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Mon enfant de 5 ans pleure tout le temps

Besoins et solutions 4-5 ANS image article

Question

Bonjour,

Je vous écris parce que j'aimerais avec des pistes de solution concernant les crises de pleurs de ma fille. Depuis qu'elle est bébé, ma fille a toujours beaucoup pleuré. Elle est maintenant âgée de 5 ans et elle pleure toujours pour un oui ou pour un non à la maison comme à l'école.  J'ai comme l'impression qu'elle gère toutes les émotions négatives par une crise de larmes (gêne, déception, colère etc.). Elle a également tendance à exagérer les réactions des autres, exemple, si on lui indique qu'elle a commis une erreur, elle se met à pleurer en disant qu'on a crié après elle ou qu'on est fâché et ce, même si le commentaire a été fait calmement.

Nous avons tenté de lui expliquer qu'elle devait dire comme elle se sentait au lieu de pleurer mais ça ne fonctionne que pour quelques jours. Nous avons également tenté de ne pas lui donner de l'attention pendant ses crises pour ne pas encourager de mauvais comportements, mais ça non plus ne fonctionne pas.

Nous sommes à court d'idée et souhaitons l'aider à régler le problèmes, car les journées de ma fille seraient tellement plus plaisantes pour elle comme pour ceux qui l'entourent.

J'espère vraiment que vous pourrez nous aider.

Merci.

Caroline Martel

 

Réponse

 

Bonjour Madame Martel,

 

Pour répondre à votre question, j’ai décidé de faire appel à Mélanie Dugas, coach familial et maman d’une fillette, qui ressemble drôlement à la vôtre. ;)


Bonjour Caroline,

 

Ah ! La communication… tout un apprentissage ! La gestion des émotions aussi, d’ailleurs. Je comprends votre question et j’entends votre cœur de maman qui cherche à trouver des solutions pour le bien-être de sa famille. 

 

En lisant votre témoignage, je comprends que votre cocotte semble avoir de la difficulté à gérer les situations où elle vit soit un rejet, soit un refus (comme se faire dire non). Vous avez aussi l’impression que ses réactions sont exagérées à certains moments (crise de larmes lorsqu’elle commet une erreur). Je tiens à vous féliciter car vous avez aussi essayé  différentes interventions. Vous avez déjà débuté sur une bonne piste en lui expliquant qu’elle pouvait exprimer ses sentiments et en ignorant le comportement désagréable. 

 

Puisque vous mentionnez que ces moyens n’ont pas donné les résultats escomptés, j’aimerais vous poser quelques questions :

  • Que lui avez-vous expliqué exactement en lien avec son comportement ?
  • Avez-vous utilisé des exemples concrets ?
  • Vous mentionnez ne pas lui avoir donné de l’attention pendant ses crises. Combien de temps peuvent-elles durer ?
  • Vous dites ne pas encourager ses comportements dérangeants : l’avez-vous ignorée pendant ces moments ? Si oui, pendant combien de temps ?
  • Est-elle capable de vivre des délais ? Par exemple, si elle vous fait une demande et que vous lui répondez « pas tout de suite », comment réagit-elle ?
  • Lui avez-vous présenté d’autres options ?
  • Comment vous sentez-vous lorsqu’elle agit de la sorte ?
  • Comment réagissez-vous lorsque vous vivez des situations désagréables ?

 

Vous comprendrez que les réponses à ces questions aideront grandement à déterminer des pistes et interventions efficaces. Je répète : vous avez déjà utilisé des interventions adéquates.  Il suffit peut-être de les essayer à nouveau en ajoutant quelques éléments.

 

Il est vrai qu’il est important de lui expliquer en quoi son comportement vous dérange et comment il peut lui nuire. À cet âge, les jeux de rôles peuvent être très intéressants.  Faites des mises en situation et inversez les rôles. Ceci aidera peut-être à rendre la situation plus concrète à ses yeux. On sort de la théorie pour se diriger vers la pratique. Des exemples concrets sont très importants lorsqu’il s’agit d’intervenir auprès des enfants. 

