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Autorité contre révolte

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Question :

Bonjour Hélène,  

Je vous écris ces lignes car je suis un peu découragée ces temps-ci.... Je ne sais pas comment changer l'attitude de mon grand garçon de 4 ans et demi. 

J'ai 30 ans et je suis maman d'un grand garçon de 4 ans et demi et d'une petite fille de 2 ans et demi. Leur père et moi sommes séparés depuis 3 mois. 

Le problème dont j'ai à vous parler n'est pas dû à la séparation, ça j'en suis certaine car il était là bien avant. Mais étant donné que je suis maintenant monoparentale, le problème est encore présent et je suis seule à le gérer et c'est encore plus difficile. Je le vois à 50% du temps et j'aimerais que cette période soit remplie de moments joyeux et tendres et non de colère et de crises....

Mon garçon est un «petit gars à sa maman» comme on dit. Il est très attaché à moi, n'aimais pas que je colle son papa, il est un petit garçon insécure et gêné.  Son problème est comme s'il avait deux personnalités et je ne suis pas capable de cerner le pourquoi...

Il peut être le plus adorable, attentionné, jovial petit garçon qui soit mais aussi le plus colérique

À la garderie, AUCUN problème....toujours de beaux messages de ses éducatrices, il écoute les consignes, participe aux activités, etc. Et ce, depuis qu'il fréquence une grande CPE. Au tout début, je dois vous dire qu'on s'est fait renvoyer de deux garderies en milieu familiale car notre garçon pleurait trop. Il pleurait des journées de temps, ne réussissait pas à s'endormir, etc. La première éducatrice a essayé pendant 4 mois et la deuxième pendant 1 mois. Mais les deux n'ont pas survécu ;) Maintenant je suis capable d'en rire mais dans ce temps là, c'était un gros problème. 

À la maison, c'est tout autre chose! Il n'écoute pas les consignes... ça n'a pas de bon sens. Je ne sais plus comment y parvenir. Il nous confronte toujours. Lorsqu'il fait quelque chose qu'il sait qu'il n'est pas autorisé à faire, il nous regarde et il le fait. Il n'aime pas se faire dire non sur quoi que ce soit. Aussitôt qu'on lui dit non, il nous confronte. Il tente de négocier afin de contourner notre non ou il attend qu'on ait le dos tourné pour le faire. 

Et lorsqu'on tient notre bout ferme, là c'est l'enfer. Comme je le dis si bien «il pète sa coche!», il pique une crise...

Et là c'est terminé...je ne peux rien faire, lorsqu'il est parti dans cet état de crise, je n'ai aucun contrôle. Il est comme ailleurs. Je ne sais plus quoi faire. J'ai trouvé une façon de le calmer, qui ne m'enchante vraiment pas, je l'envoie dans la douche et lui fait couler l'eau de la douche dessus pour le saisir (pas froide là, l'eau tiède comme dans le bain). Mais le fait de le déshabiller sans parler, de l'envoyer dans la douche, il n'aime vraiment pas ça. Alors là il pleure et après il est attentif à ce que j'ai à lui dire. Je lui explique que je n'aime pas cela quand qu'il est comme ça, que ça me fait beaucoup de peine d'avoir à lui  donner une conséquence, mais que je n'ai pas le choix, car c'est la seule façon qu'il m'écoute. Par la suite, il va être gentil pour les heures à venir. 

Au début je me disais que c'était peut-être notre éducation, mais je ne comprenais pas pourquoi. Je me suis posé la question si je n'étais pas assez permissive, si je disais non pour trop de chose... mais je ne pense pas. 

Ma fille est totalement le contraire de lui, totalement. Elle écoute du premier coup, n'avons pas à dire non sur un ton dur, elle nous dit «ok» et elle arrête et ne recommence pas. Elle a 2 ans et demi seulement.   Mon garçon, même à l'âge de ma fille était colérique comme ça. Je me souviens très bien de sa fête de 2 ans, il a passé tout le temps de la période de cadeau à pleurer je ne me souviens pas pourquoi... 

C'est un petit garçon très curieux. La période du «pourquoi» est très présente dans notre vie. Pas question de lui répondre "parce que" car il réplique «explique-moi pourquoi maman». Ce qui est très correcte, je ne me plains pas, je veux juste que vous voyez quel genre de petit il est.

