PUBLICITÉ

Famille recomposée: les secrets pour être heureux!

Familles d'aujourd'hui image article

La recomposition familiale est un défi surmontable. À l’aide de quelques règles de base, l’harmonie peut être au rendez-vous, et ce, même si les liens de sang n’y sont pas.

 

Comprendre la différence

La première chose à comprendre est la différence fondamentale entre famille recomposée et famille biologique. «Les liens ne sont pas ceux d’un amour inconditionnel qui surgissent spontanément à la naissance; ce sont plutôt des liens significatifs qui se créent au fil des ans, et non en quelques jours», explique Suzanne Vallières, psychologue et auteure. La clé du succès réside donc dans le temps.

La priorité doit toujours être les enfants. «Un conjoint, ça se change. La preuve, on a quitté le père de nos enfants, souligne Mme Vallières.

Malgré tout, on reste parent toute la vie.» La recomposition familiale est certes une belle aventure, mais ce n’est pas pour autant un conte de fées. Il faut avoir des attentes réalistes et comprendre dès le départ que notre choix de rebâtir une nouvelle famille n’est pas nécessairement celui de notre enfant.

 

Le nouveau membre de la famille

Présenter sa nouvelle flamme à son enfant est un moment charnière pour plusieurs parents. En effet, il faut être convaincu de la durabilité de cette nouvelle relation avant les présentations, car on risque d’exposer l’enfant à un nouveau deuil en cas de rupture.

«C’est aussi une question de sécurité: on ne laisse pas ses enfants à quelqu’un qu’on connaît depuis seulement quelques semaines», spécifie Mélanie Dugas, coach familial et conférencière. Il faut comprendre que ce ne sont pas tous les enfants qui vont instantanément accepter le nouveau venu.

«D’ailleurs, les enfants ne sont pas obligés d’aimer leur beau-parent, mais ils doivent au minimum le respecter», croit Mme Dugas.

De plus, il importe d’y aller graduellement. «Dans l’année qui suit une rupture familiale, on n’introduit pas un nouveau conjoint dans le quotidien des enfants, c’est trop tôt», explique Suzanne Vallières.

On peut ainsi commencer par annoncer aux enfants que l’on fréquente quelqu’un, puis leur présenter cette personne au moment où elle vient nous chercher, et, plus tard, l’inviter à coucher une nuit à la maison, etc. À chaque nouvelle étape, on demande aux enfants s’ils sont prêts à franchir le pas. «Toutefois, pour vivre sous le même toit, il faut attendre que les enfants aient accepté la séparation initiale et ça, ça prend du temps», souligne Mme Vallières.

 

La règle d’or: communiquer

La communication est la base du succès de la recomposition familiale. Avant d’emménager ensemble, les nouveaux conjoints doivent parler de leurs valeurs et des règles en vigueur dans la maison depuis la naissance des enfants. Le beau-parent doit s’adapter à l’horaire familial en place. Si les deux conjoints ont des enfants, on s’assure d’établir les mêmes règles pour tout le monde.

 « Pas question qu’il y ait deux poids, deux mesures», prévient Martine Dugas.

Il est important que chacun, adulte comme enfant, ait un espace personnel bien à lui, même s’il ne s’agit que de son lit. Le nouvel amour doit aussi accepter que l’on garde du temps seul avec ses propres enfants; ça permet de les rassurer sur la place qu’ils occupent dans la vie de leur parent.

 

«T’es pas ma mère!»

Le rôle de beau-père ou de belle-mère donne du fil à retordre à bien des adultes qui vivent en famille recomposée. Selon Suzanne Vallières, le truc infaillible est de garder en tête qu’on joue un rôle de «mononcle» ou de «matante» pour les enfants de notre nouveau conjoint. «On les gâte, on s’amuse avec eux, mais on ne s’occupe pas de leur éducation.» C’est au parent biologique de faire la discipline. «Si quelque chose dérange le nouveau conjoint, il doit en parler au parent biologique et seulement lorsque les enfants sont absents», précise Mme Vallières. Plus les enfants sont âgés, plus l’autorité revient au parent biologique.

L’idée est de construire une relation amicale avant d’y introduire l’autorité; il faut se créer des souvenirs communs et positifs. Par exemple, on n’hésite pas à feuilleter l’album photo de l’enfant pour qu’il nous raconte son histoire, on pose des questions sur ses passions, etc. Le beau-parent doit cependant respecter le rythme de l’enfant et ne pas forcer la naissance d’une relation.

Le conflit de loyauté est fréquent chez l’enfant qui vit en famille recomposée, car il peut se sentir coupable de tisser des liens avec le beau-parent. «Il conteste la place que vous prenez bien plus que l’individu que vous êtes», croit Suzanne Vallières. Il faut aussi rassurer l’enfant sur le fait que le nouveau conjoint de maman ne remplacera jamais papa. Sinon, il pourrait se sentir tiraillé entre son envie de connaître le nouveau conjoint et son refus de faire de la peine à papa. L’enfant a besoin de se faire dire qu’il a le droit d’avoir du plaisir en compagnie de son beau-parent, et ce, parce qu’il est naturellement loyal envers le parent biologique.

 

Des réactions négatives

L’enfant n’a pas choisi sa nouvelle famille et, par conséquent, certaines réactions négatives engendrées par ce contexte peuvent survenir. La situation est normalement plus facile avec les jeunes enfants. À l’âge scolaire ou à l’adolescence, l’enfant perd de nombreux repères. Il change parfois de rang dans la fratrie et peut être déstabilisé. Suzanne Vallières recommande de «lui laisser le droit de verbaliser ce qui le dérange, même si c’est pour vous dire qu’il déteste votre nouveau conjoint».

Comme plusieurs enfants vivent en garde partagée, ils ne restent dans la famille recomposée qu’à temps partiel. «Il ne faut pas assouplir la discipline lors de leur passage sous prétexte qu’on ne les voit pas tout le temps», recommande Mélanie Dugas. La conférencière suggère cependant de prévoir du temps privilégié pour chaque enfant et son parent biologique.

«Le nouveau conjoint devrait s’éclipser à l’occasion.»

 

Les ex

Courtoisie et gros bon sens sont essentiels entre l’ex et le nouveau conjoint. «Tant mieux si on développe de bons liens, mais rien ne nous oblige à devenir amis», souligne Mélanie Dugas. Si on assiste conjointement au récital de piano de Junior, les adultes devraient se saluer, voire s’asseoir à proximité si la chose leur est confortable. Mais ils ne devraient pas se forcer pour entretenir une conversation.

Le parent biologique devrait remercier la nouvelle blonde qui prend soin de ses enfants ou le beau-père qui dépanne pour faire le taxi. «Le beau-parent prendra de plus en plus de place dans la vie de l’enfant. Dans son intérêt, on essaye d’enterrer la hache de guerre», explique Mme Dugas.

 

Pour poursuivre la réflexion

La famille recomposée: Une famille composée sur un air différent, Éditions du CHU Sainte-Justine

 

 

Un modèle qui gagne en popularité

Le modèle familial des familles recomposées a suffisamment gagné en importance pour que, en 2011, Statistiques Canada les comptabilise officiellement dans son recensement, et ce, pour la première fois de son histoire. Au pays, on trouve plus de 460 000 familles recomposées, alors que le Québec en compte un peu plus de 132 000, soit plus de 10 % des familles de la province.