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Trop énervé pour dormir

Sommeil 2-3 ANS image article

Question :

Bonsoir, je voudrais avoir des conseils pour l’heure du dodo.

Ma fille a 2 ans et demi est très active. Elle n’est pas diagnostiquée TDAH mais nous savons très bien qu’elle l’est.

Le soir, elle devient vraiment énervée. Plus elle est fatiguée, plus elle est énervée.
J’éprouve vraiment beaucoup de difficultés à la coucher. J’aimerais avoir des conseils.
Merci beaucoup
 
Vanessa

Réponse :

Bonjour Vanessa,

Je vous conseillerai avec grand plaisir pour vous aider avec l’heure du dodo, mais tout d’abord, soyez rassurée, il est tout à fait normal qu’une petite fille de 2 ans et demi soit très active et donne du fil à retorde à ses parents. ;) Elle est en recherche d’autonomie et d’affirmation et elle doit apprendre ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas.

Peut-être est-ce déjà fait, mais la première chose à faire est de mettre en place une routine et de la respecter. Les routines sécurisent les enfants car ils peuvent anticiper l’étape suivante. L’utilisation d’images pour illustrer chaque étape de cette routine aidera votre fille à les assimiler. Et croyez-moi, si vous sautez une étape, elle vous le dira !!  hihihi

Avant le dodo

  • Offrir un environnement calme et propice au sommeil (lumières tamisées, parler tout bas et lentement).
  • Éviter toute activité pouvant stimuler votre enfant (télévision, jeux vidéos, ordinateur, musique rythmée, jouer à la cachette, aux chatouilles, etc.).
  • Prévenir que l’heure du dodo approche. Les images l’aidera à se situer dans le temps.

Une fois dans son lit vous pouvez…

  • Raconter une histoire.
  • Faire des petits massages.
  • Lui demander de caresser son toutou pour qu’il s’endorme. Ça fonctionne pas toujours mais ça vaut le coup d’essayer ! hihihi
  • Dans peu de temps vous pourrez commencer à avoir de courts échanges avec elle sur les éléments positifs de sa journée.
  • Le jeu « Bisous dodo » est à découvrir pour la routine du dodo des tout-petits.
     

Bisou, caresse et bonne nuit !


Elle se met à crier? Ignorez-la.

Elle sort de sa chambre? Raccompagnez-la dans son lit en lui disant doucement que c’est l’heure du dodo. Pas nécessaire d’en dire plus. Toutes les autres fois où elle sortira de sa chambre, raccompagnez-la calmement dans son lit sans dire un mot et sans établir de contact visuel avec elle.

Elle reste dans son lit mais vous appelle à répétition? Ignorez-la. Normalement, si le pipi, verre d’eau et tout le tralala a été fait avant de se coucher, elle n’a plus aucune raison de se relever.

Vous n’en pouvez plus?

  • Allez prendre l’air pendant que votre conjoint reste à l’intérieur.
  • Changez d’étage si possible afin de moins entendre.
  • Écoutez votre lecteur mp3.
  • Entraidez-vous, votre conjoint et vous. Faites-vous des farces ou tout autres choses qui viendra dédramatiser la situation.

De plus,  afin de vous aider à avoir une vision réaliste des progrès, vous pouvez calculer le nombre de minutes à tous les soirs, avant que votre fille s’endorme. Parfois les minutes nous paraissent plus longues qu’elles ne le sont réellement. L’enfant qui crie depuis 5 minutes peut facilement nous paraître 15-20 minutes après notre journée de travail ! Il est possible que les premiers soirs soient longs et pénibles pour vous, mais tenez bon. Vous en serez récompensé ! ;)

J’aimerais revenir sur le fait que vous pensez, votre conjoint et vous qu’elle ait le TDAH. Ce trouble est malheureusement très galvaudé et très peu connu pour ce qu’il est réellement. Tout d’abord, ce type de diagnostic se fait rarement avant 5 ans. De plus, il peut s’agir d’un manque d’attention, d’hyperactivité, d’impulsivité tous combinés ou séparés. Ce trouble est dû à une déficience neurologique qui empêche l’auto-régulation des activités motrices. C'est-à-dire qu’il est extrêmement difficile pour ces enfants de se contrôler. Ils doivent déployer de gigantesque efforts pour arriver à faire la même chose que les autres, et ce, malgré un bon encadrement. C’est un défit de chaque instant.

Je me doute que les choses ne doivent pas être « jojo » à la maison pour que vous pensiez ça mais elle est beaucoup trop jeune pour un diagnostic de cet ordre. Je profite de cette occasion pour rappeler aux parents l’importance de ne pas étiqueter les enfants. Sans s’en rendre compte, nous les adultes, nous avons tendance à apposer des étiquettes sur les gens qui nous entourent (lui il a un TOC c’est sûr ! Elle, elle est bi-polaire…) et encore plus facilement sur les enfants.

Dès le très jeune âge, des étiquettes de trouble de comportement, TDAH, enfant difficile, peureux, impatient, sont collées aux enfants. Peu importe l’étiquette et la gravité de celle-ci, les effets peuvent être désastreux pour l’estime et la confiance en soi d’un enfant. Que ce soit l’éducatrice, le professeur ou encore les parents, personne ne le fait pour mal faire mais il très important d’en prendre conscience. Cela ne veut pas dire d’ignorer les signes de certains troubles mais plutôt de laisser les professionnels donner le diagnostic.

Le rôle du parent et des adultes, qui font partie de la vie d’un enfant, est de voir et croire au potentiel de cet enfant. Plus l’enfant aura confiance en ses forces et plus il se sentira apte à persévérer face aux points avec lesquels il a moins de facilité. Étiqueter un enfant ne peut que le limiter dans son développement. N’importe quel humain se faisant dire de façon régulière qu’il est incapable de faire cuire un œuf, finira par le croire!! Il n’osera jamais essayer étant convaincu qu’il en serait incapable, jusqu’au jour où quelqu’un lui dira « oui tu peux y arriver, viens je vais te montrer comment faire ».

Plus ça fait longtemps que l’enfant se fait dire qu’il n’écoute jamais, moins il écoutera et plus ce sera difficile de lui faire croire qu’il est capable de le faire. Il faut croire en nos enfants et répondre à leurs besoins. « Je sais que tu es capable de te calmer, viens on va respirer ensemble » « Wow, je t’ai vu prêter ton jouet. Je savais que tu étais capable de partager ».

Encore une fois Vanessa, je vous répète que je comprends le fait que vous ayez utilisé ce terme et je ne vous juge en aucun cas. Vous m’avez permis de sensibiliser plusieurs parents qui n’étaient probablement même pas conscients qu’ils étiquetaient leur enfant. Donc, merci à vous ! ;)

Hélène Fagnan
Coach parental
www.nannysecours.com

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