Il est aussi très impatient. Il n'aime pas attendre. On doit lui dire combien de temps que ça va prendre, mais il est toujours en train de nous dire «c'est long...» «vite, dépêche»...et il se choque. Je lui explique qu'on doit être patient, mais il ne semble pas comprendre le principe...normal vu son âge, mais je lui explique que c'est normal d'attendre dans la vie. 

Un autre aspect est, par exemple, nous sommes invités à la fête d'un de ses cousins, il ne veut pas participer aux activités de la fête. Il va coller sa grand-mère et essaie de faire «pitié» au lieu d'aller jouer avec les autres enfants. Je ne veux pas embarquer dans son jeu, je ne veux pas commencer à le coller ou lui dire qu'il a le droit de ne pas y aller, je ne trouve pas que c'est l'aider pour son futur. Mais j'ai peut-être tort, je ne sais pas. 

J'ai lu beaucoup à ce sujet, j'ai essayé des trucs (ex: changer de ton pour lui parler, tenter de ne pas dire le mot «non» mais une phrase et remplacer par autre chose, etc.). Mais maintenant, je ne sais vraiment plus quoi faire. 

Je commence une nouvelle relation amoureuse avec un homme qui a lui aussi 2 enfants, notre façon de les élever est semblable et ma peur est qu'il ne soit pas capable de vivre avec mon fils plus tard car moi-même étant sa mère il me met à bout... donc je ne veux pas imaginer un étranger. C'est pourquoi nous y allons très lentement, ils apprennent à se connaître en amis et je veux que chacun gagne la confiance de l'autre. 

Aujourd'hui nous avons eu droit au premier «T'es pas mon père, c'est pas toi l'boss» de mon fils à mon nouveau conjoint car mon conjoint lui a dit non. Il a lui simplement dit de m'attendre car effectivement ce n'était pas lui le boss mais moi (sa mère). 

Sur ce j'espère que vous aurez quelques trucs pour moi ou aurez vu ou entendu des situations semblables qui pourront m'aider. 

Je vous remercie pour le temps que vous aurez pris à lire ces lignes et vous souhaite une excellente fin de journée, 

Annie

 

Réponse : 

Bonjour Annie,

Votre message comprend plusieurs éléments et je ne pense pas que je pourrais tous les approfondir ici. Tout d’abord, j’aimerais vous rassurer sur le comportement de votre fils. Il est très fréquent à cet âge qu’un enfant fasse des crises. Il tente d’apprendre à gérer ses émotions, ce qui n’est pas chose facile pour un enfant de 4 ans. De plus, il semble avoir un tempérament à la base un peu bouillant selon vos dires. ;)

Je comprends votre désir de passer de beaux moments agréables avec vos enfants mais c’est malheureusement un peu utopique. Vos enfants viennent de vivre un grand changement ce qui peut exacerber un comportement déjà présent. Les moments joyeux et tendres sont possibles mais un encadrement éducatif est nécessaire pour pouvoir vraiment en profiter.  Un bon exemple est son comportement au CPE. Il semble bien fonctionné dans un cadre. Il serait intéressant de tenter de déterminer à quel besoin il tente de répondre en agissant de la sorte. Quels gains en retirent-ils?

Donc, la première étape est d’observer son comportement. Quel est le déclencheur? Votre réaction? Votre intervention? Il est important de déterminer la fréquence, l’intensité, la durée et le moment (jour et heure). Vous découvrirez peut-être certaines constantes qui vous aideront dans le choix de vos interventions.

J’ai déjà écrit des réponses expliquant l’importance d’établir des règles claires, la constance dans les interventions, l’influence du lien affectif, etc. J’ai regroupé toutes ces réponses afin d’éviter la redondance ainsi que de vous faire chercher. Un deux dans un! hihihi Vous pourrez les consulter en suivant le lien suivant : Respect des consignes

En ce qui concerne la gestion de la crise elle-même, pourquoi ne pas tout simplement l’ignorer et laisser passer la crise ? Il n’est effectivement plus vraiment là donc ce n’est pas le moment de tenter de lui parler. Il a le droit d’être fâché et il doit apprendre à gérer cette émotion. J’avoue ressentir un malaise avec le fait de le mettre sous la douche et j’ai cru comprendre que vous n’êtes pas tellement à l’aise non plus. Vous avez fait ce que vous pensiez devoir faire à ce moment-là pour faire face à cette situation! ;)

