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L'école à la maison

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Question:
 
Bonjour, 
 
J’aimerais avoir votre avis.
Mon garçon de 5 ans devrait entrer à la maternelle en septembre, et déjà je me questionne sur les différentes options qui nous sont offertes.
Olivier a été évalué récemment en psychologie et il a été identifié comme étant un élève doué. Nous savions qu’il était en avance au niveau de son développement et nous avons voulu vérifier.
 
Or, notre crainte est qu’il s’ennuie à l’école. J’ai beaucoup lu au sujet de la douance et j’ai appris que si c’est le cas, il risque de ne pas aimer l’école et à la limite, de devenir décrocheur (30% des élèves doués le deviennent, selon mes recherches). Je sais qu’il est tôt pour envisager cela, mais comme je suis à temps plein à la maison, je m’interroge sur la possibilité de lui faire l’école à la maison.
 
Merci de me dire ce que vous en pensez.
 
Véronique M.
 
Réponse:
 
Bonjour Véronique,
 
Bien sûr, je peux vous donner mon avis, et avec plaisir, car je rencontre dans ma pratique plus en plus de familles qui ont fait le choix d’éduquer leur enfant à la maison.
 
Le plus surprenant, peut-être, c’est qu’il ne s’agit pas de familles embrigadées dans des sectes ou des communautés fermées, comme on pourrait le croire.
 
Je rencontre des familles qui voyagent, des familles qui comptent au moins un enfant avec un trouble d’apprentissage ou un déficit de l’attention, une allergie sévère, des parents d’enfants doués, aussi, qui justement, veulent nourrir pédagogiquement leur enfant à la hauteur de ses capacités.
 
Certains parents le font pour s’impliquer au maximum auprès de leurs enfants, en respectant ses intérêts, ses goûts et son rythme d’apprentissage.
 
La plupart sont très scolarisés et procurent à leur enfant un enseignement de grande qualité.
 
Bref, de plus en plus de familles québécoises font ce choix qui représente maintenant une véritable option. Actuellement, il y aurait plus de 3000 enfants scolarisés à la maison au Québec!  
 
Certaines conditions s’appliquent!
 
D’abord, sachez qu’éduquer son ou ses enfants à domicile est légal.

La loi donne entièrement le droit de dispense au parent qui ne désire pas déléguer son autorité parentale en matière d’éducation. Une commission scolaire ne peut refuser votre choix parental d’éduquer votre enfant à domicile. Le code civil du Québec stipule que les parents ont le droit et le devoir de procurer une éducation à leur enfant.  Du côté de la loi sur l’instruction publique, il est précisé à l’article 15 (40): …qu'est dispensé de l'obligation de fréquenter une école, l'enfant qui reçoit à la maison un enseignement et y vit une expérience éducative qui, d'après une évaluation faite par la commission scolaire ou à sa demande, sont équivalents à ce qui est dispensé ou vécu à l'école".
 
Dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, à l’article 26.3, il est cité : « Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants.»
 
La disponibilité
 
Il s’agit d’un choix exigeant, qui implique souvent de renoncer à un des deux salaires, et qui demande une grande disponibilité d’un des deux parents, ou des deux, à temps plein ou partiel. Certaines familles sont très créatives à ce sujet.
 
Un investissement
 
Si enseigner peut paraître très simple à la plupart des gens, il s’agit pourtant d’une action d’une grande portée, et il y a des façons de faire plus gagnantes que d’autres, vous vous en doutez! 

Ces familles investissent non seulement leur temps, mais aussi beaucoup d’énergie à parfaire leurs connaissances, à consulter et à échanger entre eux, afin de mener à bien ce projet.
Je vous suggère cet organisme, en particulier. 
 
Sa mission est justement de supporter les familles qui font ce choix.
 
L’évaluation des apprentissages
 
La commission scolaire a la responsabilité de procéder à l’évaluation de l’expérience éducative vécue par les enfants éduqués à domicile. Néanmoins, elle peut déléguer cette responsabilité à la direction de l’école de quartier. Selon les Orientations ministérielles, l’évaluation devrait être faite par un membre du personnel enseignant du même ordre d’enseignement que l’enfant évalué. En outre, l’évaluation devrait se réaliser à l’aide de moyens diversifiés, souples et adaptés au contexte de la scolarisation à la maison (entrevues, portfolios, épreuves, etc.) en tentant toujours de rendre l’exercice le moins intimidant possible pour l’enfant.
 
Un parent qui ne souhaite pas soumettre son enfant à des examens pourrait remettre à la fin de l’année un portfolio témoignant du travail effectué par l’enfant. Le portfolio est un excellent outil d’évaluation puisqu’il offre un aperçu du progrès et de la démarche de l’enfant. Il est également possible de faire évaluer l'enfant par une tierce personne dont le rapport est transmis à la commission scolaire.
 
La socialisation
 
Une des remarques que j’entends le plus souvent au sujet de la scolarisation à la maison est en lien avec la crainte que ces enfants soient moins sociables que les autres. Or, les sorties sont nombreuses et les contacts avec d’autres enfants aussi dans la plupart des cas.
 
En terminant, voici une liste d’ouvrages qui pourront vous éclairer davantage et vous aider à opter pour le choix qui convient, à vous et à votre famille.
 
J’espère vous avoir apporté les informations dont vous aviez besoin.