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Le stress contagieux

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Anxiété, insomnie, colère, problèmes d'attention et mauvaises notes... Le stress est aussi problématique pour les enfants que pour leurs parents, selon des chercheurs réunis cette semaine à Montréal dans le cadre d'un symposium sur le stress.

Adélaïde Doval-Demerse, 12 ans, vient tout juste de terminer sa sixième année. Dans un peu plus d'un mois, elle et son amie Claudia Desjardins feront leur entrée à l'école secondaire, une des étapes les plus stressantes dans la vie d'un enfant, selon Sonia Lupien, directrice du Centre d'études sur le stress humain de l'hôpital Douglas.

Déjà, les deux jeunes filles appréhendent leur entrée au secondaire. «On sera les plus jeunes, explique Adélaïde. Il faudra se faire de nouveaux amis, comprendre les règlements et s'habiller de la bonne manière pour ne pas faire rire de nous. C'est encore loin, mais j'ai déjà commencé à y penser.»

«C'est stressant, ajoute sa copine Claudia. J'ai peur de me faire ridiculiser parce que je suis petite. Je n'ai pas vraiment hâte.»

Perte de contrôle

C'est que le changement d'école, comme plusieurs facteurs dans la vie des enfants, la pauvreté par exemple, est caractérisé par les quatre grandes causes du stress. Il est nouveau, imprévisible, engendre une perte de contrôle et menace la personnalité.

«Tous les événements qui comportent certains de ces déclencheurs peuvent causer du stress chez les jeunes, comme chez les adultes», explique Sonia Lupien.

Chez les enfants, le stress entraîne entre autres de la colère, voire de la violence, et des problèmes d'attention. «Et de nos jours, avec la technologie, le clavardage, les courriels, il y a de plus en plus de causes de stress pour les enfants», souligne la chercheuse.

Les parents

En plus d'être souvent inquiétés par des facteurs extérieurs, les jeunes sont aussi très sensible au stress de leurs parents.

«Le stress est contagieux, dit Mme Lupien, et si les parents "pètent une coche" de façon répétée, leurs enfants deviennent aussi nerveux.

«C'est un cercle vicieux. Ils sont angoissés, moins attentifs, réussissent mal à l'école ou socialement, et sont plus stressés. Il faut régler le problème, sinon les enfants pourraient traîner ça toute leur vie.»

Sonia Lupien lance donc un cri d'alarme. Selon elle, il faut agir le plus rapidement possible pour contrôler le stress, autant chez les enfants que chez les adultes.

«Les gouvernements doivent reconnaître que le stress est un problème sérieux», clame-t-elle.

En attendant, la chercheuse prévoit donner des formations aux élèves du secondaire un pour les aider à gérer leur nervosité.