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Quand maman écrit au Père Noël…

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Cher Père Noël,
 
Je ne t’écris pas très régulièrement… Quand j’étais enfant, je ne croyais même pas en toi… Et maintenant que me voilà « adulte », je suis censée laisser ma place aux enfants, aux vrais…
 
Permets-moi une exception cette année. Même pas besoin de m’envoyer un accusé de réception. J’ai juste envie de te jaser un peu.
 
Je vois 2014 s’achever de façon stressante pour plusieurs parents (et je ne m’exclue pas). Mon Facebook est bombardé de perte d’emplois ou de contrats pour les pigistes. Plusieurs enfants sont malades et je ne parle pas que de grippe. Certains ont perdu leur maman ou leur papa…
 
Tout le monde (enfin presque) se pose plein de questions. On nous parle d’austérité et on se demande si ceux qui portent les ceintures griffées doivent se la serrer autant que la classe moyenne et inférieure (quels termes laids, en passant, ne trouves-tu pas?)
Certains condamnent la Guignolée, disant que ça ne règle pas la pauvreté (d’accord, mais en attendant d’anéantir la fichue pauvreté, on laisse les gens crever de faim?). D’autres se battent sur la pertinence de modifier les tarifs de garderie. Nos parents vieillissent et se ramassent en CHSLD et la prolifération des diagnostics en tous genres pour nos enfants dépasse les ressources censées leur venir en aide…
 
Comme chaque année, on se remet en question sur nos capacités parentales. On lit des études contradictoires, entend des conseils qui semblent logiques ou totalement loufoques. On essaie de faire attention à l’environnement et on essaie d’avoir l’air aussi sain que possible.
 
On se questionne sur le travail des enfants, tentant de savoir quelles compagnies boycotter (mission presque impossible) et en lisant que le boycott n’est pas non plus la solution, car ces enfants exploités le seraient ailleurs (métiers dangereux, prostitution…)
Et là, il faut acheter des cadeaux de Noel, qu’on serait mieux de fabriquer comme nous le disent mille articles et tableaux Pinterest. Mais on n’a pas le temps!!!
 
Le foutu temps. On cherche à en économiser ici, et puis là. On se dit qu’on aurait dû aller le prendre par là plutôt. On court même quand on ne fait pas de jogging et on se couche la plupart du temps avec l’impression d’être passé à côté de quelque chose. (Je sais, ici, certains diront qu’eux, ils sont parvenus à l’équilibre, mais statistiquement, ils sont comme des Dalaï-Lama : pas légion).
 
En cette période, j’ai plusieurs amis qui sont aussi sous pression à cause des partys de famille, de bureau. Paraît que ça ne se fait pas, de ne pas y aller. Faut pas blesser des gens. Faut pas nuire à la carrière. Faut pas pénaliser les enfants. Alors ils acceptent les échanges de cadeaux, enfilent leurs beaux habits, loadent leurs cartes de crédit. Ils ont envie de kicker tous les lutins qu’ils croisent, mais se retiennent. Faut faire bonne figure, c’est Noel…
 
Personnellement, je ne stresse pas pour les partys. Facile, je n’irai nulle part et la famille s’amusera en pyjamas. Mais je porte un bébé, alors que mon salaire va chuter sous peu de façon drastique. Je m’inquiète à divers degrés et à différents moments pour chacun de mes enfants. Oui, même les grands. Surtout, les grands peut-être. Les plus petits, je peux encore me dire que je leur éviterai certains drames, que j’ai un contrôle sur la vie (foutaises, mais bon!). Les grands, faut que je les laisse voler, que je les pousse à voler parfois (pas au dépanneur, on s’entend!) et que je fasse confiance, même quand je ferme les yeux par peur de les voir se planter…
 
Faut que je fasse confiance à la Vie, je sais. Mais parfois, je m’avoue terrorisée. Je dois être rendue trop vieille… Ou se sont les hormones de grossesse. Peut-être tout ça… Mais sérieux, il y a des moments où le bungee me ferait moins peur que la vie de tous les jours… Suis-je anormale Père Noel? Enfin, bref! Tu dois te demander pourquoi je t’écris! Pour t’envoyer ma liste de demandes. Une fille s’essaye…
 
Alors pour Noël et l’année 2015, je voudrais :
-        De la sérénité (la vraie, cette denrée rare que peu de gens conservent. Pas un placebo, pas un générique, pas une illusion…) Pour moi, mais aussi pour tous mes amis cités ci-haut.
-        De l’abondance. Non, je ne te demanderai pas juste ce qu’il faut pour vivre en grattant les fonds de tiroir. On a tous et toutes droit à la prospérité. Et même si l’argent ne fait pas le bonheur, comme on dit, ça rend le malheur plus confortable.
-        La santé. J’aurais dû demander avant le cash… Mais j’ai dit abondance. Abondance de santé, ça se peut aussi!
-        Du temps. Je sais Père Noël, le temps, on doit le trouver en soi. Mais un moment donné, moins de bobos, plus d’argent donc moins d’overtime, moins de lutte pour obtenir des services… Il y a bien des façons de nous aider à trouver notre temps!
-        Des rêves, des buts, des projets. Car parfois, on oublie d’en entretenir, et c’est là que la déprime s’installe…
-        La capacité de dire non. Le non qui fait du bien, le non libérateur. Celui qui fait place au oui pour soi-même…
 
Et quelques demandes plus personnelles :
-        Un bébé en santé suite à un accouchement non provoqué (j’ai le droit de rêver!)
-        Des voyages. (Eh oui, j’ai mis au pluriel!)
-        De la discipline pour atteindre mes buts
-        Des contrats stimulants (ou des millions au loto, je ne serai pas regardante ;))
-        Des cours (de langues, de conduite, etc.)
-        Le retour de mes neurones et de mon énergie
-        L’abolition du poste de lieutenant-gouverneur. Ça, je pense le demander au nom de plusieurs!
-        Et donnes-nous donc la solution pour en finir avec le travail des enfants… Et tout le reste, comme l’excision, les enfants soldats…
 
Merci Père Noël pour ton attention. Je te laisse, je dois aller emballer les cadeaux que tu offres à mes enfants. Avec des papiers différents de ceux employés pour les cadeaux qui viennent de moi… Ici sérieux, je pense que je fais ta job … Mais bon, toi aussi tu manques de temps je présume!