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Mes parents m’aiment-ils toujours?

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Votre «ex» rend visite à vos enfants de moins en moins, et vous vous inquiétez de l’impact que pourrait avoir ce changement auprès de ceux-ci? Vous vous demandez quoi répondre à un enfant qui se questionne sur la pérennité de l’amour de son papa après que celui-ci a fondé une nouvelle famille, avec laquelle il partage dorénavant son quotidien?

La petite Alexia, 10 ans, ne voit son papa qu’un week-end sur deux depuis que celui-ci s’est remarié. À l’approche de son anniversaire, elle est tout excitée à l’idée de lui rendre visite. Ayant été témoin, le printemps précédent, de la fête donnée en l’honneur de sa demi-soeur de quatre ans et de l’avalanche de cadeaux et de gâteries que celle-ci a reçus, elle s’attend à obtenir la même chose. Au grand désarroi de sa maman, elle revient de sa visite en larmes, les mains vides. «On ne savait pas quoi t’acheter», lui aurait dit sa bellemère...

Le jeune Ludovic, 15 ans, est un amateur de hockey et il éprouve un sentiment de grande frustration: sa mère vient de lui annoncer qu’elle n’a pas les moyens de lui fournir de l’équipement neuf cette année parce que son père n’a pas payé sa pension alimentaire depuis six mois.

Le petit Gabriel, trois ans, s’ennuie de son papa, qui est parti vivre en Australie pour y poursuivre sa carrière. Malgré toute l’attention de sa maman, il est inconsolable et il s’imagine que son père l’a abandonné parce qu’il n’a pas été sage.

Protéger son enfant avant tout

«Quelles que soient la douleur et les difficultés que peut engendrer une séparation, le mot d’ordre est qu’il faut d’abord et avant tout protéger l’intégrité de l’enfant afin qu’il puisse garder une bonne estime de lui-même, et ce, malgré des situations parfois très difficiles à vivre», explique la psychologue Nathalie Parent, auteure du livre La famille et les parents d’aujourd’hui.

Dans les années 70, la psychanalyste Françoise Dolto conseillait de ne pas cacher la vérité aux enfants. Cependant, lorsqu’on est soi-même submergé par la douleur, la colère ou l’incompréhension, comment expliquer leschoses les plus délicates à un enfant de 3, de 10 ou de 15 ans sans porter atteinte à l’image de l’autre parent?

«Il ne s’agit pas de protéger l’image de l’autre parent, rétorque la psychologue, mais plutôt de protéger l’intégrité et l’estime de soi de l’enfant. La petite Alexia, par exemple, se sent mal-aimée et elle n’a pas à subir le sentiment de frustration de sa mère. De plus, dire la vérité ne signifie pas nécessairement “tout dire”;il faut rester dans les limites de ce qui est nécessaire pour favoriser l’épanouissement de l’enfant.»

Pour le bien de celui-ci, contre vents et marées, il est surtout important de répéter à son enfant qu’il n’est pas lacause de la séparation ou de la situation familiale — ce n’est pas de sa faute —, qu’il s’agit de difficultés que vivent lesadultes. Quant aux raisons qui motivent le parent absent à agir comme il le fait, il est le seul à les connaître. «Le parentqui a la garde n’a pas à tout expliquer, à tout assumer, poursuit Mme Parent. Mieux vaut encourager l’enfant, lorsqu’il est en âge de le faire et si cela est possible, à ouvrir lui-même le dialogue avec le parent absent, à lui poser directement ses questions et à exprimer franchement ses inquiétudes.»

La mère de la petite Alexia peut l’inviterà ouvrir son coeur à son père, à lui avouer qu’elle a l’impression qu’il préfère son autre fille, et que cela la rend malheureuse. La mère de Ludovic peut sans doute lui avouer qu’elle n’a pas les moyens de lui acheter son équipement de hockey à cause d’un manque à gagner. Par contre, est-il vraiment utile de pousser l’explication jusqu’à dire que le père est un mauvais payeur? Quant à la maman du petit Gabriel, elle doit lui expliquer que son papa n’est pas parti par sa faute, qu’il s’agit d’histoires d’adultes. Nul besoin de s’étendre sur les raisons profondes, qui doivent être expliquées par le père.

Pourtant, recevoir la peine de l’enfant sans dénigrer l’autre parent peut s’avérer un défi difficile à relever. «Lorsque l’émotion nous submerge, mieux vaut attendre un peu avant d’intervenir auprès de l’enfant, conseille Nathalie Parent. On est peut-être pas toujours d’accord avec l’autre parent, mais les raisons qui le motivent lui appartiennent, un point c’est tout. Il faut protéger l’enfant de ce qui ne le regarde pas et l’aider à accepter ce qui le dépasse, ce qui n’est pas possible de changer.»

 

page 2 | Les mots pour le dire