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La vie de parent, c’est aussi plate et ordinaire

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Quand on lit sur la vie de parent, qu’on voit des films ou des capsules Web sur cet univers, on a souvent l’une ou l’autre de ces impressions :

 

La vie de parent c’est le Saint Graal, une expérience merveilleuse, touchante, inspirante, palpitante. Pleine de petits oiseaux qui chantent gaiement, quoi.

ou

La vie de parent, c’est une succession de défis, d’épreuves, un Everest de tous les instants à gravir en faisant preuve du plus immense don de soi qui existe.

 

D’un côté, on nous explique combien s’est passionnant d’organiser des activités stimulantes pour nos petits génies, des repas santé pour leurs petits corps en développement et de recevoir de leur part des témoignages d’amour et de reconnaissance profondément émouvants.

De l’autre, on nous dit à quel point c’est un sacrifice de se donner autant pour des enfants qui passent du Terrible Two au F*** Four jusqu’à la préadolescence et l’adolescence. On tente de rire des petits et grands drames, afin de rendre intéressante l’expérience du « côté sombre de la force ».

 

C’est bien vrai, il y a des moments bénis au cours desquels ont a l’impression de toucher à la vérité de l’Univers et qui nous font dire qu’on ne changerait de place avec personne sur Terre.

C’est vrai aussi que les deux mains dans un de leurs dégâts ou en larmes après un de leurs claquages de porte, on se sent l’être le plus misérable du monde et qu’on a envie quelques minutes de rendre notre tablier.

 

Mais on oublie de diffuser une autre réalité parentale.

Entre les deux extrêmes cités ci-haut, il y a aussi un long fleuve… plate.

On leur fait des lunchs sans s’exciter le poil des jambes. On leur répète de se brosser les dents et de faire pipi avant le dodo. On signe comme un automate des communications de l’école ou de la garderie. On attend au téléphone au son d’une musique d’ascenseur pour un rendez-vous ou un service gouvernemental.

On ramasse les souliers dans l’entrée, on frotte des taches au même endroit qu’on a frotté la veille. On cherche des bas, de la monnaie, la pompe à vélo, le coupe-ongles… On trouve des fourchettes dans la salle de bain et des brosses à cheveux dans la cuisine. On descend répondre à la porte quand la sonnette sonne frénétiquement pour se rendre compte que c’est encore la petite voisine qui nous niaise.

On entend la même émission jouer 46 fois avant de se rendre compte que la folie nous rattrape. Quand on prend une pause télé, on regarde parfois une émission « de grands » sans la voir et sans se rendre compte que l’abrutissement nous rattrape.

On dit « Attache tes lacets »  « Ronge pas tes ongles! » ou « La porrrteeee! » sur le ton du réflexe.

On case des rendez-vous, on rappelle pour changer, car finalement on avait déjà deux rendez-vous au même moment.  On fait l’épicerie, on tond le gazon, on répare des trucs cassés ou on va en acheter d’autres.

On tente de suivre un budget, de trouver une meilleure organisation pour nos pièces en se disant qu’on finira par moins ramasser (l’espoir fait vivre). On écoute des pratiques d’exposés oraux (les 3 premières fois, c’est cute, la cinquantième, moins).

On s’envoie des courriels entre conjoints. Rentres-tu pour souper? Rapporte du lait. Rappelle ton dentiste. C’est pédago jeudi et j’ai un meeting…

On change des draps de pipi ou de vomi. On fait du café les yeux fermés parce qu’on a passé la nuit à rechanger les draps ou à consoler Junior.

Et des fois, on a juste bien dormi. Parce que oui, un parent, ça arrive à dormir aussi et bien avant les 18 ans de la marmaille. Parfois, on se lève reposé, parfois fatigué, mais ça n’a pas rapport aux enfants. Parfois on est de bonne humeur, parfois moins. On n’est pas dans une comédie musicale ni dans un drame fantastique. On est dans la vraie vie.

Parfois, il manque du pain, parfois les poubelles puent. Parfois la laveuse pète et le WiFi lâche.

Parfois on s’amuse à les accompagner au parc et parfois, c’est juste ennuyant.

Parfois, les enfants sont reconnaissants et parfois, non. Ou ils oublient de le dire.

Parfois, on leur dit en plein ce qu’il faut, parfois, on empire leurs drames…

Parfois, ils s’ennuient… Et parfois, on s’ennuie. Et parfois tout le monde s’amuse.

 

Bref, tout ça pour dire que oui, c’est super être parent.

Super émouvant, enrichissant, « évolutionnant ».

Super enrageant, apeurant, épuisant.

Mais c’est aussi de temps en temps ou souvent,

 

Juste ordinaire.

 

Je dis tout ça juste au cas où certains se sentent coupables de trouver des bouts de leur vie ordinairement plate. Dites-vous qu’à la télé et dans les livres, ils ne montrent pas les bouts plates… Ça ne veut pas dire qu’ils n’existent pas…

 

C’est juste qu’il n’y a pas de quoi écrire un texte sur le sujet ;)

 

 


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