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Ces enfants qui ne veulent pas aller à l'école

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Tout sur la rentrée

Bonjour Mme Potvin,
Ma petite fille de sept ans ne veut pas aller à l'école. Elle trouve cela difficile et dit qu'elle n'aime pas ça. C'est toujours l'enfer pour les devoirs et les leçons. Depuis qu'elle a commencé à aller à l'école, elle a du mal à s'adapter, car elle a de la difficulté à apprendre et à comprendre ce qu'on lui enseigne. L'enseignante me dit de ne pas m'inquiéter, mais je trouve que ça ne va pas du tout, et surtout que ça ne va pas en s'améliorant. SVP aidez-moi à y voir clair.
Mélina, Trois-Rivières


Le premier conseil que je vais vous donner, c'est d'écouter votre petite voix. Celle que trop de parents étouffent en croyant que seuls des spécialistes pourront vraiment savoir ce que veulent ou ce dont ont besoin leurs enfants. Les parents sont les premiers à pouvoir voir apparaître les signes avant-coureurs. Si votre fille ne veut pas aller à l'école, il y a une raison. Il est important que vous puissiez connaître la cause de ce refus, bien qu'il semble être associé à des difficultés scolaires. Souvent, les parents se demandent pourquoi leur enfant n'est pas motivé. Pour être motivé, il doit, tout comme l'adulte, avoir de l'intérêt, de la satisfaction et du plaisir à accomplir ce qu'il a à faire.

L'adulte, de son côté, se raisonnera même s'il n'aime pas son travail ou si sa situation ne le rend pas heureux. Il se dira qu'il a une hypothèque et des comptes à payer, et que ça pourrait être pire ailleurs.

L'enfant, lui, ne comprend pas. Mis à part le fait qu'il se résignera à aller à l'école ou à pratiquer un sport dans le but de faire plaisir à papa ou à maman, sachant qu'il n'a pas le choix, de son côté il exprimera son désaccord face à la situation.

Pour aimer l'école, l'enfant a besoin de ces éléments essentiels

- Une bonne hygiène de vie;
- des parents qui s'impliquent et l'encouragent dans son cheminement scolaire;
- des consignes et une routine bien établies afin qu'il ait des balises;
- une collaboration parent-enseignant constante;
- la possibilité de développer son autonomie;
- un(e) enseignant(e) qui saura aller chercher sa motivation et qui prendra en considération ses difficultés;
- les ressources nécessaires qui l'aideront à résorber ses difficultés scolaires (orthopédagogue).

La lecture, la base de tout

La lecture (compréhension) de texte est essentielle à une bonne assimilation des apprentissages. Si on comprend ce qu'on lit, on pourra étudier dans n'importe quel domaine. Le parent doit s'assurer que son enfant maîtrise bien la compréhension de texte. Dès que votre enfant sait lire, posez-lui des questions sur les petites histoires qu'il lit à la maison ou sur des articles que vous lui ferez lire lorsqu'il sera plus vieux.

Ils vieillissent, mais ils ont autant besoin de vous

Votre enfant aura toujours besoin de votre soutien et de vos encouragements dans son cheminement scolaire. Même s'il est amené à développer son autonomie, votre présence et votre intérêt face à ce qu'il fait demeurent indispensables, et surtout, irremplaçables.

La prévention, la meilleure solution

Si votre enfant semble avoir des difficultés, il ne faut surtout pas attendre en pensant que ça va se résorber. Même si votre fille n'est qu'en première ou en deuxième année, elle aura plus de chance de s'en sortir rapidement si on lui offre des ressources (orthopédagogue, tuteurs, psychologue, etc.). Aucun enfant n'est irrécupérable, à mon avis. Cependant, plus vous attendez, plus le travail sera de longue haleine et plus les obstacles seront difficiles à surmonter.

Malheureusement, les écoles ne peuvent pas offrir de mesures préventives concrètes, car il y a un grand manque de ressources. Lorsqu'un élève peut se prévaloir d'un service d'orthopédagogie à l'école, c'est qu'il en a grandement besoin et qu'il éprouve des difficultés depuis un bon moment. Souvent, le suivi n'est plus suffisant à cause des trop grandes difficultés de l'élève.

* Si l'enfant n'éprouve pas d'attachement, n'est pas autonome, ne se sent pas en sécurité et n'a aucune estime de lui-même, son intelligence et sa capacité d'apprendre seront plus ou moins efficaces.

Si l'enfant aime et apprécie ce qu'il fait ou ce qu'il apprend, il aura plus de facilité à assimiler ses apprentissages. Bien sûr, il y a des élèves pour lesquels la tâche sera plus ardue. Ils devront persévérer et s'accrocher à leurs victoires, aussi petites soient-elles. D'où l'importance de souligner «tous» les efforts et les réussites réalisés par nos enfants.

Lecture suggérée:

J'ai mal à l'école - Troubles affectifs et difficultés scolaires, Marie-Claude Béliveau, Les Éditions du CHU Sainte-Justine.