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Le stress de la visite (ou l’utopie de la maison Spic’n Span)

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Je ne vous ai pas encore raconté l’histoire – ça viendra un jour —, mais mon conjoint a quitté son pays pour vivre avec moi.

Sa famille habite donc loin, en Belgique plus précisément.

Vous devinerez que nous ne pouvons les voir souvent. (À quand au fait des promotions « grosses familles à l’étranger » chez les compagnies d’aviation?)

Lorsque des membres de ma belle famille viennent nous visiter, c’est donc pour plus qu’un week-end, évidemment. Et leur arrivée en sol québécois est toujours fixée bien à l’avance.

À chaque fois, je dis à mon chum « Faut être prêts en avance ce coup-ci! ».

À chaque fois, il me répond « Bien sur mon amour, ne t’en fais pas! »

À chaque fois, quand il quitte vers l’aéroport pour accueillir son monde, moi je suis en sueur à terminer le *&*()&%#* ménage, qui n’est jamais à mon goût quand je saute dans la douche à la dernière minute.

C’est toujours la tignasse mouillée que j’ouvre notre porte à la visite…

Il est clair que nous sommes mal organisés.  Même quand on prévoit, il nous arrive des pépins.
Comme cette semaine, un virus qui ressemble drôlement à ce méchant truc qui commence par un G et que je ne veux pas vous transmettre en l’écrivant. Ou des rendez-vous médicaux, des problèmes à l’école, du travail qui s’ajoute…

Mes beaux-parents arrivent lundi. Ou mardi. Mon chum (vous ai-je dit qu’il est lunatique?) n’est pas certain. Dans le fond, c’est peut-être demain? Allez savoir!

Ma maison n’est pas « juste un peu à l’envers ». Je me traine depuis 3 jours, le cœur au bord des lèvres. De plus, nous avions commencé à réorganiser des pièces et ce n’est pas terminé. Vous dire combien on est en retard : j’ai un beau bureau IKEA qui demeure dans ses boites depuis le mois de février…

« T’en fais pas ma chérie, on sera prêts »

Veux-tu rire de moi?

Dans nos rêves, ce serait possible. Dans nos rêves, je remplirais le tableau de tâches à ras bord et les enfants s’y mettraient en chantant.

Bon, sérieux. On n’y arrivera pas. Encore une fois, ce sera un peu (beaucoup?) tout croche en notre demeure. Faut être réalistes. Papa en overtime, maman à 50h/semaine, 4 enfants qui n’ont pas non plus les gênes de M. Net. (Au fait, en Belgique, il se nomme M. Propre.)

De plus perfectionnistes que moi seraient déjà à l’asile devant cette situation.

Bref! C’est en nous regardant aller que je me suis mise à réfléchir à la question « visite familiale et ménage ».

Fréquemment, je vois des amis se lancer dans le grand ménage en prévision de l’arrivée de leurs parents ou beaux-parents. Même ceux qui habitent dans des maisons parfaitement ordonnées et rutilantes.

Je connais une dame qui est même malade chaque fois qu’elle reçoit des gens à coucher. Et ce n’est pas une gastro à tous les coups (oups! Je l’ai dit!).

Pourquoi cette frénésie ménagère lorsque la famille arrive? J’en parlais tantôt avec notre rédactrice du magazine. Est-ce dans nos gênes? Sommes-nous programmés depuis des générations à frotter comme des malades quand nos parents se pointent?

Surtout, quand nos beaux parents se pointent, en fait…

En ce qui concerne ma mère, j’ai renoncé depuis ma naissance surement à lui faire croire que les fées ont déposé le talent ménager dans mon berceau. C’est toujours plate de ne pas l’accueillir dans un lieu « parfait », mais je n’assume pas si mal.

Mais en général, ce que je vois autour, ce sont de grands enfants qui veulent prouver qu’ils ne sont plus les ados bordéliques de jadis. Qui ne veulent pas se faire dire « On sait ben, toi, tu as toujours été… tu n’as jamais su… » Surement un truc freudien quelque part…

Mais la belle famille… C’est une coche de pression au dessus pour plusieurs d’entre nous, non? J’ose avancer qu’en général, c’est pire pour les filles… Malgré des décennies de féminisme, on sent encore que quand c’est le bordel dans la cabane, la faute incombe à madame. Mon chum vous dirait que non, mais il dit aussi que nous serons prêts, alors sa parole hein…

Que veut-on prouver à la belle famille? Que leur fils ou leur fille a bien choisi en nous prenant à ses côtés? Avons-nous peur de faire honte à chéri (e)? Et pour ceux qui, comme moi, « représentent » un pays en plus… Ouf!

Plus j’y songe, plus je rigole de cette pression inutile qu’on se met sur les épaules.

Mis à part pour des cas de totale insalubrité, la visite vient-elle chercher le motton de poussière ou passer du temps avec des gens aimés?

Qu’est-ce qui est préférable? Stresser avant et pendant leur séjour pour arriver à des standards de qualité fixés par on ne sait trop qui? Ou prendre le temps de respirer, de sourire, de discuter avec les gens aimés qui nous visitent?

Je vous laisse sur cette réflexion… J’ai du ménage à faire!

Faudrait aussi que je prévoie un menu… Car si je demande à mon chum… Laissez tomber… ;)

 

 

P.-S. Chers beaux-parents, nous avons hâte de vous voir et nous espérons que vous aurez un beau séjour parmi nous… désordre ou pas! Bon vol! (Et euh… Il faudra que votre fils vérifie votre date d’arrivée, alors rendez-vous sur Skype!)