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Apgar: les premières notes de votre enfant

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Bébé vient tout juste de naître que, déjà, on le soumet au fameux test d’Apgar. Il a eu six, sept ou neuf? Que signifient ces chiffres? Que Junior est un futur de Vinci, et Pitchounette, une Sharapova en devenir? Le Dr Denis Leduc, pédiatre, a bien voulu répondre à toutes nos questions.

Comment ces cinq signes sont-ils évalués?

On attribue une note allant de 0 à 2 au rythme cardiaque du bébé, au teint de sa peau, à sa réactivité à la stimulation — soit à sa réponse au traumatisme de naissance, qui se traduit par le réflexe de pleurer ou de bouger —, à son tonus et à sa respiration; on additionne toutes les notes et on obtient un total qui se situe entre 0 et 10.

Combien de temps après la naissance soumet-on le nouveau-né à ce test?

Immédiatement après la naissance, soit à une minute de vie, on évalue ces cinq signes. Puis on répète l’évaluation à cinq minutes de vie. L’évaluation la plus cruciale est celle qui s’effectue à cinq minutes: un indice bas est associé à un risque de mortalité plus élevé. Le bébé est alors surveillé et réévalué à
10 minutes de vie.

Qu’est-ce qui est considéré comme un indice bas?

Une note inférieure à trois.

Un nouveau-né qui obtient une note de trois est donc en danger. Quelle Lecture pouvons-nous faire de ce résultat?

Pour mieux vous répondre, nous allons faire un saut dans le temps et revenir à l’époque
où la Dre Apgar a créé ce test afin d’évaluer
le risque de mort imminente d’un bébé. Un résultat particulièrement bas, de trois, par exemple, à cinq de minutes de vie, était associé à une mort apparente. Aujourd’hui, plus de 50 ans plus tard, si ce test accorde une note
de trois à un nouveau-né, il ne prédit pas nécessairement le décès du nourrisson. De
la même façon, un indice supérieur à huit ne signifie pas forcément que l’enfant sera exempt de troubles neurologiques.

Que révèle le test d’Apgar à court et à moyen terme?

C’est très difficile à dire, parce que ce n’est qu’une mesure parmi bien d’autres. De multiples éléments entrent en ligne de compte lorsqu’on évalue la santé d’un bébé. Par exemple, certains médicaments pris par la mère pendant la grossesse peuvent entraîner un manque de tonus chez le nouveau-né; ou encore, un accouchement traumatique, où un gros bébé a de la difficulté à sortir, peut causer une absence de vigueur à la naissance. Les anomalies congénitales, les infections et la prématurité sont également des facteurs qui peuvent influencer l’état de santé du bébé.

Y-a-t-il une part de subjectivité dans cette évaluation?

Absolument. Un médecin peut accorder une note de un à la coloration de la peau, alors qu’un autre lui donnera zéro; même chose pour le rythme respiratoire et les autres signes: la nuance peut être très subtile.

Alors, que peut-on déduire de façon certaine d’un indice d’Apgar?

Il y a deux éléments qu’on peut interpréter sûrement: la nécessité de réanimer un bébé quand sa note est très basse à une minute de vie et l’existence d’un taux de mortalité plus élevé ou de mort apparente quand la note, à cinq minutes de vie, est inférieure à trois. Pour toutes les autres considérations, le test demeure flou.

Depuis l’invention De ce test, la médecine a-t-elle créé des outils d’évaluation plus pointus, plus précis?

Le test d’Apgar demeure le plus important,
et on y soumet tous les nouveau-nés, parce qu’il est plus facile et plus rapide à effectuer qu’une prise de sang. Mais, si on ajoute à ce test une analyse du pH sanguin de l’enfant, une analyse du taux d’oxygène et une autre du taux de dioxyde de carbone, il est évident qu’on aura une meilleure idée de l’état de santé du bébé et qu’on pourra effectuer de meilleurs pronostics. Cela, sans compter les électroencéphalogrammes, etc. Disons que le test d’Apgar constitue encore à ce jour le seul test utilisé au moment de la naissance d’un bébé.

 

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