6-7 
ans

Se battre pour les enfants dyslexiques

Libellés : 6-7 ans, Éducation Publié le 24-08-2010 à 07:07

Les nombreux avocats embauchés par le ministère de l'Éducation et neuf commissions scolaires n'ont pas réussi à décourager des parents qui les poursuivent, depuis 2003, pour améliorer le sort des enfants dyslexiques. Sept ans plus tard, ceux-ci attendent impatiemment le verdict du tribunal et promettent «d'aller jusqu'au bout», quoi qu'il arrive.

«On sait que si on arrête, la situation vécue par notre fils va continuer, explique Jacques Desgagné. Tout au long des procédures, on sentait que la cause était plus grande que nous. On voyait qu'il fallait pousser ça jusqu'au bout.»

«Si la dyslexie est héréditaire, comme on le croit, je ne veux pas que notre fils revive ça avec ses enfants», renchérit sa conjointe, Christine Frigon.

Besoins des enfants

Le fils du couple, Thierry, est dyslexique, a déjà statué un expert.

Au début des années 2000, ses parents sont découragés du traitement qui lui est réservé dans les écoles de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries, sur la Rive-Sud de Montréal. Le garçon passe d'une classe spéciale à une autre et sa mère commence à craindre pour son avenir. «On s'est aperçu que l'école n'était pas adaptée aux besoins des enfants dyslexiques, dit Christine Frigon. On sentait que Thierry avait les capacités de faire plus que ce que l'école lui proposait.»

Après plusieurs démarches infructueuses pour changer la situation, les parents contactent l'avocat Gilles Gareau, qui entame des procédures de recours collectif contre le ministère de l'Éducation et neuf commissions scolaires.

«Ce qu'on veut, c'est que les écoles s'occupent des enfants dyslexiques, qu'elles fassent du dépistage et entreprennent des actions pour aider les élèves dès la première année», dit Jacques Desgagné.

Les six années qui suivent sont parsemées de rebondissements judiciaires. En cours de route, quatre commissions scolaires sont exclues du recours collectif.

Le procès se tient finalement, entre novembre 2009 et mars 2010, devant le juge André Roy de la Cour supérieure. Une cinquantaine de jours d'audience ont lieu.

«C'était stressant, confie Christine Frigon. On s'est retrouvé face à une grosse machine, devant des gens très articulés», dit-elle. Sur recommandation de leur avocat, les parents préfèrent toutefois ne pas parler du déroulement du procès pour l'instant.

Vitesse de la justice

Cela fait maintenant cinq mois qu'ils se croisent les doigts, en attendant le verdict du tribunal.

Après toutes ces années, une décision favorable aurait bien peu d'impact sur leur fils Thierry, qui est maintenant âgé de 20 ans. Le jeune homme est sur le point de terminer ses études secondaires, à l'école spécialisée Vanguard. Il ne lui reste qu'à réussir un cours de français et un cours d'anglais, deux matières particulièrement difficiles pour les élèves dyslexiques.

«Quand on a décidé de s'embarquer là-dedans, on était conscient de la vitesse de la justice, dit Christine Frigon. On s'est aperçu qu'on ne se battrait probablement pas pour lui, mais pour des enfants à venir.»

qu'est-ce que la dyslexie?
* C'est une difficulté que certaines personnes éprouvent avec l'alphabet, la lecture, l'écriture et l'épellation.

* La dyslexie est probablement d'origine génétique et héréditaire.

* Elle se manifeste de plusieurs façons, par exemple en inversant des lettres dans un mot (b au lieu de d) ou en ayant de la difficulté à déchiffrer les syllabes d'un mot.

* Jusqu'à 23% de la population souffrirait d'une forme de ce trouble, selon l'Association canadienne de la dyslexie.


Facture salée pour les contibuables

La bataille que livrent Christine Frigon et Jacques Desg agné au ministère de l'Éducation et à plusieurs commissions scolaires aura coûté une petite fortune aux contribuables.

Chaque commission scolaire visée par le recours collectif embauche depuis sept ans une firme privée d'avocats pour la représenter.

Le ministère de l'Éducation est défendu par des procureurs de Justice-Québec, mais il a aussi dû débourser d'importants frais pour d'autres services de nature juridique.

Des milliers de dollars ont notamment dû être versés à des sténographes, l'an dernier, a appris le Journal de Montréal. Les deux parents à l'origine du recours ont eux-mêmes bénéficié du soutien du Fonds d'aide aux recours collectifs, qui a défrayé les honoraires de leurs avocats.

Dans les «six chiffres» ?


