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Le bonheur, c’est pas mal maintenant

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Je ne sais pas combien de fois dans notre vie on a pu lancer « Faut en profiter! » ou quelque chose du genre. En profiter!
 
On se le dit, on se le répète. On le crie gaiement en levant notre coupe de vin avec des amis. Profitons de la vie! Yolo, man!
 
Mais je me demande si on pense vraiment ce qu’on dit.
 
On peut s’entendre sur quelques faits. On sait tous que la vie est :
1)      Courte
2)      Fragile
3)      Précieuse
4)      Passablement compliquée
 
Et malgré tout, il y a beaucoup d’humains qui se mettent la barre très haute. Ils visent rien de moins que le bonheur, tout là-bas, en haut.
 
Mais la vérité, c’est que le bonheur, quelle que soit sa forme, c’est pas mal maintenant. Je sais, je sonne comme un livre psycho pop de pseudo-motivateur. Mais je le crois.
 
Oh, le maintenant en question, ce n’est pas le paradis, ce n’est pas parfait, ce n’est peut-être pas vraiment ce à quoi on rêvait étant gamin, mais si ça ne va pas trop mal, alors c’est que ça va bien. S’il n’y a pas un gros malheur qui frappe, alors c’est qu’on chemine tranquillement vers le bonheur.
 
Il s’agit qu’il se produise un drame juste à côté de nous pour qu’on réalise notre chance. Comme si entrevoir le pire était la seule façon d’apprécier ce qui nous semble ordinaire.
 
En ce sens, on ressemble à des enfants qui en veulent toujours plus et n’apprécient pas ce qu’ils ont déjà. Voilà, nous sommes parfois de grands enfants qui se plaignons d’un sac de bonbons juste à moitié plein…
 
On a droit de rêver à mieux. Même ça, ça rend plus heureux. Espérer, désirer, rêver, fantasmer, croire, projeter… Tout ça EST le bonheur.
 
Même l’activité qui semble la plus plate au monde, attendre, est un signe de bonheur. Pensez aux enfants avant Noël. Pensez au dernier matin de boulot avant les vacances. Pensez au café qui coule, le matin. Juste d’avoir hâte, C’EST le bonheur.
 
Mais attendre LE bonheur en général, ça c’est juste… triste. Il ne faut pas l’espérer comme s’il était ailleurs. Attendre en ligne pour être heureux, c’est une mauvaise idée. De toute façon, on n’est même pas certains d’être dans la bonne file, ni si on va pouvoir se rendre au bout avant qu’il ne soit trop tard.
 
Je ne dis pas qu’il faut se contenter de ce que l’on a. Il faut espérer mieux, mais réaliser que tout le chemin fait partie de l’objectif.
 
Il n’y a pas un meilleur exemple que notre vie de parents. Nos petits chamboulent notre vie pas à peu près. Ils pleurent, crient, ne dorment pas, démolissent notre horaire et nos planchers, et pourtant ils SONT un immense morceau de notre bonheur.
 
Quand on a la tête dans nos tracas du quotidien, dans la gestion des horaires, des lunchs, du travail, des problèmes, des crises, des aspirations de chacun, on ne voit pas tout ça. C’est normal.
 
Quand on pose un morceau de casse-tête, on ne voit qu’un petit bout du portrait global. Un morceau flou, insignifiant, parfois sombre ou même incompréhensible. Et pourtant, ça fait partie d’un tout. Pas juste en attendant. Pas ailleurs. Pas plus tard. Ça en fait partie, point.
 
Et plus on va vouloir attendre à plus tard pour réaliser que le bonheur est déjà en marche, plus ça fera mal le jour où on devinera qu’il nous est passé sous le nez pendant tout ce temps.
 
Alors le bonheur, quelle que soit sa forme, c’est pas mal maintenant.