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Une famille qui sort des sentiers battus

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Maintenant que nous sommes plus intimes, je vais aborder avec vous un sujet que je pense encore un peu tabou en vous parlant de ma famille.

Comme plusieurs d’entre vous, j’ai grandi avec une image assez classique de la famille. Un papa, une maman, des enfants. Longtemps, j’ai pensé que c’est ainsi que je construirais ma famille à moi. 

Mais ce n’est pas ainsi que cela s’est passé…

Je vais tenter de vous résumer mon histoire en occultant les regards effarés qui risquent de lire mes mots sur leurs écrans. Ces regards que je rencontre trrrrrès fréquemment lorsque je dessine l’organigramme de ma tribu.  Car même en assumant ma vie, je peux vous avouer que parfois, c’est un peu lourd de porter le « parapluie de l’indifférence ».  Pas que les jugements à mon égard me dérangent. Je n’aime pas quand ils rebondissent sur ma progéniture, qui n’a pas choisi ce scénario.

Alors donc, voilà! Dans ma famille, il y a une maman. Fin de l’aspect traditionnel.

La maman, c’est évidemment moi.  Dans le milieu des années 90, j’ai eu deux enfants, à 18 mois d’intervalle. Oui, avec le même papa (On m’a tellement posé la question!) En 1998, malgré notre bonne volonté, leur père et moi avons décidé de nous séparer.

Jusque là, c’est une histoire très ordinaire. La majorité des gens peut comprendre. Une maman, un papa vivant ailleurs, deux enfants. On sera heureux comme ça.

En 2003 cependant, j’ai « scandalisé » quelques bonnes âmes en décidant de me lancer à nouveau dans la maternité, avec un deuxième papa. Là, j’ai commencé à perdre des supporters. Plusieurs se disaient « Elle n’a rien compris! ». Mais c’était ma vie, pas la leur et j’ai continué mon chemin, expliquant toutefois à mes aînés le concept de demi-sœur et de demi-frère, avant que des étrangers abordent avec eux cette question. Là, ce sont eux qui ont été scandalisés! « Nous n’avons pas une moitié de sœur! »

Dans ma famille, il y avait donc une maman, un papa vivant ailleurs, un papa/beau-père et trois enfants. Ça ne passait encore pas si mal quand même.  Dans l’esprit de plusieurs, une fille avait le droit de se « reprendre » après une « erreur ».

Mais! L’histoire ne s’arrête pas là. Vous me voyez venir?

En 2004, papa #2 est parti.

Dans ma famille, c'était le retour de la monoparentalité. Cette fois, plusieurs personnes –dont moi!- se sont dit « C’est assez! Une fois ça passe, mais deux… »

Vous croyez que c’est la fin? Mais non, c’est le début!

Quelques années plus tard,  j’ai rencontré ce concept que je croyais mythique : l’âme sœur. Croyez-moi, j’ai résisté.  « Une fois ça passe, deux un peu moins mais pas trois ».

Puis, j’ai fini par me parler…  Allai-je renoncer à l’homme que j’aimais à cause des apparences? Allai-je renoncer à cette occasion de montrer à mes enfants que l’Amour qui dure existe vraiment? Et pourquoi? Parce que certains jugeaient que mes expériences, qui avaient permis à trois enfants merveilleux de naître, étaient des échecs? J’avais la chance de vivre un véritable conte de fées (Ça aussi, je vous en parlerai un jour si vous voulez…). Pourquoi m’y refuser? Pour les autres? Les autres, qu’ils vivent leurs vies. Moi, c’était décidé, je vivrais la mienne.

Depuis 2008, dans ma famille, il y a toujours la même maman, deux papas qui vivent ailleurs, un papa/beau-père et quatre merveilleux enfants qui ne vivent pas toujours ou tous au même endroit-. 

C’est très bien ainsi et ça restera ainsi.

Ok, je vous le concède, une famille « recomposée » (Je n’aime pas tellement ce terme, qui suppose que cela prend une famille tout d’abord « décomposée »?), ce n’est pas toujours reposant.  Et il est certain que j’aurais souhaité à chacun de mes enfants d’avoir une seule maison, qu’ils auraient habitée à temps vraiment plein, sans se sentir parfois déchirés entre deux mondes…

Mais sinon, on reste une famille.  Avec nos joies et nos peines, notre routine pas super routinière, BEAUCOUP d’amour et … de bruit. Bien sur, organiser les vacances de Noël est parfois un défi et comme mes trésors portent les noms de leurs pères, on pourrait s’ouvrir un cabinet d’avocats : « L, F, V et V, Bonjour! » Pour le reste… je pense que ça dérange plus les étrangers que ceux qui prennent le temps de faire connaissance avec notre clan. (Et qui savent que je ne collectionne pas les pensions alimentaires…)

Maintenant que vous connaissez vous aussi mon histoire, vous pourrez vous faire votre propre opinion. J’espère à tout le moins que ça vous aidera à ne pas vous perdre dans mes prochains récits!

Si vous aussi, votre famille « surprend » des gens, j’aimerais bien lire vos témoignages. :)