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Famille recomposée...«C'est qui sa maman?»

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Question

Bonjour,

Mon conjoint a une grande fille de 9 ans issue d'une union précédente et nous avons eu ensemble 2 enfants. Nos filles ont 3 ans et 9 mois. Ma belle-fille vient chez nous une fin de semaine sur deux. Notre fille de 3 ans commence à poser beaucoup de questions et la situation semble très abstraite pour elle, malgré le fait qu'elle essaie de comprendre.

"Maman, O. s'en va chez sa maman, c'est qui sa maman ?".

"C'est qui son papa ?"

"Toi tu n'es pas la maman de O. ?"

J'essaie de lui expliquer le plus simplement possible que son papa est le même que pour elle et sa petite soeur, mais qu'elle n'a pas la même maman. Je n'ai pas l'impression que mes réponses la satisfont parce que ses questions sont récurrentes et je ressens même de l'angoisse de sa part envers notre couple (alors que nous sommes parfaitement heureux).

"Papa et toi vous êtes ensemble pour toujours ? Moi je veux rester avec papa et toi tout le temps..."

Comment faire pour simplifier la situation et la rassurer ?

Merci !

Magali

 

Réponse

Bonjour,

Pour vous répondre, j’ai demandé la collaboration de Mélanie Dugas, coach familial et membre du Réseau Nanny secours.

Bonjour Magalie,

 Merci pour votre question!  Plusieurs parents sont dans la même situation que vous et se posent fort probablement des questions semblables.

Votre fille grandit et elle prend conscience du monde dans lequel elle vit.  Il est stimulant et riche en expériences, mais à 3 ans il n’est pas simple de tout comprendre. Il est donc normal qu’elle pose des questions. Plus les enfants vieillissent, plus s’interrogent. 

J’aurais envie de vous demander: Êtes-vous inquiète par le fait que votre petite cocotte vous pose ces questions?  Je doute un peu de la réponse puisque vous avez pris le temps de nous écrire (hihihi!).  Il est absolument normal que vous vous questionniez et que vous vous inquiétez.  Vous voulez ce qu’il y a de mieux pour elle.  Vous voulez la rassurez.  Vous remplissez votre rôle de parent!

La raison pour laquelle demande cela est la suivante : si votre fille sent que ça vous inquiète, elle risque de s’imprégner de votre énergie, de votre inquiétude.  Avant d’intervenir, il faut d’abord être convaincu! Il faut vous rassurer et reconnaître qu’il est normal de ne pas avoir toutes les réponses. 

Il se peut donc, que dans votre situation, l’une de vos tâches soit l’acceptation.  Accepter de ne lui donner LA bonne réponse.  Ceci étant dit, je vous suggère quand même quelques pistes. 

Lorsqu’elle vous pose des questions à ce sujet, tentez de reconnaître l’émotion qui se cache derrière ses propos et nommez-la : « Si tu me demandes ça, c’est que ça t’inquiète? »  Vous pouvez aussi lui retourner la question : «Penses-tu que papa et maman sont des amoureux? Tu en penses quoi? » Cette manière de procéder est l’une des premières étapes de la communication.  Tranquillement, votre fille apprendra à reconnaître les émotions qu’elle vit et elle pourra leur donner un nom.  Elle pourra aussi les identifier chez les autres.  Elle apprendra également à se rassurer elle-même plutôt que de chercher à l’extérieur d’elle.

Cette étape est un processus qui débute avec le parent, qui doit se faire rassurant.  Vous pourriez aussi lui dire : « Je sais que ça semble compliqué à comprendre mon amour.  Il y a papa, maman et la maman de O. C’est vrai que c’est mélangeant! Moi aussi je serais toute mélangée!   Tu vas voir, quand tu vas vieillir, ça va être beaucoup plus facile à comprendre. »  Ainsi, votre fille pourra se sentir comprise (vous confirmez que c’est compliqué) et aussi sécurisée (ça ne sera pas toujours compliqué à comprendre).

Il y a de ces moments ou de ces situations où nous avons l’impression que nos réponses ne suffisent pas.  C’est souvent ce qui arrive quand ce sont des notions plus abstraites.  C’est un peu le même phénomène qui arrive pour certains enfants qui vivent des inquiétudes vis-à-vis la mort.  C’est la peur de l’inconnu.  Que se passe-t-il après?

Je crois profondément que notre rôle de parent n’est pas d’empêcher nos enfants de vivre des situations désagréables ou des émotions dites plus négatives.  Je pense que notre rôle de parent est plutôt d’accompagner nos enfants, de supporter leurs émotions (même si ça nous fait vivre un malaise) et leur donner des outils pour traverser ces moments.  .

J’espère que ces pistes de réflexion vous seront utiles.  Vous pouvez également consulter la liste de livres sur le site de Nanny Secours qui abordent ces sujets. N’hésitez pas à faire appel à un coach familial.  Il pourra vous donner des outils plus concrets adaptés à votre réalité (en ayant plus d’information sur le type de personnalité de votre fille par exemple). 

 

Mélanie Dugas

coach familial et fondatrice de GranDire

www.grandire.com

Référence supplémentaire :

 

Hélène Fagnan

coach familial et fondatrice de Nanny secours

www.nannysecours.com