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Stimuler bébé: une autre source de culpabilité

Croissance bébé et enfant image article
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Maman GO pour bébé Einstein

Une fois bébé mis au monde, bien nourri et dorloté, les mères s’imposent souvent un autre devoir: celui de stimuler leur enfant, de faire avec lui des «activités intelligentes». Les éditeurs l’ont bien compris; les livres sur l’art d’éveiller bébé s’accumulent en librairie.

En bout de ligne, cela peut engendrer, chez certaines femmes, une autre source de culpabilité, par exemple, lorsqu’elles se sentent trop fatiguées pour se livrer à des jeux d’éveil. «La stimulation intellectuelle du bébé, ça n’a rien de sorcier, affirme la psychologue. Cela peut être aussi simple que de bouger les doigts devant bébé, lui mettre dans les mains une débarbouillette roulée, lui montrer le soleil ou un oiseau.

Le piège, ici, est celui de l’hyper performance. Ces 20 dernières années, on a noté une augmentation des femmes de carrière qui deviennent mères. Sans vouloir généraliser, certaines d’entre elles conservent un esprit de performance, stimulent à outrance leur enfant en lui enseignant la lecture avant qu’il n’entre à l’école.

Je crois que les mères n’ont pas à se donner ce mandat. Se coucher par terre avec bébé et éveiller ses sens à l’aide d’objets de l’espace environnant est amplement suffisant pour le stimuler», avance Mme Leclair.

Les gadgets coûteux ne sont donc pas nécessaires. Pas plus qu’être une crack en maths ou en grammaire n’est un prérequis pour rendre bébé intelligent. Et si vous vous sentiez coupable de ne pas posséder toute la collection de Bébé Einstein, eh bien, rassurez-vous! Ce n’est pas une condition essentielle au bon fonctionnement du cerveau de bébé.

Dans le même esprit, s’il vous arrive d’être
trop lasse pour éveiller votre bébé, ça ne fera pas de lui un décrocheur en puissance. Calé dans sa petite chaise, près de vous, bébé sera intellectuellement comblé en vous regardant couper des légumes, plier une brassée de linge ou si vous lui faites une petite chatouille sur
le ventre.

«Parfois, les mères ont l’impression qu’elles doivent accorder 45 minutes par jour à leur bébé pour parvenir à le stimuler. En réalité, et de façon spontanée, les mamans éveillent très souvent leur enfant, mais elles ont l’impression qu’elles le feraient mieux si elles agissaient selon une méthode structurée. Ce ne sera pas plus stimulant pour bébé», confirme la psychologue.

En terminant, on s’en voudrait de passer sous silence les travaux du Dr Donald Woods Winnicott, pédiatre, psychiatre et psychanalyste britannique, qui a élaboré des théories fort prisées dans le milieu de la psychologie.

Selon lui, l’enfant qui naît en bonne santé physique et neurologique porterait en lui un potentiel inné à croître, à devenir un individu autonome et à avoir foi en la vie. Toutefois, pour qu’il parvienne à ce degré d’épanouissement, certaines conditions gagnantes doivent être réunies: le petit doit évoluer dans un milieu qu’il jugera suffisamment bon pour lui et, pour le lui offrir, il suffit d’être «une mère ordinaire, normalement dévouée». Oh, et avec des défauts, précisait-il.

La lecture de ces lignes ne chassera certainement pas, à tout jamais, le sentiment de culpabilité qui semble être inhérent à la condition des mères, mais saura, espérons-le, les délester momentanément du lourd sac à dos existentiel qu’elles portent parfois.

page 1  | Les mères ont le dos large

 

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