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«Je suis à bout!» : pourquoi je suis toujours à la course… et fatiguée?

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«Je suis à bout!» : pourquoi je suis toujours à la course… et fatiguée?

Fatiguée? Dépassée? Irritable? Impatiente? À boute? Si c’est ainsi que vous vous sentez, peut-être souffrez-vous de surmenage? Voici des pistes de réflexion pour comprendre d’où vient notre sentiment d’être constamment débordée et totalement épuisée.

Comment vont vos dossiers?

Être surmenée dans une vie où tout va vite n’est pas vraiment étonnant. Il est facile de se laisser emporter et de mener de front plusieurs projets. Vous êtes une maman, vous savez de quoi je parle. C’est nécessaire, en fait, pour s’épanouir pleinement. Ce qui l’est moins c’est de cumuler simultanément – et presqu’en constance – plusieurs rôles à la fois. Christine Lemaire, auteure du livre La surchauffe de nos agendas, avance une explication pleine de sens. « Les hommes sont davantage capables de réfléchir en séquences. Ils ouvrent un dossier, le terminent, le ferment et en rouvrent ensuite un autre. Les femmes, quant à elles, ont toujours plusieurs dossiers ouverts dans leur tête », mentionne-elle. Même lorsque les femmes sont au travail, leurs dossiers « ménage », « préparation du souper », « planification du weekend », etc. restent ouverts. « Ça leur reste en arrière de la tête en permanence. Ses rôles ne se substituent pas les uns aux autres, ils s’empilent.  Les femmes ne voient pas leur jardin en petites sections, elles voient l’ensemble, tout le jardin à la fois », affirme madame Lemaire. Difficile alors de lâcher prise ou de se sentir complètement efficace! Et de fait, le stress augmente. « Non seulement,  les rôles se cumulent, mais le stress qui leur sont associés aussi », souligne-t-elle.


Faites un test! Vous arrive-t-il d’interrompre une tâche pour en faire une autre, même une toute petite? Il paraitrait que le multitasking - malgré qu’on pense qu’il nous fait gagner du temps ou nous permet de ne rien oublier – nous nuit. En fait, on perd un peu de notre concentration (sur la première tâche) et quand on y revient, on perd quelques minutes pour s’y remettre. À essayer : se délimiter un temps précis pour l’exécution d’une tâche et s’y tenir. Ainsi, on peut fermer un dossier et en ouvrir un autre. Cette technique permet de compartimenter nos actions et nos rôles et nous aide à garder le focus. 

Comptez-vous votre temps?

Regardez un peu votre to-do liste. Est-elle réaliste? Souvent, elle contient plus de tâches que ce qu’on pourrait être humainement capable d’accomplir. Il faut mieux évaluer notre temps de façon réaliste. « Les hommes comptent plus leur temps tandis que les femmes subissent davantage de pression quant à la façon de bien faire les choses et oublient qu’une activité cadre mal dans la réalité du temps », explique Christine Lemaire. En effet, pour l’anniversaire de son enfant par exemple, une femme serait plus tentée de vouloir faire le gâteau (pour mille raisons : elle aime cuisiner, la pression des autres, ce qu’ils vont dire, parce qu’il le faut, parce que les autres le font, parce que son enfant aime vraiment ce gâteau, etc.) même si cette tâche prend trois heures de sa journée. Mais encore faut-il être conscient justement de nos choix. On peut faire le gâteau, mais on doit donc comprendre aussi qu’il y a d’autres tâches qui ne seront pas faites ou reporter à plus tard. Tout devient aussi une question de choix : j’aime mieux passer du temps à faire le gâteau ou je préfère l’acheter parce que j’aime mieux avoir du temps. Pour faire baisser notre stress, on prend donc l’habitude de soupeser chaque décision pour choisir ce qui est le mieux pour nous à ce moment. « De façon générale, les femmes sont toujours plus prêtes à faire des compromis pour faire de la place à la famille. La pression est très forte sur les mères. Celles qui sont à la maison veulent prouver qu’elles font plein de choses, celles qui travaillent veulent prouver qu’elles n’hypothèquent pas leur vie de famille », relate la spécialiste. Et entre tout ça, il y a le spectre de la culpabilité qui plane toujours et qui mine le moral autant que l’énergie.

Deux trucs de Christine Lemaire

S’observer avec bienveillance

« C’est important de se regarder aller et de noter autant ce qui fonctionne dans notre vie et ce qui cloche. On prend conscience de notre réalité, mais sans se juger ou se critiquer, mais plutôt avec bienveillance », propose-t-elle. C’est une façon de cibler les trucs à changer.

Mettre des limites

Choisir mieux permet de vivre mieux! Faites l’exercice d’attribuer à chaque tâche une durée et voyez si ça tient même dans une seule journée. Épurez ensuite au besoin en choisissant les tâches qui nous semblent le plus prioritaires et en éliminant le superflu. Nos choix impliquent des changements ou encore le lâcher-prise.

À lire

La surchauffe de nos agendas – Vivre le temps autrement. Par Christine Lemaire, éditions Fides, 2013. ISBN : 9782762135411