Je vous invite aussi à lui expliquer ce qu’elle peut faire et comment elle peut agir.  Nous avons tendance à dire aux enfants ce qu’ils ne peuvent pas faire, mais il est important de leur expliquer ce qu’ils peuvent faire (leur donner d’autres options).

De plus, je vous invite à lui expliquer que, dorénavant, vous choisirez de l’ignorer si elle fait des crises pour un refus. Vous l’écouterez seulement lorsqu’elle sera plus calme.  Ainsi, lorsque la situation se produit, je vous invite à l’ignorer intentionnellement. Ne lui accordez aucune attention pendant ce temps. Assurez-vous cependant qu'elle soit en sécurité. Vous pouvez lui dire une fois : « Il me fera plaisir de t’écouter lorsque tu arrêteras de crier et/ou pleurer. » Vous pouvez aussi lui montrer de quelle manière vous voulez qu’elle vous le demande en disant la phrase. Elle comprendra ce que vous attendez d’elle.

Ensuite, occupez-vous à faire autre chose. Il se peut que les premières fois mettent votre patience à l’épreuve. C’est normal !  Les premières fois, il faut faire attention de ne pas être trop exigeant. Il ne s’agit pas d’atteindre la perfection.  Dès que vous sentez que la crise est un peu moins intense, félicitez-la immédiatement : « Tu es en train de te calmer, ma cocotte ! Je suis vraiment fière de toi ! Je suis prête à t’écouter maintenant. » et vous lui faite un gros câlin. Ça devrait aussi l’aider à se calmer.  Par la suite, graduellement, vous attendrez qu’elle se calme un peu plus à chaque fois avant de la féliciter. 

Maintenant, en dehors des moments de crises, il faut faire un peu de travail aussi ! ;)  Votre fillette a peut-être besoin d’apprendre à vivre des délais. Vivre des délais veut entre autre dire accepter des refus. Ne pas avoir quelque chose dans l’immédiat est un bon exemple. Je vous invite donc à provoquer des situations pour lui permettre de vivre des réussites : Vous préparez le souper et elle vous demande quelque chose à boire ? « Donne-moi une minute, ma chérie. Je termine de couper les carottes et je te donne un bon verre d’eau. »

Vous la félicitez avec beaucoup d’enthousiasme en lui donnant son verre : « Je suis vraiment fière de toi, mon amour ! Tu as attendu patiemment. Je savais que tu étais capable ! » Ça peut être la même chose si vous parlez à votre conjoint et qu’elle vous interrompt : vous la faites patienter quelques secondes avant de l’écouter.  De cette manière, elle apprendra à attendre et elle apprendra surtout à vivre des réussites !  Ce sont nos réussites qui nous donnent envie de continuer.

Et puis, finalement, je vous invite à vous observer : Êtes-vous exigeante envers vous-même ou les autres ? Comment gérez-vous les situations plus difficiles ? Il faut se rappeler que nous sommes des modèles pour nos enfants. Ainsi, dans certains cas, ils répètent nos façons d’agir. Si c’est le cas, je vous invite à lui exprimer : « Moi aussi, je n’aime pas ça quand je fais des erreurs.  Mais, tu sais, ce n’est pas grave d’en faire. Qu’en penses-tu si on s’aidait toutes les deux ? » Faire des erreurs fait partie de la vie. C’est ce qui nous permet d’apprendre. Encore une fois, vous pouvez provoquer des moments où vous vous trompez et lui montrer comment agir.  Dédramatisez la situation.

J’espère que les quelques pistes énumérées ci-dessus vous seront utiles.  N’hésitez pas à faire appel à un coach familial de votre secteur si vous aviez besoin d’aide supplémentaire.

 

Bonne continuité et bons succès !

 

Mélanie Dugas, coach familial
Fondatrice de
GranDire
Membre du Réseau Nanny secours 

 

Pour ma part, je vous invite à consulter notre page Facebook où nous proposons des suggestions de livres sur les émotions.

 

Hélène Fagnan, coach familial
Fondatrice de Nanny secours

www.nannysecours.com