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Être parent et en couple

Libellés : Pour tous, Vie de famille Publié le 01-11-2011 à 05:00

L’arrivée d’un enfant constitue une véritable révolution pour le couple. L’enfant est à la fois le fruit de l’amour et l’une des principales sources de conflits conjugaux, conflits qui perdurent avant, pendant et après le divorce. Comment devenir parent sans y laisser son couple?

Amour contre autorité

Aimer ses enfants ne signifie pas tout leur donner, sinon on en fait des enfants-rois égocentriques. Exercer de l’autorité ne veut pas dire être autoritaire et vouloir «casser» l’enfant, sinon on en fait un enfant soumis ou révolté. Aimer ses enfants, c’est les aider à sortir de leur nombrilisme pour qu’ils apprennent à tenir compte des autres et à vivre en société.

Pour les psychanalystes, la mère représente l’amour et le père, la loi. Aujourd’hui, avec une meilleure égalité des sexes et des parents, ces fonctions d’amour et de discipline peuvent être mieux partagées… mais jusqu’à un certain point.

Une maman porte son enfant dans et près de son corps alors que le papa le tient à bout de bras. La fonction maternelle est de protéger et de sécuriser son enfant tandis que la fonction du père est de projeter l’enfant dans la vie. Les jeux de la mère sont plus relationnels, les jeux du père sont plus «physiques».

Aimer son enfant, c’est certes en prendre soin, le câliner et le surveiller. Mais pour qu’un enfant s’autonomise, il doit faire face à des limites. Pour développer sa confiance en soi, l’enfant doit d’abord avoir confiance en les gens qui s’occupent de lui. D’où l’importance pour l’adulte, tant mère que père, d’être ferme dans ses décisions, au prix de réactions de colère de l’enfant. La colère est une façon de se centrer et d’intégrer la discipline.

Les parents – particulièrement les parents divorcés - qui achètent la paix avec leurs enfants en étant laxistes ne peuvent que stimuler le doute de l’enfant face à l’autorité qu’il n’apprendra jamais à respecter. On ne négocie pas avec un jeune enfant; on établit des règles – de préférence d’un commun accord entre les parents – et on les fait respecter. Sinon, l’enfant n’intégrera jamais les outils nécessaires pour faire face aux contraintes de l’école et de la société.

Les parents laxistes envoient le message suivant aux enfants: «Ton désir a préséance sur la réalité». L’enfant développe alors un sentiment de toute-puissance qui le pousse à rejeter toute règle contraignante et lui donne l’autorisation d’être violent lorsque ses désirs ne sont pas satisfaits. Les crises de colère de l’enfant qui finit par tout obtenir présagent ses comportements de révolte adolescente et d’inadaptation adulte (gangs de rue).

L’amour – loi

Aimer ses enfants, c’est faire preuve d’autorité. Les règles décidées par les parents d’un commun accord et les interdits imposés aux enfants sont comme le cadre dans lequel l’enfant peut agir en toute liberté. L’absence de cadre risque de créer de la confusion d’identité car elle ne permet pas à l’enfant de faire la différence entre lui et le reste du monde et d’établir des frontières claires entre son univers et celui de l’autre.

Les amants peuvent se séparer, mais pas les parents. Même divorcés, ils doivent s’entendre sur des règles communes, dont la principale est de ne jamais désavouer l’autre parent. Désavouer l’autre parent sape l’autorité du parent critique car l’enfant perd alors confiance en ses deux parents.

Ce qui entraîne de nombreux troubles du comportement (fugues, échecs scolaires…), lesquels seront accentués à l’adolescence (décrochage, drogues…). L’enfant de parents divorcés ne souffre pas de passer de l’un à l’autre à la condition de savoir que «ici, ça se passe comme ça, chez ton père (mère), c’est différent».

 

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  • Par

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