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L’enfant-roi

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À de nombreuses reprises, les étudiants à l’origine de la crise sociale actuelle ont été qualifiés d’enfants-rois. Mais qu’en est-il exactement ? Qu’est-ce qu’un enfant-roi ?

L’étude la plus complète de la personnalité de l’enfant-roi est probablement celle réalisée par le psychologue Gilbert Richer dans son livre Par le bout du nez. La psychologie de l’enfant-roi et la compétence parentale, publié aux éditions Option Santé.

L’enfant-roi anxieux

Tout enfant naît roi ! Seule une éducation laxiste lui permet de le demeurer. Richer fait toutefois la différence entre deux types d’enfants-rois : le dominateur, lequel possède une pulsion agressive intense, et l’anxieux, lequel est sans cesse à la recherche d’un cadre sécurisant.

Le laxisme parental prive l’enfant anxieux du cadre et des balises dont il aurait besoin pour se sentir en sécurité. Il évolue alors dans une espèce de vide, incapable d’autonomie et de confiance en son propre jugement. Il est comme un drapeau flottant au gré du vent. « Depuis que je suis tout petit, je peux faire tout ce que je veux… ». Paradoxalement, ces enfants deviennent des « suiveux ».

Traité comme un prince ou une princesse, l’enfant anxieux est incapable d’affirmation de soi, n’ayant pas appris la distinction entre le permis et le non permis. Cet enfant roi développe une extrême dépendance affective, toujours à la recherche de l’approbation d’autrui. Il devient une proie facile pour tout dominateur qu’il rencontre, mais peut aussi se transformer en véritable « vampire émotif ». Dynamique appelée aussi la tyrannie de la victime (ou soi-disant victime).

L’enfant-roi dominateur

Le dominateur exploite le laxisme parental pour imposer sa compulsion au plaisir et au pouvoir. Ce sont des enfants difficiles, très impulsifs et aux comportements agressifs. Il ne tolère aucune frustration ou aucun délai à la satisfaction de ses besoins. La peur des conséquences est absente du psychisme de cet enfant. Les paroles d’Ariane Moffat « Je veux tout, tout de suite et ici. » illustrent bien cet enfant-roi.

Cet enfant ne développe aucune morale et ne ressent ni anxiété ni culpabilité ni remords, lesquels sentiments sont la base de la sagesse. Sa conduite est essentiellement axée sur le plaisir immédiat et le pouvoir sur autrui sans aucun respect pour autrui ; l’empathie est absente de sa vie.

L’enfant-roi dominateur souffre d’une autre carence. N’ayant vécu aucune contrainte éducative, il devient incapable de souplesse d’adaptation. Il est même incapable de tirer des leçons de ses erreurs. Il développe une personnalité rigide et ne peut accepter aucune autorité.

L’égocentrisme, le narcissisme, la manipulation et l’exploitation des relations interpersonnelles à son profit deviennent son mode de vie. Il est absolument incapable d’intimité affective conjugale. La personnalité de l’enfant-roi se rapproche dangereusement de celle du psychopathe, lequel est caractérisé essentiellement par des comportements antisociaux et criminels.

L’enfant-roi adulte

L’enfant-roi, anxieux ou dominateur, est un enfant dont l’âge affectif ne dépasse pas celui d’un enfant de quatre ans. Il habite un corps dont le développement intellectuel et la force physique lui procurent des ressources efficaces pour soutenir sa déviance et sa résistance aux interventions adultes. Il est imperméable à toute argumentation logique ou éthique.

Cet adulte-enfant n’a jamais tort : ce sont toujours les autres les responsables de ses frustrations et de ses difficultés. Tous les moyens sont bons pour atteindre ses objectifs de plaisir et de pouvoir, y compris les menaces, les manipulations, les mensonges et même l’agressivité et la violence.

Libre à vous, maintenant, de comparer les leaders étudiants – ou les politiciens – à des dominateurs, et ceux qui les appuient – ou les élisent – à des anxieux ?

« Tout le secret de l’éducation est de passer entre les deux écueils de l’autoritarisme et du relâchement »
Emmanuel Mounier

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