10-12 
ans

Mon idole!

Libellés : 10-12 ans, Vie de famille Publié le 22-01-2013 à 16:52

Il n’y a pas si longtemps, notre enfant aimait Arthur L’aventurier et Annie Brocoli. Puis hier il a découvert Marie-Mai et aujourd’hui il ne jure que par Justin Bieber. Demain, ce sera One Direction, Lady Gaga, LMFAO. Chaque fois, notre préado tapisse les murs de sa chambre de photos de son idole, imite son style et écoute sa musique en boucle jusqu’à nous rendre complètement fou...

Pendant la préadolescence et toute l’adolescence, les jeunes ne savent pas qui ils sont vraiment et qui ils deviendront. Difficile période, car ils sont instables, et ce, bien malgré eux. «Leur propre connaissance d’eux-mêmes change constamment. Au fond, ils s’inventent une personnalité le temps de trouver la leur. Pour y arriver, les jeunes cherchent d’abord à l’extérieur d’eux-mêmes, notamment chez les idoles du moment, des modèles à imiter et à qui emprunter certaines caractéristiques», explique Danie Beaulieu, docteure en psychologie, conférencière et auteure de plusieurs livres.

En fait, l’adolescent se cherche des repères pour se construire et devenir, un jour, un adulte unique. Dans cette recherche de soi qui passe par l’autre, et tout particulièrement par les vedettes, pointe aussi
 le désir de se dégager de l’influence, des normes et des valeurs des parents. «Les vedettes sont souvent pour les jeunes des modèles de liberté
et d’expression», note la psychologue Catherine Cloutier. Les adolescents essaient de trouver «ailleurs» des parcelles de la personne qu’ils voudraient devenir. Leur moyen de se trouver passe donc par l’emprunt, le temps d’une mode ou d’un numéro un au palmarès, de nouvelles valeurs qui les interpellent sur le moment.
 Ils essaient de se les approprier... ce qui n’est pas toujours facile, mais cela reste un jeu d’apprentissage par essais et erreurs. «Les ados essaient de s’imaginer comment ils seraient s’ils étaient comme untel», constate Catherine Cloutier.

Et si on en parlait?

Beaucoup de parents craignent que les
 idoles transmettent à leur enfant des valeurs «douteuses» ou éloignées des leurs, ou des traits de caractère peu reluisants. On n’est pas toujours d’accord avec l’intérêt soudain de notre ado pour une chanteuse aguicheuse ou les paroles d’une chanson trop suggestives ou violentes. Nos goûts sont rarement en accord avec les siens. Toutefois, c’est à nous de plier et d’accepter que notre enfant ait des idoles pour mieux le comprendre durant cette période un peu tourmentée qu’est l’adolescence.

Les héros sportifs, les vedettes de la télé et les stars de la musique sont peut-être une voie d’accès trop souvent oubliée pour percer le mystère de notre ado. En effet, par le choix de leurs idoles, les jeunes nous transmettent beaucoup d’informations sur leurs désirs, leurs craintes et leurs angoisses.

Bien sûr, cette recherche d’identité et la rupture avec le passé peuvent être inquiétants pour les parents. Mais ce «brassage» permet aux enfants de se trouver.

Le rôle du parent n’est pas de s’effacer, loin de là. Il doit s’intéresser aux idoles de son enfant pour maintenir le lien qui les unit. «Si notre enfant aime Lady Gaga et ses chansons, il se peut que cet engouement nous permette d’aborder certains sujets avec notre ado», indique la psychologue Catherine Cloutier.

Bien sûr, il ne faut pas juger ni ridiculiser leurs idoles, autrement les jeunes se braqueront et la communication sera coupée. Il est tout aussi inutile de faire un drame de la pâmoison de son jeune devant une vedette et de notre incompréhension du phénomène ou même de vouloir gérer ce que notre enfant écoute ou lui interdire un certain type de musique. Il s’agit pour les parents de trouver comment ils peuvent se servir de cet engouement pour aborder différents thèmes avec leur enfant ou expliquer leur malaise dans le respect.

Il est bon de se rappeler que chaque génération a ses idoles et que, à notre époque, on a aussi écorché les oreilles et les valeurs de nos parents avec nos élans de groupie. Pour partager avec notre enfant, on n’est pas obligé de se déhancher sur LMFAO ou d’adhérer à tout ce que le groupe représente, mais on peut utiliser l’engouement de notre ado pour entamer une discussion sur l’image que chacun projette, par exemple. Aussi, en s’intéressant aux goûts de son enfant, les parents restent donc aux aguets et prêts à réagir si tout à coup ses thèmes favoris deviennent sombres, violents ou infiniment tristes.

  • Yoopa Nuages
  • Par

    Nadine Descheneau

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