Il n’est pas nécessaire, ni éducatif à mon avis, de le forcer à revenir à lui pour lui expliquer que vous n’aimez pas ça quand il fait ça. C’est son choix de faire une crise alors je vous encourage à vous détacher de SON choix. Qui est le plus mal entre vous deux, lui ou vous ? C’est lui qui se prive de temps pour jouer ! « Ouf, je vois que tu es très fâché. Tu aurais aimé que je te dise oui pour ..... je comprends que tu sois déçu. Tu as le droit d’être fâché. Tu viendras nous voir quand tu seras calme. » Et hop ! Vous partez faire autre chose même s’il crie à plein poumon ! hihihi Il m’est difficile de vraiment bien vous expliquer comment ignorer une crise, avec toutes les nuances, en quelques lignes. Le coach familial peut vous être d’une aide très précieuse pour vous supporter dans votre intervention lors d’une crise. Une fois que vous aurez réussi à passer à travers la crise jusqu’au retour au calme, vous serez plus confiante pour les fois suivantes.

La patience s’acquiert avec le temps et la pratique. :) Lorsqu’il vous dit « plus vite », n’allez pas plus vite. Lorsqu’il crie pour obtenir quelque chose, dites-lui clairement qu’il doit arrêter de crier et se calmer. Pour l’aider à se situer dans le temps, vous pouvez utiliser une horloge ou une minuterie. « Dans 1 minute, je vais te le donner si tu es calme ». Il y arrive? Félicitez-le pour sa patience. Vous pourrez ainsi augmenter le temps d’attente graduellement afin que le défi ne soit pas trop grand pour lui. En vivant des réussites « Maman est contente de moi parce que j’été capable d’attendre » il aura envie d’en vivre davantage. Pour tout ce qui est salle d’attente, longue distance en voiture, prévoyez des petits jeux pour l’occuper car ce sont des défis un peu trop grands pour lui.

Pour sa réaction lors des visites chez de la famille, tel que dans votre exemple, je n’ai que très peu d’information. La question qui me vient en tête est qu’est-ce qui vous fait croire qu’il tente de faire « pitié » ? Peut-il y avoir d’autres raisons ? Son comportement exprime peut-être un inconfort causé par la timidité devant un nouveau groupe d’enfants, ou s’ils sont plus vieux que lui, ou si dans le passé il y a eu un petit incident qui le rend maintenant réticent à aller jouer tout de suite avec les autres. Les bras de grand-maman sont sûrement très rassurants pour lui si la situation l’intimide.

Je comprends toutefois votre désir de lui apprendre à ne pas avoir peur d’aller vers les autres. Le forcer pourrait cependant accentuer son comportement, tout comme s’il est trop rassuré. « Je te vois dans les bras de grand-maman au lieu d’aller jouer avec les autres. Es-tu un p’tit peu gêné ? Ça arrive parfois quand on arrive quelque part et que ça bouge beaucoup. C’est impressionnant ! Prend le temps de les observer et tu iras les rejoindre quand tu seras prêt. » Il faut cependant éviter le « Pauvre p’tit loup tu as peur d’aller jouer avec les autres. Je te comprends. Viens on va se coller tous les deux. » Il faut trouver l’équilibre. Ne pas le forcer mais l’accompagner, l’épauler dans cette étape qui semble être un défi pour lui. Il serait pertinent d’observer quand il agit ainsi. Est-ce à chaque fois ? Est-ce dans un environnement physique qu’il connaît ? Il y a combien d’adultes et d’enfants présents ? Les connaît-il tous ? Sont-ils plus vieux et/ou plus grands que lui ? L’idée n’est pas qu’il n’apprenne jamais à aller vers les autres mais plus de lui permettre d’y aller à son rythme. C’est quand même lui qui se prive de participer à des activités amusantes ! Et c’est encore une fois SON choix.  Vous pouvez lui offrir votre aide et soutien. Peut-être qu’un enfant du groupe pourrait doucement venir le voir pour l’inviter à jouer avec eux.

Tel qu’indiqué au début de ma réponse, il m’est difficile de tout approfondir mais je vous propose quelques références supplémentaires qui pourront à mon avis vous être utiles.

 

J’espère que cette réponse vous apportera certains outils qui vous aideront dans votre démarche.

Hélène Fagnan
Coach familial
Fondatrice de Nanny secours
www.nannysecours.com

 

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