Il n’y a pas si longtemps, la ménagère devait allumer et entretenir le feu de la cheminée, passer le balai dans son logement, laver son linge dans une lessiveuse sur le feu du poêle à bois et cuisiner sans aucun appareil pouvant soulager son travail. Les femmes avaient peu de loisirs une fois les tâches domestiques achevées. Quant aux femmes des familles aisées, elles s'offraient les services d'aides domestiques: cuisinières, bonnes, jardiniers et nurses. Durant la première moitié du 19e siècle, le travail domestique représentait d’ailleurs la principale source d'emploi pour les femmes[1].
| C'est notre histoire! |
L’aspirateur, le frigidaire et la machine à laver sont inventés au tournant des 19e et 20e siècles, remettant d’emblée en question l’utilisation de personnel de maison par la bourgeoisie et rendant plus aisé l’accès des femmes au marché du travail. Cependant, leur utilisation reste encore marginale, puisqu’elle demeure réservée aux foyers des nantis. Dès la fin du 19e siècle on constate une rationalisation des travaux ménagers, influencée par le taylorisme[2].
Au Québec les réseaux d’électricité urbaine, d’eau courante et d’égouts apparaissent au début du 19e siècle et s’intensifient rapidement pendant l’entre-deux-guerres correspondant avec l’évolution de l’équipement électroménager. Toutefois, jusqu’au krach boursier de Wall Street en 1929, le pouvoir d’achat n’est pas homogène dans tout le pays et diffère fortement selon le lieu et la population considérée. Ainsi, l’équipement électroménager s’installe progressivement dans les foyers des classes moyennes et supérieures, et s’accélère durant l’entre-deux-guerres, ce qui permet l’accès aux familles des classes moyennes.
Au début du 20e siècle, la femme vit dans deux sphères distinctes: la sphère privée du travail domestique et la sphère publique de l’accès à l’emploi. Dès le départ, les publicités font le lien entre la diminution du travail domestique et l’augmentation de l’accès à la sphère publique pour les femmes. On dit que la femme peut s’affranchir des travaux domestiques et s’émanciper sur le marché du travail[3].
Toutefois, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les idéologies conservatrices s’opposent avec succès à l’accès des femmes au marché du travail. Au Québec, sous Duplessis, on assiste à un credo moral et religieux traditionnel qui maintient la femme dans un rôle moral, de gardienne des valeurs catholiques.
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[1] À Montréal en 1825, 56 % de la main-d'oeuvre féminine était composée de domestiques.
[2] Organisation rationnelle du travail qui est divisé en tâches élémentaires, simples et répétitives, confiées à des travailleurs spécialisés.
[3] Histoire sociale et culturelle des technologies : l’électroménager et le quotidien des femmes au 20e siècle : débat de société et réalités, par Nicolas Veuve, Claudio Honegger et Alex Allain, EPFL 2007- 2008




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Annie-Pierre 18 Aout, 2010
à 13:39
Je trouve que cet article souffre de révisionnisme. Bien sûr qu’aucun appareil n’existait pour soulager le travail de la ménagère, mais elle vivait souvent avec sa belle-mère qui l’aidait dans ses tâches ou encore avec une vieille fille de la famille. Le lavage n’était fait que quelques fois par années. En général, les vêtements étaient simplement aérés et les gens les portaient bien plus qu’une seule fois avant de les suspendre !!! Pour ce qui est de la nourriture, les mêmes repas revenaient souvent : patates et viandes, pain et confiture… Rien à voir avec les assaisonnements que nous mettons désormais dans nos plats ! Ensuite, toutes les filles de la maison participaient aux tâches domestiques et tous les garçons aux tâches extérieures. Il est faut de faire semblant que nous en faisons beaucoup moins qu’avant. Au contraire, les normes de propreté domestique et d’hygiène ont toutes terriblement augmenté, ce qui nous oblige à en faire autant aujourd’hui, mais sans tout un réseau d’entraide autour de nous. Je ne sais pas si nous avons perdu ou gagner au change…