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Les parents ne peuvent pas se plaindre

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Je sais, personne n’aime les plaignards. Je ne les aime pas non plus. J’essaie de ne pas trop me plaindre et j’ai tendance à me dire « Assume! » quand ça ne fait pas mon affaire.
 
Mais il y a une différence entre être un chialeur de profession et exprimer de temps à autres, sa peine, sa frustration, sa fatigue…
 
Personne ne peut garder tout en dedans, tout le temps. Ce qui ne s’exprime pas s’imprime et ça nuit à la santé!
 
Personne ne peut non plus, être positif 100% du temps. Pas même les gourous du jovialisme.
 
On a tous et toutes des raisons de se plaindre et il es bon de le faire. Pas partout, pas devant tout le monde et surtout, pas tout le temps.
 
Toutefois, j’ai parfois l’impression qu’au royaume de la plainte, tout le monde n’est pas à égalité…
 
Ainsi, une personne peut se plaindre de son patron, d’un collègue, de son horaire, de sa surcharge de travail. Elle trouvera des gens pour lui démontrer de l’empathie.
 
On peut se plaindre de la belle-famille, de nos voisins, du prix de l’essence, de notre système de santé, de la météo, de notre couple ou de notre célibat et de bien d’autres choses.  Il y aura des gens pour dire « Pauvre toi! », « Tu as bien raison, c’est enrageant! » et tout et tout.
 
Mais faites l’exercice de parler de ce que vous trouvez difficile, comme parent… Vous risquez de vous « faire ramasser », en bon français…
 
Ça commence dès la grossesse. La future maman ne trouve pas toujours ça si magique, être enceinte? Quelqu’un lui dira « Compte-toi donc chanceuse! Y’a plein de femmes qui n’arrivent pas à avoir un bébé! »
 
Et ça continue, de l’accouchement à la fin de l’adolescence… On ne peut pas dire que c’est difficile avec Junior. Surtout s’il n’a pas d’handicap. « Compte-toi ben chanceux! Le tien est en santé! » (Et s’il a un handicap, quelqu’un sortira toujours l’exemple de tel enfant, qui est encore plus handicapé…)
 
Oui, c’est une chance, pour qui veut des enfants, d’être fertile, de fabriquer un bébé sans intervention clinique. C’est une chance de plus, quand l’enfant est en santé.
 
Oui, il faut apprécier.
 
Ça ne veut pas dire que tout est rose, tout le temps.
 
Que la coupe n’est pas parfois pleine. Qu’on ne risque pas d’exploser.
 
Alors pourquoi les parents ne pourraient-ils pas ventiler?
 
Juste un peu… De temps en temps!
 
Je veux bien croire que de nos jours surtout, devenir parent, c’est un choix. Et que dans la vie, il faille assumer nos choix.
 
Mais occuper tel ou tel emploi, c’est aussi un choix. Habiter telle ville, partager notre vie avec X ou Y, faire un régime ou apprendre la mandarin, ce sont aussi des choix.  Des choix pas mal plus réversibles!
 
Si quelqu’un vous confie qu’il en a marre de son boulot après une journée difficile au bureau, vous ne lui direz pas immédiatement « Compte-toi chanceux! Y’en a qui sont au chômage! » ou « T’avais juste à travailler ailleurs! ». 
 
Si votre partenaire vous fait de la peine et que vous en parlez à des amis, on risque de vous donner l’espace pour vous défouler… encore plus que vous ne l’auriez souhaité.
 
Si vous avez voté pour un candidat qui ne respecte pas ses promesses une fois élu, vous aurez aussi le droit de chialer.
 
Vous avez fait - ou adopté- un bébé et certains aspects ou moments de cette vie sont plus durs à vivre? Tant pis pour vous si vous ne savez pas appréciez votre petit trésor à sa juste valeur!
 
Pourtant, quand comme blogueur, mes collègues et moi publions un trucs plus ou moins humoristique relatant les défis de la parentalité, les gens disent se reconnaitre. Tant que ce ne sont pas des vraies plaintes et surtout, tant qu’on termine le texte sur une note touchante du style « On-a-failli-pogner-les-nerfs-mais-on-les-aime-tellement-on- ne-serait-rien-sans-eux ».
 
Pourquoi les parents ne peuvent-ils pas simplement et sincèrement « en avoir plein leur casse » et le dire, avant d’exploser ou d’imploser?
 
On le sait tous que lorsque ce sera expulsé, ils seront les premiers à  dire que malgré tout, ils n’échangeraient pas leur place…
 
Surtout s’ils ont été écoutés, non jugés…
 
 
(Ce n’est pas une raison pour inonder les réseaux sociaux quotidiennement avec nos « bobos ». 
Modération! ;))