6-7 
ans

Délaisser l’alphabet était une erreur

Libellés : 6-7 ans, Éducation Publié le 30-08-2010 à 08:42

En délaissant peu à peu l'apprentissage de l'alphabet pour inculquer la lecture aux enfants, le Québec a fait une grave erreur, affirme un chercheur de l'UQAM. Il propose de revenir à une méthode plus «traditionnelle» qui donne des résultats spectaculaires, selon une vaste étude qu'il a menée.

Il existe deux courants de pensée pour apprendre à lire aux milliers d'enfants qui entrent à l'école pour la première fois, ce matin.

Ceux qui ont fréquenté le primaire il y a plus de 20 ans ont probablement appris à lire avec la méthode dite «syllabique». Il s'agissait d'apprendre à reconnaître les lettres de l'alphabet, pour ensuite déchiffrer les sons produits par ces lettres regroupées en syllabes. On apprenait par exemple que b et a font ba. «On drillait l'alphabet», illustre le professeur Éric Dion, de l'UQAM.

Mais cette façon de faire a été désavouée par certains experts. Ces spécialistes jugeaient que cet apprentissage traditionnel et mécanique de la lecture était «dépourvu de sens», relate M. Dion

C'est alors qu'est apparue la méthode dite «globale.» Au lieu de décortiquer les mots en syllabes, les enfants apprennent à les lire en bloc, comme s'ils les photographiaient pour les reconnaître.

En 2008, cette «théorie» était encore la préférée des profs québécois de 1re année, avait révélé une étude.

Ce virage a été «une erreur», tranche aujourd'hui Éric Dion. «C'était trop radical de penser qu'on pouvait se dispenser du luxe d'enseigner l'alphabet et le décodage aux enfants», lance-t-il.

58 classes testées

Pendant deux ans, Éric Dion a testé une nouvelle méthode d'apprentissage de la lecture auprès de 58 classes de 1re année, en milieux défavorisés.

Baptisée «Apprendre à lire à deux», cette approche a été adaptée d'une méthode américaine par une équipe de l'UQAM. Elle constitue «un compromis intelligent» entre les deux «visions radicales» de l'apprentissage de la lecture, estime Éric Dion.

Avec cette approche, les élèves sont réunis en duos et font du «décodage» de mots à partir des syllabes, comme le prônait la méthode traditionnelle. Mais ils font aussi de la «lecture globale» pour certains mots «courts et extrêmement communs». Ils apprennent ainsi que le mot "est" ne se prononce pas «este».

Les enfants lisent ensuite de courts textes composés de mots qu'ils sont censés pouvoir décoder et se félicitent de leurs progrès. Pour être efficace, la méthode doit être utilisée au moins trois fois par semaine, à raison de trente minutes chaque fois, insiste l'expert.

Trois fois moins d'enfants en difficulté

Les résultats de cette expérimentation, qui viennent d'être publiés dans la prestigieuse revue scientifique Prevention Science, sont spectaculaires. À la fin de l'année, les classes qui avaient testé «Apprendre à lire à deux» comptaient trois fois moins d'élèves en difficulté de lecture que les classes où le prof avait conservé sa méthode habituelle. Ce résultat est d'autant plus positif qu'il a été observé dans des milieux défavorisés.

«Ça veut dire qu'on a deux élèves en difficulté sur trois qui finissent la première année en lisant, alors qu'ils n'auraient pas lu correctement [s'il n'y avait pas eu cette méthode]», se réjouit Éric Dion.


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Commentaire

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01
Marielle Potvin 30 Aout, 2010
à 09:58

J’aimerais apporter quelques précisions, quand on parle de l’apprentissage de l’alphabet.

En tant qu’orthopédagogue, je constate qu’on associe cet apprentissage à la lecture, alors qu’il n’en est rien. Pour le saisir davantage, je vous invite ici: http://j.mp/3wsw8N

À retenir absolument: une lettre se voit, alors qu’un son s’entend.
Il est d’une grande importance de distinguer les deux, puisque ces aspects causent bien des confusions chez l’enfant.

D’ailleurs, s’il est utile d’apprendre l’alphabet, c’est seulement pour chercher dans le dictionnaire, ce que l’apprenti lecteur ne fera pas avant quelques années, non ?

02
Sophy 30 Aout, 2010
à 11:39

Je trouve sa stupide de délaisser l’alphabet. Je ne crois pas que l’alphabet sert juste a chercher dans le dictionnaire.
Sa permet de s’avoir écrire et de mettre une image sur un son.
Y faut commencer par le début et le début c’est l’alphabet. Si c’est bien expliquer à un enfant je ne voie pas ou serai le problème d’apprentissage.

03
suzanne 30 Aout, 2010
à 20:28

j ai commencer lécole en 1965…..j ai encore mon livre de premiere année..et que je vous dit que l alphabet   déja la on écrivais en lettre attacher   Lili et Léa   nous ont appris a lire a écrire bien comme il faut fini la premiere année ,,,,,,,nous nous savions lire un texte et faire des phrases….............les consonnes les voyelles on s avais qu esce que c etais.éppeller un mots aussi,,,les syllables aussi pour apprendres un mots c etais bien plus facile a lire…....que les bbbebbee bbébbbbéééééé et des connerie comme sa et des images qui commence par ex: ba égale bateau baton ..mais quand il vienne pour lire il dise tous les mots quil connaisse qui commence par ba,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,j ai eu asser de misere il y as des années avec mon fils avec cettes méthodes de bégueillement et dimages au lieu de lui montrer les vrai syllabe           montrer donc a lire et écrire comme il le faut et les math ssss parlons s en donc,,,,,,,,,,,,,,,,,,pas si dure de compter ........................................................

