Hélène Fagnan Coach familial

La phase anale

La phase anale
Libellés : Vie de famille Publié le 07-12-2012 à 09:00

Question :

Bonjour,

Depuis quelques semaines, ma fille de 22 mois joue avec son caca et ça devient l'enfer dès qu'on a le dos tourné ou lors de sa sieste car elle en étend partout autour d’elle (lit, mur, jouet).

Elle fait ça régulièrement, une fois par jour. J'ai beau la mettre en punition ou de lui confisquer sa poupée qu’elle adore. Ça ne change rien. Elle semble avoir du plaisir à faire cela.

Au début, je croyais que c'était un signe qu'elle était prête à être propre, mais elle ne veut pas aller sur le pot même avec un système de récompense. Je ne veux pas la forcer non plus si elle n'est pas prête, mais je veux que cela arrête. Je suis en manque d'idées et je suis fatiguée de ramasser ce gâchis chaque fois. J'espère vraiment que vous pourrez m'aider.

Merci à l'avance

Jessika

 

Réponse :

Bonjour  Jessika,

Pour vous répondre, j’ai demandé la collaboration de Nancy Doyon, coach familial, conférencière et auteur du bestseller « Parent gros bon sens » que je vous recommande par le fait même. Un livre très utile pour tous les parents.

 

Bonjour Jessika,

Quelle situation désagréable que la vôtre! Et, bien malheureusement, vous n’êtes pas la seule… Sigmund Freud n’appelait pas cette période la « phase anale » pour rien. Dans votre situation, plusieurs éléments peuvent expliquer les comportements de votre fille.

Premièrement, le plaisir! En effet, les tout-petits découvrent, vers cette période, le plaisir physique et émotionnel relié à la rétention et l’expulsion des selles. L’élimination et le fait de refermer son sphincter peuvent procurer à l’enfant des sensations agréables dans son corps alors que le fait d’avoir le contrôle sur le moment de l’expulsion peut lui procurer un sentiment de puissance et de contrôle. Les petits de cet âge A-DO-RENT décider et contrôler avez-vous remarqué?

D’autre part, votre fille, n’ayant pas encore associé de sentiment de dégoût envers les matières fécales, vient tout juste de découvrir un merveilleux jouet! Non seulement elle peut le produire elle-même, mais en plus elle peut en apprécier la texture et « l’effet couvrant », comme de la peinture ou de la pâte à modeler. Quelle trouvaille!

Finalement, je dois vous rappeler que les enfants de deux ans, en plein « terrible two», viennent tout juste de découvrir qu’ils ont le pouvoir de décider (dire non, entre autres) et de s’opposer à leurs parents. Ils ont toutefois bien du mal à comprendre les moments et situations où ils peuvent contrôler et ceux où ce sera l’adulte qui aura le pouvoir. Ils expérimentent donc différents moyens de faire l’inverse de ce que les adultes disent, puis observent le résultat. S’ils ressentent du plaisir, gagnent ou obtiennent des gains secondaires (de l’attention par exemple, ou des réactions amusantes de l’adulte), ils recommenceront. Dans certains cas, le simple fait de contrôler la situation procure une satisfaction suffisante pour que l’enfant reproduise une action, aussi désagréable soi-elle.

Que faire?

1. Réagissez moins! Puisque votre fille cherche possiblement à s’opposer et vous faire réagir, une attitude stoïque de votre part devrait diminuer substantiellement son plaisir. Agissez en « parent-robot.» Avec très peu d’émotion et le moins de mots possibles, demandez-lui de se changer et de ramasser son dégât. Tout au long des opérations vous resterez silencieuse ou encore vous parlerez à quelqu’un d’autre de la famille. Faite comme si son opposition n’avait aucune emprise sur vous. La conséquence sera simplement de ramasser sans obtenir d’attention de votre part. Idéalement, vous attendrez qu’elle ne vous voie pas avant de repasser derrière elle pour nettoyer à fond. Ainsi, elle n’aura pas le plaisir de sentir qu’elle contrôle vos actions.

2. Restez à l’affut et, mine de rien, changez-la rapidement quand elle a fait une selle de façon à limiter ses possibilités de s’amuser.

3. Ne lui parlez plus de ses selles ou des ses comportements indésirables et, effectivement, ne la forcez pas à aller sur le pot car plus vous la pousserez, plus elle s’opposera. Toutefois dites-lui que si elle CHOISI d’y aller, vous lui raconterez une histoire ou lui donnerez un collant. L’idée générale est qu’elle associe la notion de plaisir au fait d’aller sur le pot et le vide au fait de ne pas le faire. Elle ne doit plus avoir de plaisir en s’opposant, mais plutôt en collaborant avec l’adulte.

4. Prenez des photos! Cette phase passera, comme toutes les autres. Mais quelques photos vous permettront peut-être de vous venger quand elle aura son premier amoureux! Hi! Hi!

Nancy Doyon
Coach familial
Auteur, conférencière et fondatrice de SOS Nancy
Membre du Réseau Nanny secours

 

Voici quelques références pertinentes :

 

Hélène Fagnan
Coach familial
Fondatrice de Nanny secours
www.nannysecours.com

Laissez un commentaire

Photo de Hélène Fagnan

Hélène Fagnan

Coach familial

Voir tous les billets >>

L'infolettre

Les incontournables

Sondage

Qu’avez-vous en tête pour les prochaines vacances estivales?
Voir tous les sondages >>