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Bébé gâté... Vraiment?

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Croyez-le ou non, ma petite n’avait que quelques semaines la première fois qu’on m’a dit que je la gâtais en la prenant dans mes bras lorsqu’elle pleurait. Bouleversée, je me suis mise à m’interroger: peut-on gâter un
nouveau-né en lui
donnant trop d’amour
et d’attention?

«Comment peut-on donner trop d'attention à
un nouveau-né? Comment peut-on donner trop d'affection, de tendresse ou d'amour à un petit être qui était, peu de temps avant, bien au chaud dans le ventre de sa maman ? », s’indigne Émilie, maman d’Abigaël, 20 mois. Et sa pensée résume bien celle de la plupart des nouvelles mamans interrogées pour la rédaction de cet article.

La majorité d’entre elles ont essuyé les critiques de leur entourage: aux yeux de certains, l’attention qu’elles donnaient à leur rejeton était trop soutenue. Et si on ne leur disait pas qu’elles «gâtaient» leur nouveau-né, on les mettait en garde contre le danger de se laisser manipuler par lui.

«Je suis catégorique là-dessus: jusqu’à l’âge de six mois, on ne peut pas gâter un bébé. C’est important de comprendre qu’un nouveau-né est un fœtus qui n’a pas fini de se développer. On ne peut pas lui inculquer une discipline ou des habitudes, c’est comme essayer d’apprendre à un bébé de six mois à marcher ou de rendre propre un enfant d’un an. Le cerveau du poupon n’est tout simplement pas prêt pour assimiler ce type d’information», souligne Marie Bérubé, psychologue spécialisée dans le développement de l’enfant, auteure et conférencière.

Distinguer les besoins des caprices

Les premiers mois de sa vie, bébé exprime ses besoins primaires (nourriture, confort, sommeil, sécurité) par des pleurs, qui demeurent son seul et unique moyen d’expression. Le poupon ne pleure donc jamais pour rien et il est loin de faire des caprices lorsque ses lamentations se prolongent. «L’implication parentale suppose de répondre adéquatement aux besoins de bébé; le gâter suggère plutôt d’y répondre inadéquatement», tient à nuancer le célèbre pédiatre américain Dr William Sears, sur son site web.

«On confond besoins et caprices. On ne gâte pas sa progéniture en l’aimant. Au contraire, l’amour est essentiel au bon développement des habiletés sociales d’un enfant, pour qu’il acquière un sentiment de sécurité et de confiance à l’égard des adultes», rajoute la psychologue. En effet, un enfant confiant, c’est un enfant autonome, qui n’aura pas de difficulté à s’intégrer à la garderie ou à l’école plus tard, qui n’hésitera pas à aller vers les gens et qui fera confiance aux adultes en général.

Et la discipline dans tout ça?

Dès l’âge de six mois, la première discipline qu’on peut inculquer à son poupon, c’est une bonne routine de base, incluant les heures de repas, de siestes, de bain et de dodo pour la nuit. Un des seuls dangers qui nous guettent à cette période, c’est de prendre de mauvaises habitudes avec son bébé, qui peuvent rapidement se transformer en un cercle vicieux pour le parent (prendre des heures pour l’endormir, par exemple). «J’ai donné à mes jumeaux une routine et une certaine discipline lorsqu’ils ont eu quatre mois. Comme je suis une mère de famille monoparentale, je ne pouvais pas me permettre que mes enfants fassent des caprices ou qu’ils prennent de mauvais plis. Et puis, pour moi, être parent, c’est amener ses enfants à devenir des adultes épanouis et autonomes; j’ai donc imposé des limites très tôt», explique pour sa part Sabrina, maman de Tristan et de Loïc, cinq ans.

«Dès l’âge de 18 mois, on peut établir des règles simples pour son poupon, comme des règles de sécurité, mais tenter d’exercer une autorité sur 
lui n’aura pas d’effet. C’est vers deux ans, lorsque l’enfant est rendu à l’étape de l’apprentissage de la propreté, qu’il est généralement prêt à être soumis à une discipline plus rigoureuse qui lui apprendra à vivre avec certaines frustrations», poursuit Marie Bérubé.

Exit la critique!

Qui sont ces personnes qui craignent tant qu’on gâte nos rejetons, finalement? «C’est mon père et mon beau-père qui émettaient le plus de réserves
à ce sujet. Je me disais: “Merde! Ils n’ont jamais changé de couche de toute leur vie, comment peuvent-ils faire autant de commentaires sur la façon dont je m’occupe de mes bébés?”» lance Kim, mère de Marine, six ans, et de Mélodie, trois ans et demi. «Aujourd’hui, les parents sont plus instruits, plus ouverts à la psychologie et mieux informés... Et ils ont moins d’enfants, ils veulent donc réussir leur coup! Ils font les choses différemment de leurs parents. Cela remet en cause la façon dont les aînés ont éduqué leurs enfants. Cela les insécurise après coup, car ils réalisent qu’ils se sont moins cassé la tête dans le temps», avance la psychologue.

Au risque de se répéter, le meilleur conseil à suivre lorsqu’on se fait dire qu’on gâte son bébé, c’est d’encaisser le reproche sans broncher et de continuer à suivre son instinct de parent. Parce qu’on ne changera pas les gens qui nous entourent... Mais, nous aussi, on peut faire à notre tête!