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L'état des recherches

Soins et prévention 0-24 MOIS image article
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«Depuis la campagne Dodo sur le dos, on entend dire qu’on a tellement diminué le nombre d’enfants victimes du SMSN qu’il n’y en a pratiquement plus. C’est totalement faux. C’est le drame le plus important qu’une famille puisse vivre, et il faut absolument poursuivre les recherches pour l’éviter», commente le Dr Praud. De nombreux chercheurs qui s’intéressent au SMSN pensent qu’il doit y avoir une conjonction de trois événements pour qu’il y ait mort subite par SMSN:

1. Une fragilité des circuits du cerveau qui contrôlent les fonctions vitales du bébé (la respiration, l’activité cardiaque, les cycles de sommeil et d’éveil, et la régulation de la température du corps). On croit que la fumée de cigarette empêcherait le développement normal des circuits en question. «Malheureusement, nous ne sommes pas capables de détecter cette faiblesse chez tous les bébés.»

2. Un élément déclencheur, par exemple, une petite infection virale ou le fait de coucher sur le ventre un bébé qui n’a jamais été mis en position ventrale.

3. Le fait que l’élément déclencheur survienne à un moment du développement postnatal où l’on observe une fragilité chez tous les bébés, parce que certains éléments contrôlant leurs fonctions vitales ne sont pas encore complètement développés. «On croit que c’est pour cette raison que le SMSN survient durant une période précise, soit principalement entre deux et quatre mois de vie.»

Quand on parle de causes possibles du SMSN, il faut y aller sur la pointe des pieds parce qu’il peut s’agir d’une conjugaison d’éléments vraiment très subtils. «On ne peut pas savoir quels sont les bébés qui vont mourir du
SMSN. Ce n’est pas la faute des parents. Il faut que ce soit bien clair», précise le Dr Praud. Il souligne qu’aucun équipement ne peut prévenir le SMSN et que la vaccination n’a rien à voir avec cela.

témoignage 1
Isabelle Desloges et son conjoint ont perdu leur fils, Alexandre, victime du SMSN, à six semaines. Le couple a ensuite traversé un véritable enfer.
«On n’a pas pu vivre notre peine en paix, confie Isabelle. Il fallait répondre aux questions des enquêteurs et, en plus, on était séparés de nos filles de deux et trois ans. La DPJ les avait placées le temps que l’autopsie révèle les causes du décès. Et aucune n’a été trouvée.»
Elle ajoute: «Tout était mêlé dans ma tête: mon enfant décédé, mes filles qu’on m’avait enlevées… C’était aussi dur pour mon conjoint. On ne peut pas s’imaginer!»
Accusations mutuelles, sentiment de culpabilité... Isabelle et son conjoint ont failli se séparer durant l’année qui a suivi le drame, mais ils se sont finalement retroussé les manches et ont décidé de continuer.
Deux années après le décès d’Alexandre est née Daphnée, maintenant âgée de cinq ans. «Je ressentais un besoin vital d’avoir un autre enfant, raconte Isabelle. Mais, depuis sa naissance, j’ai vraiment tendance à surprotéger Daphnée.»

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