pas me laisser trop bousculer par le rythme nord-américain. Me souvenir que c’est possible, d’être heureux dans la simplicité du moment présent. Ce n’est pas une question d’argent, de matériel…

Et même si c’est plus facile en vacances, au soleil, devant des paysages magnifiques, je décide que c’est possible de préserver au moins une partie de cet état dans le froid québécois, le boulot et les divers pépins qui peuvent survenir. C’est bon pour les nerfs, le cœur et l’esprit et même… pour la peau! Mon Dieu qu’ils semblent avoir découvert la Fontaine de Jouvence, les Ticos! Ils font tous plus jeune que leur âge, ils semblent à l'abri des rides…

Et si jamais j’oublie trop comment pratiquer la Pura vida… Je repartirai là-bas!

 

 

Finalement, pour ceux qui se demandent si les enfants et mon chéri m’ont manqué… Je mentirais en disant oui. J’ai pensé à eux, oui. J’aurais tellement aimé leur montrer tout ça! Je leur ai cherché des cadeaux, aussi. Mais je serais demeurée là-bas plus longtemps. Je suis revenue pour eux. Mais c’est avec plaisir et beaucoup plus de calme que je les ai retrouvés… Depuis mon retour, j’ai envie de leur donner encore plus d’affection et d’attention sereine.

Je partais avec moi-même pour ramener à mes enfants une mère améliorée. Mission accomplie, je crois!

Ça va aider à passer l’hiver… Dire qu’avant, je craignais ne pas aimer la chaleur du sud… Maintenant, je vais tenter de ne pas dire à tout bout de champ qu’il fait « frette » ici!

 

Le Costa Rica est un pays neutre et est devenu la première nation du monde à avoir constitutionnellement supprimé son armée. Dès lors, le pays se distingue en Amérique Centrale par son modèle de développement donnant la priorité à l'éducation, à la santé et à la protection de l'environnement.

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