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Qui a peur des vrais cours d’éducation sexuelle à l’école ?

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En 2011, je vous partageais mon avis sur l’absence de cours d’éducation sexuelle dans nos écoles.
 
4 ans plus tard, on parle d’un projet-pilote, qui sera présent dans une quinzaine d’établissements cette année.
 
Un progrès?
 
Je ne connais pas le dossier à fond. Mais, en tant que mère, de citoyenne, je me questionne.
 
En quoi ce projet diffère-t-il de la recommandation de la réforme que je trouvais déjà « boiteuse » à l’époque?
 
Toujours pas de sexologues pour donner des informations dans une case horaire (à la semaine, au mois, à raison de quelques fois par année) sur la sexualité à nos jeunes.
 
Aucun membre de l’Ordre professionnel des sexologues du Québec n’a été consulté par le ministère de l’Éducation dans l’élaboration du programme.
 
Aucun sexologue n’a été embauché pour donner ces cours non plus, évidemment…
 
Voulez-vous bien me dire ce qu’on a au Québec, contre le fait de confier le mandat d’informer nos jeunes sur la sexualité à ceux qui sont formés pour en parler et intervenir?
 
Si on nous disait demain que les mathématiques, la géographie, la science allaient être enseignées par des boulangers, des informaticiens et des psychiatres, ça ruerait dans les brancards!
 
(Et je n’ai rien contre les boulangers et compagnie! Et oui, je sais que nos enseignants ont tout de même une formation en enseignement.  Mais j’ose croire que vous comprenez ce que je veux dire?)
 
J’en ai glissé un mot à Sophie Brousseau, notre sexologue Yoopa.  Certains diront qu’elle prêche pour sa paroisse, mais je ne crois pas qu’elle manque de boulot. Je pense qu’elle a à cœur le bien-être de nos jeunes, de notre société.
 
Voici des extraits de notre échange :
 
« Oui, les écoles invitent des sexologues de temps en temps, mais  ce n'est pas une conférence ici et là qui permet aux jeunes d'être éclairés sur la sexualité. Nous sommes plusieurs sexologues à cogner aux portes des écoles, sans succès… »
 
« D’accord,  ils ne veulent pas de nous, mais peut-être pourrions-nous être une ressource au sein d'une commission scolaire, en soutien aux enseignants. Les jeunes ne veulent pas demander des questions intimes à leurs profs de math. »
 
« Le simple fait de me présenter n'importe où comme sexologue invite systématiquement les gens à poser leurs questions. Ils se sentent rapidement en confiance, car ils savent que je ne les jugerai pas et que c'est mon travail. »
 
« Je suis fâchée de constater que l'on débute un projet pilote en renvoyant la balle aux enseignants... ils en ont déjà pas mal à supporter sur leurs épaules tandis que nous, nous pourrions être là que pour l'éducation sexuelle, en soutien au personnel des écoles. Pourquoi avoir si peur de nous? »
 
J’aimerais bien que les idéateurs de ce projet nous expliquent le fond de leur pensée. Un souci d’économie? Je ne pense pas qu’à long terme, vous économisiez beaucoup…
 
Les réformes, les projets-pilotes, ça me fait souvent penser à des rénovations mal faites… Si je veux refaire ma cuisine, je vais faire appel à des pros, réfléchir, calculer, prendre le temps qu’il faut, utiliser de bons matériaux. Parce que si je fais ça à la va-comme-je-te-pousse, je risque d’avoir une pièce très peu pratique, peu solide… inutile.
 
 
Comme catholiques, vous êtes en théorie créationnistes. Allez-vous empêcher l’école de parler de Darwin aussi?
 
Et des questions à votre vice-présidente : Madame, quand vous dites ici : «L’éducation sexuelle de l’époque incitait les jeunes à l’émancipation sexuelle. Comme s’il était normal et banal qu’un enfant soit actif sexuellement, alors que l’on sait que ce n’est pas une bonne chose quand on est jeune; ça déséquilibre toute notre vie »:
 
Où sont les preuves que les cours « de l’époque » incitaient les jeunes à être actifs sexuellement et qui est le « on » qui sait que ça déséquilibre toute une vie? Comme la plupart de mes amis du secondaire ont eu leurs premières relations sexuelles entre 12 et 17 ans, sommes-nous toute une génération de déséquilibrés? Quel âge avaient les jeunes filles qui se devaient d’être soumises à leur mari, dans le temps où le curé les exhortait à ne surtout pas « empêcher la famille? »
 
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