Après sept ans de procédures, Jacques Desgagné ne serait pas surpris que les honoraires de tous les avocats impliqués dans le dossier «dépassent les six chiffres.»

«Je pense que cet argent-là aurait pu être mis dans l'aide aux enfants, dans les écoles», déplore-t-il.

Sa conjointe abonde dans le même sens. «Si le ministère de l'Éducation et les commissions scolaires ont à coeur les enfants, pourquoi ont-ils besoin d'un jugement de Cour pour bouger ?», demande Christine Frigon.


Les cinq commissions scolaires toujours visées par le recours collectif sont la CS des Grandes-Seigneuries, la CS Marie-Victorin, la CS des Patriotes, la CS de Laval et la CS de Montréal.

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Commentaire

01
Mamanbooh! 24 Aout, 2010
à 14:49

Je trouve cette situation pathétique…

Et je lève mon chapeau pour ces parents qui se battent pour la cause, alors que leur propre fils ne pourra pas en bénéficier directement.

Je pense que quand on sort des sentiers battus et qu’on a à coeur une cause, on parle vraiment de dévouement.

C’est effectivement dommage que toutes ces enveloppes budgétaires soient consacrées à des batailles juridiques plutôt qu’à des services dont les élèves ont besoin.

Je pense aussi pouvoir vous prédire que ce genre de procès risque de devenir de plus en plus populaire en raison de toutes les coupures et de l’intégration des élèves sans offrir les vrais services dont ils ont besoin. 

Heureusement, les parents s’informent de plus en plus, ils cherchent de l’aide, ils se regroupent et prennent la parole.

Julie Philippon (Mamanbooh!)
Maman de deux enfants ayant des troubles neurologiques et de probables troubles d’apprentissages

02
suzanne sickini 24 Aout, 2010
à 19:55

mon fils agé maintenant de 22 ans a des troubles en francais suites a des troubles de certaines formes de dyslexies,car son pere,,,ne c est lire et écrire, je croie que c est héréditere,,mes cest lui qui en paye les frais,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,au primaire il a fait rire de lui par son prof de 2 ieme année jusqu a temps que je men apprecoive car un enfant ne parleras pas, de leur trouble a l`école, soyer vigilent ,,,,a tous les parent, son prof,, mes disias seulement qui ne suivais pas.ou qu il ne voulais pas lire , , parfois je le chicanais, je luis disais faut que tu collabor,MAIS au mois de mai ,le prof lui meme m as dit que la classe riais de lui ,qu en il lisais a haute voie,,et meme elle riais de lui puis elle fesais lire l enfant suivant ,,moi qui durent l année ,etais toujour aupres de lui pour l aider et cette prof m appelais toujour pour me dire qu il ne suivais jamais et de le punir et croyer vous que j ai été s l école le directeur m as dit que cette prof étais boheme ,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,, qu en pensez-vous de ca????? il on garder le prof et j ai sotie mon fils de lécole au mois de mai et j ai été voir un orthophoniste….............comme les école non pas de budget pour ses enfant la ,,,,il lon toujour mis dans des classe avec trouble de comportement….............souvent il se fesais chicanner pour rien car les enfants troubles fesais des mauvais coups alors la classes completes se fesais ,,réprimééAlors sa le mettais en rages ,,il disais moi je veut apprendre eux fond des nieserient,,,,,,,..................................alors aujourd hui apres toutes c estannéée les commissions scolaires nieses a depenser de l argent pour des enquetes et tous le tralala ,,,,,,,,,,,,,,quand c est si simple de mettre un classe séparere on est en 2010 mais je croie qu on recule leur poche est bien plus importente que les éleves               c est mon commeteremmmmmmmmmmm

03
Nadia 25 Aout, 2010
à 17:38

Je vous lève mon chapeau,

Je me bat aussi pour ma fille qui est dysphasique et possiblement dyslexique reçoive le soutien qui dont elle nécessite. Ce n’est pas toujours facile de se faire entendre, ce sont des diagnostic qui font peur et l’école ne semble pas outillé pour les gérer. Il faut pouvoir les aider ces enfants….............ils sont notre avenir!!

04
Isabelle Gladu 26 Aout, 2010
à 08:23

Comme je suis d’accord avec vous!  Mon garçon est dyslexique…. il faut se battre…. il voit une ortho depuis plusieurs années….nous avons rencontré plusieurs spécialistes au privé!  J’ai hâte de voir le résultat de cette cause qui me tiend également à coeur!  Isabelle

05
Sylvie Beaudoin 30 Aout, 2010
à 13:49

J’espère sincèrement que ces parents auront gain de cause et que comme aux Etats-Unis, nos écoles devront s’ajuster pour que nos enfants dyslexiques puissent réussir leurs études avec dignité et ne soient plus pénalisés parce que, entre-autre, ils inversent des lettres et des chiffres de façon tout à fait involontaire.

