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Les portables en classe favorisent la réussite scolaire

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L'usage d'ordinateurs portables au primaire et au secondaire favorise la réussite scolaire. C'est la conclusion à laquelle est parvenu le chercheur Thierry Karsenti après avoir effectué une recherche à la commission scolaire Eastern Townships, où chaque élève de la troisième année à la cinquième secondaire a son ordinateur, et ce, depuis huit ans.

«On peut penser que l'implantation des portables en classe est un facteur de premier plan qui expliquerait pourquoi la Commission scolaire est passée du 66e au 23e rang provincial et pourquoi le taux de décrochage est passé de 39,4 % en 2004-2005 à 22,7 % en 2008-2009», signale M. Karsenti (chiffres tirés des derniers résultats publics du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport).

Le professeur de la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information (TIC) en éducation. Mais il serait le dernier à accorder un pouvoir magique aux TIC. Plusieurs conditions, souligne-t-il, doivent être remplies si l'on veut que ces portables en classe aient une influence positive.

L'enquête qu'il a réalisée avec son ancien étudiant Simon Collin a permis d'obtenir des données relatives à 2432 élèves, 272 enseignants, 14 intervenants et 3 directions d'école entre avril 2010 et janvier 2011.

M. Karsenti a noté que l'utilisation des ordinateurs à des fins pédagogiques éveillait l'attention, renforçait la motivation et facilitait le développement de l'autonomie chez l'élève, qu'elle permettait un apprentissage davantage individualisé et, naturellement, qu'elle assurait l'acquisition de compétences en informatique.

«Nous assistons à un décloisonnement de l'école vers la société. Les élèves affichent leurs travaux, en lisent d'autres. Ils ont des projets avec des jeunes de la Corée du Sud, du Paraguay, bref, je me dis que c'est presque injuste pour les autres enfants», lance le professeur, qui a rendu publics les résultats de l'enquête le 9 février dernier, au cours d'une conférence de presse commune avec la direction de la commission scolaire.

Mais les élèves apprennent-ils tout de même à manier le bon vieux crayon à mine? Oui, car ce n'est qu'en troisième année qu'ils obtiennent un ordinateur.

Pour ce qui est de l'écriture, mentionne M. Karsenti, les enfants, qui d'habitude n'aiment pas écrire, ont développé un gout pour la rédaction, l'édition de leurs textes, l'insertion d'images, etc. «Ils écrivent plus que la moyenne des autres enfants», fait-il observer.

«Maturité technoéducative»

L'équipe de M. Karsenti a aussi remarqué que les élèves sont les premiers à déplorer un usage ludique de l'ordinateur pendant les heures d'enseignement.

«Cette maturité technoéducative est sans doute associée à la fréquence d'emploi des TIC en contexte scolaire», conclut l'équipe de chercheurs, qui a entrepris cette enquête à la demande même de la Commission scolaire.

«C'est clairement ressorti dans les entrevues avec les enfants. Pour eux, le temps passé à l'école devrait être consacré à l'apprentissage.»

Cela dit, il est incontestable que la présence de l'ordinateur sur le bureau modifie la relation entre l'enseignant et l'élève. D'abord, l'enseignant est susceptible d'être contesté, car les élèves, surtout au secondaire, peuvent immédiatement vérifier sur Wikipédia, par exemple, si l'information transmise est exacte. Ensuite, et même si les élèves ont déclaré qu'ils n'approuvaient pas le jeu pendant les heures de classe, il est certain que l'enseignant qui ne les intéresse pas les perdra au profit de Facebook, MSN ou d'autres sites plus amusants que les propos qu'il tient.

Mais en dépit de ce défi de taille, les enseignants de la commission scolaire Eastern Townships approuvent à une écrasante majorité l'usage des ordinateurs portables. C'est qu'ils sont en mesure de constater les progrès accomplis.

La Commission scolaire n'est pas la première à recourir à l'ordinateur portable, mais les projets passés ont souvent été lancés dans des milieux aisés, ce qui n'est pas le cas de celui-ci.

L'autre défi important touche aux problèmes techniques. Quand un ordinateur est défectueux, c'est embêtant, beaucoup plus que lorsque la mine du crayon est cassée.