PUBLICITÉ

La présence de chiens-guides diminue l'anxiété chez les enfants autistes

Besoins et solutions image article
Présenté par

On connait bien l'utilité des chiens-guides pour les aveugles. Ces animaux de compagnie spécialement sélectionnés et formés pour servir de guides à leur maitre pourraient se voir offrir un autre profil de carrière tout aussi utile socialement: abaisser le stress chez les enfants autistes.

Des recherches qualitatives récentes ont montré que la présence de chiens semblait avoir un effet bénéfique sur la socialisation des enfants autistes et les aidait dans leur apprentissage des émotions et leur reconnaissance des besoins des autres.

Une équipe de chercheurs dirigés par Sonia Lupien, professeure au Département de psychiatrie de l'Université de Montréal et directrice du Centre d'études sur le stress humain à l'hôpital Louis-H. Lafontaine, vient de faire la première observation physiologique de l'influence des chiens de compagnie sur le stress d'enfants autistes.

Le cortisol, hormone du stress

La démonstration a été réalisée en mesurant le taux de cortisol. «Le cortisol est l'une des hormones du stress, explique Sonia Lupien. Mais, contrairement à l'adrénaline, qui provoque une accélération des battements cardiaques, l'effet du cortisol n'est pas perceptible.Toutefois, cette hormone se rend rapidement au cerveau, notamment dans les zones liées à l'apprentissage, à la mémoire et aux émotions. Comme le stress est notamment causé par un manque de contrôle face à l'imprévisibilité et à la nouveauté, les enfants autistes y sont extrêmement sensibles.»

Le rôle du cortisol est, entre autres, de fournir de l'énergie au cerveau et aux muscles. Sa sécrétion augmente en situation de stress, mais notre organisme en produit normalement selon un cycle circadien qui atteint un pic environ une demi-heure après le réveil pour diminuer par la suite jusqu'à atteindre un niveau presque nul au milieu de la nuit.

Cette hormone étant décelable dans la salive, son prélèvement est tout simple; c'était le marqueur idéal pour une étude auprès d'enfants autistes, peu enclins à se soumettre aux examens médicaux. «C'est en fait un chercheur de la Fondation MIRA, Robert Viau, décédé depuis, qui a eu cette idée», précise Mme Lupien.

La Fondation MIRA a ainsi mis 42 chiens à la disposition de parents d'enfants autistes qui acceptaient de participer à l'étude. Un premier prélèvement de cortisol salivaire a été fait deux semaines avant que l'enfant reçoive son chien et a été répété une fois par semaine pendant les quatre semaines qu'a duré l'expérience.

Un dernier prélèvement a été effectué deux semaines après le départ du chien. À chaque occasion, trois échantillons étaient recueillis: un au réveil, un autre 30 minutes plus tard et un troisième au coucher.

Page 2 | Symbiose entre l'enfant et l'animal