Ma fille a fait son primaire de peine et de misère avec certains prof qui la faisait échouer systématiquement parce qu’ils ne comprenaient pas ce qu’elle avait (elle est pourtant diagnostiquée très intelligente). C’est un combat difficile pour ses enfants et leurs parents.

Je les encourage grandement!

06
Chantale Jutras 07 Septembre, 2010
à 12:45

BRAVO à vous deux,

Quelle bataille ! David contre Goliath, voila un non sens, pourquoi ? On a plus d’audace quand vient le temps de dépenser l’argent qui ne sort pas de notre poche. Sans avoir de parti pris, Mario Dumont, disait vrai quand il disait que les commissions scolaires étaient devenues des éléphants blancs. Une année, j’ai voulu participer plus activement au sein des OPP. Je me suis vite questionner sur la joie qui régnait auprès de ceux qui avaient fait une requête 2 ans auparavant pour obtenir du café lors des rencontres de parents. 2 ans pour du simple café ! et quand j’ai appris qu’il y avait plus de 7échelles hiérarchiques pour faire entendre la voix des enfants avec des difficultés scolaires. J’ai démissionné, trop de rage et ma assez de patience.

07
Anne-Marie 24 Octobre, 2010
à 22:47

Merci de vous battre à plus grande échelle. Je travaille fort présentement pour que les enseignants et la direction de l’école de mon fils commencent à comprendre ce qu’est la dyslexie. Ce n’est pas facile à comprendre la dyslexie et les enseignants ne sont évidemment pas formés, à la base, pour traiter la dyslexie. Mais ce que je trouve déplorable, c’est qu’ils ne soient même pas au courant qu’il esxiste des troubles qui nécessitent des arrangements différents. J’ai l’impression que les recommandations faites par les neuropsy et les orthophonistes sont vues comme étant “facultatives” et non comme des conditions de traitement. Plusieurs personnes semblent croire que mon enfant apprend plus lentement que les autres alors que c’est tout le contraire. Ils ne semblent pas comprendre que le problème se situe à un autre niveau. Il est très intelligent, mais n’arrive pas à lire. Alors, ils essaient de travailler très fort pour qu’il sache lire!!! Au lieu d’accepter qu’il peut apprendre d’autres façons (en se faisant lire, par exemple

08
Anne-Marie 24 Octobre, 2010
à 23:03

... Est-ce que quelqu’un a trouvé des manières de faire comprendre aux enseignants que de donner d’avance les textes à un enfant de 8 ans dyslexique sévère ne représente pas du favoritisme, mais une façon de l’aider à se développer malgré la dyslexie. Et encore plus difficile, de faire comprendre que si l’enfant réussit avec les textes à lire à l’avance, il ne faut pas lui enlever, car c’est ce que l’on veut, qu’il réussisse!! Si mon enfant se met à avoir de meilleurs résultats, ils ont tendance à vouloir enlever les mesures d’aide… Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer ce comportement?? Certains parlent de “se battre”. C’est vraiment ce que j’ai l’impression de faire. J’ai l’impression de ne pas être du même côté que les enseignants pour aider mon enfant. On dirait que je me bats pour l’aider. Puisque mon conjoint est dyslexique lui aussi et que tout cela lui fait revivre des émotions enfouies depuis plus de 30 ans, je me sens un peu seule de mon côté de la “bataille”. Lui, il se sent dépassé et démuni. Il revit ses pires cauchemars à travers mon fils et a du mal à m’aider pour l’aspect “bataille”. Pour lui, articuler une réponse face à une incompréhension de la part des enseigants c’est presque impossible. Il aide par contre beaucoup mon garçon à ne pas se sentir seul et à avoir espoir en étant un model d’homme qui s’en est finalement bien sorti. Mais il y a beaucoup de souffrance inutile dans tout ce processus à cause que les enseigants ne comprennent pas, qu’ils ne sont pas informés de la nature de ce type de trouble. Merci de votre attention. Si jamais quelqu’un a un texte en main qui pourrait nous aider à faire comprendre l’importance de suivre les indications des spécialistes, j’aimerais beaucoup mettre la main dessus. Merci!

09
Yoopa 25 Octobre, 2010
à 08:21

Bon courage à tous les parents et enfants qui se retrouvent devant des défis similaires.
On vous souhaite le meilleur, et rapidement!

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