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Enfants au bord de l'épuisement

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Tôt dans leur existence, les enfants sont soumis au stress et vivent de l'anxiété. Certains adolescents dont l'horaire est trop chargé font même un burn out. Les parents ne sont pas responsables de cette situation, mais ils font généralement partie de la solution...

Durant la petite enfance et le primaire

De nos jours, les enfants ont un rythme de vie effréné. On les inscrit à toutes sortes d'activités et on souhaite qu'ils brillent dans tout ce qu'ils entreprennent. Alors, certains deviennent irritables, pleurent pour un rien, manquent d'attention, ont des troubles de comportement ou des tics nerveux... Parfois même, ils développent des maladies. Il y a peut-être lieu de remettre en question son mode de vie.

Ralentir son rythme

Notre enfant ressent du stress dès son entrée à la garderie. Ce changement dans sa vie ne suscite pas nécessairement un stress négatif, croit la psychologue France Mercier. «Ça l'amènera à être plus confiant et à être plus capable de s'adapter», explique-t-elle.

Cependant, si tout le monde court et s'engueule à la maison parce que le temps presse, il y a de fortes possibilités que cette situation tendue l'affecte. Il faudrait organiser l'horaire de tous de façon que chacun ait assez de temps pour gérer son quotidien calmement et que l'atmosphère soit paisible.

Par ailleurs, si on continue à bousculer notre enfant le week-end pour qu'il arrive à temps à son cours de natation, pour qu'il nous accompagne quand on fait du magasinage, pour qu'il se rende à une fête d'enfants, etc., il se peut qu'il devienne stressé.

Par ailleurs, France Mercier remet en question la pertinence d'inscrire les petits à des cours avant l'âge scolaire. Elle est d'avis que cela répond souvent davantage aux besoins des parents qu'à ceux des enfants. «La petite fille de trois ans qui fait un spectacle de danse a-t-elle vraiment du plaisir ou cela satisfait-il plutôt ses parents?», demande-t-elle.

Du temps pour jouer

Qu'il fréquente la garderie ou l'école primaire, notre enfant doit avoir du temps pour jouer librement. «C'est essentiel pour qu'il puisse utiliser son imaginaire. S'il s'ennuie un peu, il essaiera de s'occuper. Si ses parents jouent sans cesse le rôle de “gentils organisateurs”, plus tard, il n'aura pas d'initiative ou encore il ne tolérera pas la solitude», souligne Mme Mercier. Elle conseille aussi aux parents de s'amuser avec leurs petits. «C'est plus bénéfique à la vie de famille de sortir le jeu des serpents et des échelles après le souper que de courir pour conduire ses enfants à des cours.»

Des outils pour agir

Par ailleurs, la nécessité d'obtenir de bons résultats à l'école peut préoccuper les enfants du primaire; il est donc important qu'ils aient le temps de se relaxer à la maison. France Mercier est, par ailleurs, d'avis que leurs relations avec leurs pairs sont une source de stress encore plus grande. «Les enfants veulent avoir des amis, être populaires. Ce que j'entends le plus souvent dans ma clinique, c'est: “Je me fais dire des noms, je me fais niaiser...”»

Quelle est l'attitude à adopter si une telle situation se produit? S'asseoir avec notre enfant pour analyser la situation et l'aider à trouver des solutions. «Si on le surprotège, si on tente de tout régler à sa place, on lui lance le message qu'il est incapable de s'en sortir lui-même, et il se retrouvera démuni devant les difficultés», souligne-t-elle.

Cependant, responsabiliser notre jeune en lui fournissant des outils pour qu'il règle certaines situations est une chose; lui donner de trop lourdes responsabilités en est une autre. «L'enfant de 10 ans peut rester seul à la maison et s'occuper de lui-même pendant une heure, mais est-ce qu'on ne lui attribue pas une responsabilité parentale lorsqu'on lui demande de prendre soin d'un petit frère?» demande-telle. Peut-être qu'on économise le salaire d'une gardienne, mais qu'on ne comble pas le besoin qu'a notre enfant de se sentir en sécurité.

Chaque petit est unique

Cela dit, il faut se rappeler que les enfants ne sont pas tous pareils. L'un sera très heureux de se lever à 6 h du matin un samedi pour jouer au hockey, alors que l'autre en sera frustré. Peut-être que l'aîné de la famille a appris à lire sans effort, alors que son cadet y met l'énergie du désespoir. On doit respecter la personnalité et le développement de chaque enfant et réduire nos attentes.

«Si vous imposez tous vos espoirs à votre enfant, vous le rendez responsable de votre destin, et ce poids pourrait l'écraser: il fera tout pour vous plaire au détriment de ses besoins, de ses désirs et de son équilibre mental», déclare Donna G. Corwin dans son livre L'enfant sous pression. Elle propose plutôt de l'aider à découvrir ses forces intérieures et à respecter ses limites.

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