04
nadia 31 Aout, 2010
à 14:30

Chez nous en France nous nous trouvons confrontés au même problème, après abandon de la méthode dite syllabique les chiffres montrent beaucoup d’échec d’apprentissage de la lecture…...d’où le retour à cette méthode voire dans certaines classe l’apprentissage de la lecture avec les deux méthodes.
Je pense que l’alphabet reste la base de cet apprentissage pour pouvoir faire les sons non?

05
Caroline 01 Septembre, 2010
à 11:25

Je suis tout à fait d’accord avec la méthode syllabique! Mon fils n’a que 3 ans et connaît très bien son alphabet. Je lui ai d’abord appris l’alphabet en chantant, puis le temps était venu de lui apprendre le son de chaque lettre, et c’est avec facilité qu’il a su décortiquer lui-même les syllabes!  Depuis quelque temps, il ne cesse me demander comment épeler des mots! Je dirais qu’il en ai même maladif!

06
Valérie 01 Septembre, 2010
à 12:59

Je suis contente de voir que des chercheurs confirment ce que j’ai pu observer dans ma classe.  Il est vrai que l’emploi des deux types de lecture favorise l’apprentissage de la lecture.  Les résultats se font sentir rapidement et les enfants sont motivés lorsqu’ils constatent leurs progrès rapides!

07
Annie 01 Septembre, 2010
à 14:18

Moi j’ai été éduqué avec la bonne vielle méthode, et je vois mon enfant commencer la nouvelle méthode et je me demande si parrallèlement je ne serais pas mieux de lui montrer comme nos anciens profs l’ont fait.  Je suis née au début des années 70.

Est-ce que ce serait trop pour un enfant de 6 ans ?

08
MarieJo 01 Septembre, 2010
à 14:57

Moi, je me questionne beaucoup sur la question ayant une fille qui commence la maternelle cette année.  Tout ce que je lis dis que la méthode globale est nulle.  Une amie à toujours montrer à ses filles la méthode syllabique pendant qu’elles apprenait la méthode globale à l’école.  Aujourd’hui, pour des problèmes d’apprentissage,  elle consulte une orthopédagogue avec les filles et cet spécialiste lui a dit que c’était la meilleure chose qu’elle ait pu faire de leurs avoir montrer la méthode syllabique car elles auraient probablement un retard encore plus prononcé.  En tout cas moi je vais montrer à mes enfant la méthode syllabique c’est sure.

09
Stephane Marcoux 01 Septembre, 2010
à 21:05

Quand on se compare au Koréan par exemple, on constate que nous sommes vraiment stupides aux niveaux des études et même de l’éducation à la maison.

J’ai bien peur que les québécois moyens auront toujours de la difficulté avec l’orthographe, les conjugaisons et j’en passe. Il faut faire attention car ce n’est pas juste en maternel et première année que tout se joue pour le français.

Les habitudes de lecture chez la majorité des adultes sont pratiquement inexistant, alors difficile de donner le goût à un enfant de lire des livres chaque semaine. N’oublions pas que nous vivons dans un monde où le divertissement est devenue la priorité. Internet, le multimédia, les jeux vidéos, l’alcool, les drogues, etc, cette réalité chez les adultes se reflètent de plus en plus tôt chez les jeunes.

Comment voulez-vous que l’enfant apprenne à lire et écrire correctement si le bonhomme et/ou la bonne femme à la maison est sous l’effet de l’alcool et/ou de la drogue, ou simplement trop fatigué de sa journée de travail?

Alors ces mêmes parents vont pointés du doigts les écoles au lieu de se regarder dans le miroir. On remet la charge entière de l’éducation à un établissement gouvernemental, pendant que le parent est absent, dois-je le rappeler.

C’est sans parler des problèmes relationnelles majeures, les familles reconstituées sont devenues la norme. Rien de tout ça aide au développement de l’enfant, peu importe la matière ou l’âge.

Quand un jeune vient me parler et qui m’avoue que la moitié de la classe est stone en secondaire 4, ça fait réfléchir et je ne crois pas que ce jeune me mentait.

10
Stephane Marcoux 01 Septembre, 2010
à 21:13

J’aimerais rajouter que je ne suis pas surpris d’être le seul homme à faire un commentaire ici car on s’imagine que l’éducation au Québec passe par la mère seulement… quelle naïveté et quelle erreur monumentale!!

Le décrochage est principalement masculin, rien de surprenant si c’est une femme qui enseigne à la maison, à la maternelle et au primaire. Ce sont majoritairement des professeures féminins, je ne dis pas qu’il n’y a aucun professeur masculin ou que les femmes sont incompétentes, non, mais vous comprenez mon point de vu.

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