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Parrain, marraine, à quoi ça sert?

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Le parrainage trouve ses fondements dans la tradition chrétienne, dans le rite du baptême. Au sens étymologique, le mot « parrain » vient du latin « pater » (père). Le parrain et la marraine représentent la communauté chrétienne dans l'accueil du nouveau membre baptisé, l'accompagnent dans le développement de sa vie chrétienne, et s’engagent à être présents aux grandes étapes de la vie chrétienne de leur filleul(e). Ne dit-on pas godfather et godmother, en anglais, en référence à l’accompagnement religieux?

Le parrainage, le baptême

Autrefois, les termes de compère et commère, désignaient les hommes et les femmes ayant tenu ensemble un enfant sur les fonts baptismaux. Compère et commère devinrent ensuite synonymes d’amis puis prirent une signification péjorative, un compère devenant un ami avec lequel on fait de mauvais coups, un complice, alors que la commère désigne plutôt une femme bavarde.
La cérémonie du baptême dérive du bain rituel juif que de nombreux psychanalystes rapprochent de la vie intra utérine : l’immersion évoque à la fois la noyade, la purification, la mort et la renaissance.

Un rôle qui a évolué

Autrefois, au Québec, quand les parents mouraient, on confiait automatiquement les enfants au parrain et à la marraine. La tradition voulait aussi que ce soit la grand-mère du côté maternel et le grand-père du côté paternel qui soient choisis pour faire office de marraine et de parrain, au risque de séparer les enfants souvent issus de familles nombreuses. On donnait à l'enfant le prénom de son parrain, de sa marraine, de son grand-père ou de sa grand-mère. Il arrivait aussi qu’on féminise un prénom masculin ou qu’on masculinise un prénom féminin.

Dans le cadre d’une cérémonie religieuse, pour qu'une personne soit parrain ou marraine, elle doit être catholique, avoir seize ans accomplis, à moins que le célébrant n’admette quelqu'un de plus jeune, avoir fait sa première communion et soit confirmée.

Il faut savoir que les parrains et marraines n'ont aucune existence légale sur le plan civil.  Si les parents décèdent avant que leurs enfants aient atteint la majorité, le parrain et la marraine ne sont pas, comme ils pouvaient l’être autrefois, les tuteurs légaux de leurs filleul(e) . C'est une disposition qu'il faut prévoir dans un testament, dans un mandat en cas d’inaptitude ou dans une déclaration écrite au Curateur public.  Les parents peuvent donc, s’ils le souhaitent, nommer le parrain et/ou la marraine tuteur ou tutrice dative et ces derniers peuvent accepter ou refuser d’assumer cette responsabilité qui prend fin quand l’enfant atteint sa majorité.

Savoir investir du temps de qualité

La notion de parrain et de marraine a évolué et s'est laïcisée. Aujourd'hui, les parents les choisissent plutôt au sein de leur génération, dans leur entourage amical. Ils choisissent pour leurs enfants des adultes significatifs, possédant des valeurs semblables aux leurs, représentant des modèles stimulants. Pour de nombreuses personnes, parrain et marraine apportent quelque chose de plus à l’enfant et doivent surtout être au-dessus de tout soupçon afin de pouvoir leur confier sans crainte le précieux rejeton. Pour bien des enfants, parrain et marraine ont une place bien spéciale dans leur cœur. Au fond, un parrain ou une marraine, c’est un adulte avec lequel un lien est tissé, en accord avec le réseau élargi de la famille. Le parrain et la marraine deviennent des témoins, dépositaires des souvenirs d'enfance et de jeunesse de leur filleul(e). Pour grandir et s’épanouir, un enfant a besoin de s’appuyer sur d’autres adultes que sur ses parents.

Ce qu'en dit la loi

Le rôle de tuteur au parrain ou à la marraine en cas de décès des parents doit être officialisé devant un notaire. Le Code civil du Québec prévoit que le tuteur d’un enfant mineur doit assurer sa protection, administrer son patrimoine et voir à l’exercice de ses droits. Les parents, en tant que tuteurs légaux peuvent, de leur vivant, désigner un tuteur datif. La désignation d’un tuteur datif par les parents : http://www.curateur.gouv.qc.ca/cura/fr/mineur/tutelle-biens/acteurs/designation-tuteur.html

Quand Virginie a choisi un parrain et une marraine à la naissance de chacun de ses petits garçons, ce qui comptait surtout, c’était qu’ils soient présents dans la vie de ses enfants et soient capables d’investir du temps de qualité.  « Comme je vis seule, le choix du parrain était très important, puisque ce dernier représentait une figure paternelle stable pour mon fils, son père n’étant plus dans ma vie. Je suis moi-même marraine et mon filleul tient une place très spéciale dans mon cœur, il est un peu comme mon fils. »

Virginie trouve important que ses enfants aient pu tisser un lien de confiance avec d’autres adultes qu’elle : « J’avais la chance d’avoir, dans mon réseau d’amis, des personnes qui voulaient jouer ce rôle auprès de mes enfants et qui, au-delà du cadeau d’anniversaire et des sorties au cinéma, ont réellement pris leur rôle au sérieux. Et je suis bien fière de mes choix, quand je vois mes garçons heureux de partir avec leur parrain ou leur marraine, pour un pique-nique ou une fin de semaine au chalet. »

Selon vous, quel doit être le rôle d’un parrain ou d’une marraine?