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Tâches ménagères : Toute la famille au boulot !

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Même s’il est tentant de tout faire par soi-même pour avoir la paix, on distribue parfois certaines tâches ménagères à nos rejetons! Mais, est-ce une bonne chose? À partir de quel âge peuvent-il commencer à nous aider? Faut-il les rémunérer? Coup de chiffon sur une problématique loin d’être nouvelle, mais toujours d’actualité!

Le psychoéducateur Étienne Gaudet balaie la question d’un seul coup de plumeau: «Dès que l’enfant a les capacités motrices de donner un coup de main, il doit le faire. Le plus tôt est le mieux.» On lui confie, bien sûr, de petites tâches adaptées à son âge. Comme ranger ses blocs après avoir joué. L’enfant doit comprendre que la famille constitue une petite société à laquelle chacun doit contribuer en faisant sa part de rangement et de ménage.

La psychologue Martine Cinq-Mars pense aussi que confier aux enfants des tâches adaptées à leurs capacités est une excellente façon de les responsabiliser. Quant à l’âge auquel ils devraient commencer à donner un coup de main, cela relève, selon elle, des valeurs personnelles de chacun.

Pour elle, avant l’âge de 10 ans, il n’est peut-être pas nécessaire d’obliger un enfant à faire son lit régulièrement, par exemple. Par contre, dès l’adolescence, il faut commencer sérieusement
à le faire participer au ménage.

On négocie!

Pour Étienne Gaudet, les règles familiales ne sont pas négociables — et c’est aux parents de les établir —, mais les modalités d’application, elles, le sont. Le parent peut exiger que l’adolescent fasse son lit tous les jours et passe le balai dans sa chambre une fois par semaine. Mais, les deux parties peuvent s’entendre sur le moment où cela doit être fait. Le jeune apprend alors 
à négocier.

Martine Cinq-Mars propose, quant à elle, de déterminer
les tâches à effectuer dans la maison, puis de demander aux enfants lesquelles ils se sentent capables de faire et enfin d’instaurer un calendrier avec ce que chacun doit accomplir, y compris papa et maman.

L’important est que l’entente soit claire, souligne la psychologue, et que le parent reste ferme. S’il a été convenu que l’adolescent avait jusqu’au vendredi pour ranger sa chambre, faute de quoi il ne pourrait pas sortir avec ses amis, il faut lui demander de s’exécuter. M. Gaudet suggère de ne pas attendre la dernière minute pour rappeler la règle à l’enfant. Par exemple, le vendredi matin, on lui dit: «Tu sais que ta chambre doit être faite si tu veux sortir ce soir?»

On tolère et on patiente

Êtes-vous du genre à passer le doigt sur le meuble pour voir s’il reste de la poussière? Si on veut que les enfants collaborent, il faut revoir un peu à la baisse ses normes quant à la qualité du travail demandé, croit Étienne Gaudet. «Dès le moment où nous confions une tâche à une autre personne, que ce soit notre conjoint ou notre enfant, il faut accepter que ce soit fait d’une façon différente de la nôtre.

Par ailleurs, si le parent assume la tâche de son enfant une fois sur deux parce que ça prend trop de temps, qu’elle est mal faite ou encore que le jeune rouspète, ce dernier comprendra très vite de quoi il retourne.

Étienne Gaudet explique: «Si l’enfant sait qu’en pliant son linge de telle façon, sa mère va passer derrière lui pour le refaire, il va le plier de travers exprès pour ne plus avoir à s’en occuper.»

Le psychoéducateur ajoute: «Répéter, attendre, être patient, c’est ça, l’éducation. En faisant toujours les choses à la place de son enfant, on ne lui permet pas de devenir autonome.»

Un autre point important, souligne Martine Cinq-Mars, est que les deux parents doivent agir de façon cohérente lorsqu’ils demandent quelque chose à leur enfant. Quand la mère exige que le lit soit fait, mais que le père n’y tient pas, difficile pour l’enfant de s’y retrouver.

Idéalement, cette cohérence devrait aussi exister lorsque les parents sont séparés, mais ce n’est pas souvent le cas. Toutefois, les enfants sont généralement capables de se conformer aux règles de chaque famille.

On rémunère ou pas?

Étienne Gaudet est catégorique: on ne doit pas récompenser nos enfants — en argent ou autrement — pour les tâches qu’ils accomplissent dans la maison. «Ça fait partie de la vie familiale de donner un coup de main.

Maman ne demande pas d’argent quand elle fait le lavage pour toute la famille. Pourquoi le
 jeune serait-il payé quand il
 range son linge?» Pour lui, la seule gratification possible doit être de nature affective: «Merci! Tu as fait du bon boulot!»

Martine Cinq-Mars souligne que, là encore, tout dépend des valeurs familiales. Personnellement, elle rémunérerait le jeune s’il accomplissait une tâche qui ne lui est pas habituellement dévolue — comme passer l’aspirateur à la place de sa mère.

La psychologue est cependant d’avis qu’il y a un danger à toujours récompenser ses enfants pour leur collaboration. «À un moment donné, ils risquent de le faire simplement pour l’argent et ils ne comprendront pas que, lorsqu’on fait partie d’une collectivité, on a des responsabilités à assumer. Ils vont penser que tout leur est dû.»